Trois visions de la nuit | Desire, HEALTH et Carpenter Brut au MTelus
Ce mercredi 15 avril, le MTelus recevait les groupes Carpenter Brut, HEALTH et Desire, dans une soirée alliant industriel, électronique et synthwave.
Le duo montréalais Desire, composé de Megan Louise et Johnny Jewel, partenaires sur scène comme dans la vie — aujourd’hui installés en Californie — ouvre avec une synth-pop à la fois élégante et nostalgique.
Le groupe trace sa route depuis des années, mais la période du COVID a marqué un tournant. Installés à Palm Springs avec leur fille, un peu coupés du monde, ils ont profité de cet isolement pour se plonger entièrement dans la création : explorer leurs synthétiseurs analogiques, concevoir des banques de sons et construire leurs morceaux dans une approche presque artisanale. À noter que Johnny Jewel est aussi connu pour son travail avec Chromatics.
Avec HEALTH, on bascule dans un univers totalement différent. Leur musique est un mélange étrange, mais fascinant : métal industriel, nappes électroniques et voix souvent murmurées, le tout plongé dans une esthétique sonore lourde et abrasive. Ils s’inscrivent dans une scène californienne sombre, à la croisée de l’électro et du black metal — et Dieu sait que, sous le soleil de Los Angeles, une scène parmi les plus dark impose sa loi.
Musicalement, ça évoque des groupes comme Ministry ou Pain, avec des touches qui rappellent aussi Rob Zombie. Il y a quelque chose de profondément contre-culturel dans leur approche, une forme de rock industriel hors des sentiers battus. Le batteur est impressionnant, les harmonies vocales créent une ambiance singulière, presque hypnotique, avec un mood sombre qui peut parfois rappeler Placebo — comme un Brian Molko au ralenti, cependant.
Puis arrive le moment de Carpenter Brut, welcome Disco zombie time.
Late night, 22h15. Il monte sur scène avec ce petit décalage, presque « à l’espagnole ».
Après l’énergie complètement folle installée par HEALTH, j’ai personnellement trouvé que Carpenter Brut, malgré une entrée magistrale, mettait un peu de temps à maintenir cette intensité. Mais j’ai compris pourquoi : on est passé d’un quatuor survolté à un trio qui ne communique qu’à travers des voix robotisées, sans interaction directe.
Pourtant, musicalement, il reste totalement fidèle à son univers : une synthwave cinématographique, sombre et épique, qui donne l’impression d’un voyage intergalactique sur fond de dystopie.
Il m’a fallu une quinzaine de minutes pour vraiment entrer dedans, pour que la musique m’habite. Le léger manque d’ambiance au départ vient sans doute de l’absence de voix : contrairement à d’autres performances, ici, tout repose sur l’énergie instrumentale. Mais progressivement, on se laisse happer. Le son prend le dessus, l’expérience devient immersive, et la montée en puissance mène à une explosion finale : la cover magistrale de Michael Sembello, Maniac.
Dernier passage montréalais pour le trio : c’était en 2022. Chapeau à Carpenter Brut, grand trio français, qui continue de prendre de l’ampleur.
Photos en vrac
Carpenter Brut
Health
- Artiste(s)
- Carpenter Brut, Desire, Health
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- MTELUS
- Catégorie(s)
- Alternatif, Electro, Métal, Rock,











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