Entrevue avec Les Shirley | Un exutoire nommé Hail Mary
Le trio rock montréalais Les Shirley vient de sortir Hail Mary. Avec cet album plus « engagé et politique » que leurs précédents, que veulent transmettre les artistes à leur auditoire. Sors-tu? fait le point avec elles.
« Ça vient d’un désir de ne pas rester neutres, de speak up […] avec tout ce qui se passe dans le monde, socialement et politiquement, explique la chanteuse et guitariste Raphaëlle Chouinard. Droits des femmes et de la communauté LGBTQIA+, environnement, réseaux sociaux : Les Shirley en ont lourd sur le cœur et l’ont déversés dans leurs chansons.
« C’est des sujets qui paraissent larges, mais ils nous touchent au quotidien [surtout en tant] que femmes queer », souligne Raphaëlle.
Prenons par exemple Jenny, Please, chanson rendant hommage aux mères de famille monoparentale épuisées. Ou encore Bad News, un morceau lourd et explosif qui transforme le sentiment d’impuissance face à un monde qui « brûle » en véritable appel à l’action. Dans Born a Man, Les Shirley énumèrent tout ce qu’elles pourraient se permettre de faire si elles étaient des hommes.
« On ne peut pas juste être neutre et chanter des tounes d’amour, même si on adore ça », affirme Raphaëlle. Mais, nulle crainte ! Les cœurs tendres seront tout de même servis avec leur nouvelle chanson PLAYER2, qui traite de la peur d’avoir gâché une relation amoureuse ou amicale.
* Les Shirley à Rock La Cauze, en 2024. Photo par Kristof G.
Le coup de cœur de Sors-tu?
Not My Problem. Le morceau reflète l’urgence et la lucidité croissantes du groupe, nées de la frustration face aux relations toxiques et à un monde qui exige un travail émotionnel constant.
« [Avec celle-là], on fait chanter la foule. Tous ensemble, on crie “Not my problem!”. Je pense que ça fait du bien à toutes les personnes dans la salle », soutient la bassiste Sarah Dion.
Avec leur nouvel album, Les Shirley veulent offrir au public – comme à elles-mêmes – un exutoire. Pour mesurer à quel point cette énergie était communicative, le groupe a testé plusieurs de ses nouveaux titres sur scène avant même de les enregistrer en studio. Résultat ? « On s’est rapidement rendu compte que les gens recevaient ça comme un coup de poing au visage. Franchement, ça leur parlait », se réjouit Raphaëlle Chouinard.
« On veut des mosh pits ! », lance la batteuse Lisandro Bourdages. Leurs fans auront l’occasion de lâcher leur fou lors du lancement officiel de Hail Mary sur scène : le 13 novembre au Pantoum à Québec et au Théâtre Plaza le 19 novembre à Montréal.
La tournée complète par ici.
Leur inspiration pour cet album ?
« Ces dernières années, personnellement, ce qui m’a vraiment secouée, c’est Turnstile [un groupe américain de punk hardcore], répond Sarah Dion. Ça m’a allumée et je me suis dit : “OK, j’ai le goût qu’on fasse de quoi qui brasse, avec des gros sons de guitare, des gros drums.” » Tout cela en restant catchy et en gardant la touche pop de leurs débuts, précise son acolyte guitariste.
Le ton de Hail Mary s’aligne sur « le grand retour du rock en ce moment », observe cette dernière. « Je pense que c’est peut-être en réaction à la montée de l’IA et de la musique pop toute polie et autotunée des dernières années. Il y a un genre de retour aux sources. On a le goût d’entendre de vrais instruments, des guitares. On a le goût de ressentir quelque chose. »
* Les Shirley au Bluefest d’Ottawa, en 2025. Photo par Morgane Dambacher.
- Artiste(s)
- Les Shirley
- Catégorie(s)
- Punk, Rock,
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