Electric Callboy à la Place Bell | Un raz-de-marée fluo envahit Laval
Dès mon arrivée aux abords de la Place Bell le vendredi 15 mai, le constat était frappant : le quartier venait de virer au fluo intégral. Pour cette troisième visite en ville d’Electric Callboy, les fans n’ont pas fait les choses à moitié. On aurait dit qu’une faille spatio-temporelle s’était ouverte en plein cœur de Laval, laissant s’échapper une armée de festivaliers arborant leurs plus beaux (et plus discutables !) ensembles sportifs tout droit sortis des années 80. Visiblement, le report du show (initialement prévu le jeudi 14 mai et déplacé au vendredi 15 pour un conflit d’horaire) n’a freiné personne. Bien au contraire : la Place Bell affichait déjà complet, ou presque, bien avant que le premier groupe ne foule les planches. La table était mise, les paillettes étaient prêtes, et l’adrénaline flottait déjà dans l’air.
Electric Callboy
Après deux premières parties, le moment tant attendu est arrivé. Disons le franchement : Electric Callboy a mis le paquet sur la scénographie. On a délaissé un peu les canons à confettis des tournées précédentes, mais pas totalement, pour laisser place à une production d’une envergure supérieure. L’arrière de la scène était occupé par un écran géant diffusant des animations sur mesure pour chaque chanson, le tout soutenu par un jeu de lumières tout simplement époustouflant. Malgré un guitariste retenu en Europe pour des raisons familiales et un bassiste qui a assuré tout le show avec une jambe dans le plâtre, l’énergie n’a jamais fléchi. Kevin et Nico étaient en feu, confirmant leur statut de frontmen d’exception. Si on veut être pointilleux, on pourrait dire que le groupe a été un peu généreux sur le « bla-bla » entre les chansons; on aurait volontiers échangé quelques blagues pour une ou deux pièces supplémentaires, mais leur charisme est tel qu’on leur pardonne rapidement.
Ce qui frappe dans cette tournée Tanzneid 2026, c’est la maturité du groupe. Ils ont réussi à diviser le show de façon magistrale : un bloc dédié à leurs racines plus métal qui a ravi les nostalgiques, et un bloc électro-rave digne des plus gros festivals de EDM au monde. Les changements de costumes iconiques étaient évidemment de la partie pour chaque classique. Seule ombre au tableau : l’interprétation acoustique de Everytime We Touch au beau milieu du parterre. Si l’intention était bonne et le moment sans doute magique pour les gens dans les gradins, c’était un véritable « buzz killer » pour ceux au parterre qui ne voyaient absolument rien. Un petit faux pas dans un océan de pur plaisir.
En somme, on ressort de la Place Bell une fois de plus totalement conquis par l’expérience Electric Callboy. Malgré un début de soirée un peu en dents de scie, le groupe allemand a prouvé qu’il joue maintenant dans la cour des grands. Ce sont des performeurs d’exception qui possèdent ce talent rare de nous faire oublier tous les petits pépins techniques ou les moments plus calmes dès qu’ils reprennent les commandes. On quitte les lieux le sourire fendu jusqu’aux oreilles, encore un peu étourdis par la débauche de lumières et de décibels, mais avec le sentiment d’avoir partagé quelque chose d’unique avec des milliers d’autres passionnés. C’était bruyant, c’était coloré, et c’était surtout magique. Une chose est certaine : tant qu’Electric Callboy continuera de transformer nos arénas en pistes de danse géantes, on répondra présent, prêts à sortir le fluo et à mosh pitter comme si c’était la fin du monde.
Scene Queen & Polaris ouvrent le bal
Après avoir affronté les joies du trafic entre Trois-Rivières et Laval (un classique dont on se serait bien passé !), je suis finalement entré dans l’aréna alors que Scene Queen était déjà bien installée. Sur papier, la proposition est intrigante : on parle ici de « bimbocore ». Imaginez une esthétique à la Barbie, très rose et assumée, mais qui hurle du metalcore. Sur album, c’est prometteur et ça s’inscrit dans le même esprit un peu décalé et lubrique qu’Electric Callboy.
Malheureusement, sur les planches de la Place Bell, la magie n’a pas tout à fait opéré. La performance manquait de mordant et de punch. En discutant avec d’autres fans plus tard dans la soirée, le constat était assez unanime : la sauce n’a pas pris pour tout le monde. Il y avait un certain décalage entre ses textes provocateurs et l’ambiance presque « familiale » qui règne habituellement aux shows d’Electric Callboy. Bref, on est resté un peu sur notre appétit, et l’impatience de voir le groupe suivant a commencé à se faire sentir rapidement dans la foule.
Heureusement, l’attente a été de courte durée avant que les Australiens de Polaris ne prennent d’assaut la scène. On sentait immédiatement que le public les attendait de pied ferme. Ce n’est pas leur première visite en sol québécois, et ça se voit : la connexion avec la foule est instantanée et naturelle. Dès les premières notes, on change de registre. On est ici dans un metalcore solide, teinté de touches progressives.
Pas de flafla, pas de mise en scène superflue : Polaris est là pour jouer de la musique, et ils le font avec brio. Le groupe a utilisé chaque pied carré de la grande scène de la Place Bell pour insuffler une dose massive d’adrénaline aux spectateurs. C’était beau de voir (et d’entendre !) la foule entonner chaque refrain avec autant de conviction. Le seul bémol ? C’était beaucoup trop court ! On en aurait pris facilement deux ou trois chansons de plus pour prolonger le plaisir. Mais une chose est sûre : après leur passage, la table était non seulement mise, elle était prête à exploser pour la tête d’affiche.
- Artiste(s)
- Electric Callboy, Polaris, scene queen
- Ville(s)
- Laval
- Salle(s)
- Place Bell
- Catégorie(s)
- EDM, Electro, Métal, Metalcore,
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