Osheaga 2026 – Jour 2 | Les sensations du moment transforment l’essai : Tate McRae, Sombr et Little Simz
En parallèle du parcours rock de la journée du samedi à Osheaga, il y avait aussi d’autres artistes qui sont sur toutes les lèvres en ce moment, notamment chez les plus jeunes : Little Simz, Sombr et la tête d’affiche, Tate McRae. Retour sur ce parcours un peu plus hip-hop d’une part, et un peu plus pop de l’autre.
Tate McRae, la Canadienne qui a rempli le Centre Bell il y a bientôt un an, est celle que tout le monde attendait en ce samedi. Toute la journée, on a vu des gens avec des jerseys « McRae » ou des chandails de sa dernière tournée, et elle a certainement contribué à épuiser les billets journaliers de cette deuxième journée d’Osheaga. Lorsque sa vidéo d’introduction démarre, présentant un grimoire de conte de fées, on voit plusieurs petites filles monter sur les épaules de leur famille – c’est que Tate réunit des fans de 7 ans au triple d’âge, et majoritairement féminins. Dans un décor de colonnes gréco-romaines, elle débarque alanguie dans les bras d’un danseur, habillée d’un ensemble noir que n’aurait pas renié Britney Spears ou Christina Aguilera 20 ans plus tôt.
Elle démarre son set sur Just keep watching, qui accompagnait le film F1 : la foule est en délire et les premiers feux d’artifice démarrent. Elle enchaîne avec l’excellent 2 Hands, tiré de son dernier album, So Close to What, et a l’air agréablement surprise du monde devant elle et de l’accueil qui lui est réservé. « Ça fait du bien d’être chez soi ! » lance-t-elle. On prend un peu peur quand on la voit plus danser que chanter dans ces chansons très rythmées (elle est danseuse avant tout), mais elle saura mettre en valeur sa voix plus tard, notamment sur You Broke Me First, un de ses premiers succès internationaux. Le sourire aux lèvres, elle descend dans le public sur She’s All I Wanna Be, qui avait lancé son premier album, et signe des autographes ou prend des selfies sans cesser de chanter.
Les enchaînements sont un peu lisses, mais dur de résister à des chansons pop imparables comme Revolving Doors ou It’s ok I’m ok, et la jeune femme de 23 ans n’a rien perdu de sa maîtrise de la danse : on en veut pour preuve ces grands écarts qu’elle réalise par vagues, soutenue sous les épaules par un danseur… Tate McRae finit sa soirée triomphale en sous-vêtements et pieds nus pour son méga-tube, Sports Car, que la foule connait par cœur. Dans un geste très théâtral, elle s’immerge dans un bassin rempli de liquide doré, et ressort poser telle une statue en or. Les feux d’artifice retentissent à nouveau, baissant le rideau sur le deuxième jour d’Osheaga et consacrant le sacre de la native de Calgary.
Plus tôt dans la journée
Little Simz, de son vrai nom Simbiatu « Simbi » Abisola Abiola Ajikawo, est une rappeuse britannique qui a amené son charmant accent et son naturel désarmant sur la scène de la Forêt en fin d’après-midi. Débutant derrière ses platines comme si elle faisait un DJ set, la jeune femme de 32 ans met l’ambiance. Elle a le sourire aux lèvres et les festivaliers aussi : « c’est un honneur d’être ici », déclare-t-elle. Effectivement, elle semble réellement être émue de l’accueil qu’Osheaga lui a réservé. Difficile de résister de toute façon à ses chansons aux influences différentes, bien produites et bien accompagnées par trois musicien.ne.s très stylés, à son débit mitraillette et à sa joie d’être sur scène.
Celle qui chante « I speak a lot of French oui oui oui » dans sa chanson Young, extraite son dernier album Lotus, ne nous fera malheureusement pas bénéficier de ses talents en langues étrangères, mais elle a quand même très bien réussi à se mettre le public montréalais dans la poche. Sur Woman, elle descend au bord des barrières et serre des mains dans la foule, et nous lance une déclaration d’amour: « Montreal, I freakin’ love you ». L’artiste finit son set sur Gorilla, une de ses chansons phares, sortie en 2022. Forte de six albums déjà, il est plus que temps qu’elle revienne nous voir avec une date et une salle qui lui seraient entièrement réservées.
Sombr, quant à lui, est l’arrivée la plus récente des trois artistes dans le monde de la musique. Âgé d’à peine 21 ans et n’ayant qu’un seul album à son actif pour l’instant, le New-Yorkais a débarqué en décapotable près de la scène de la Montagne, avec ce qui ressemblait à un Spritz dans la main. La caméra le suit faire des pompes (?) au-dessus de la paille de son cocktail et niaiser un bon 5 minutes avant d’arriver véritablement sur scène. Le ton est donné : Shane Michael Boose, de son vrai nom, essaye visiblement de ne pas se prendre trop au sérieux. Dans un décor new-yorkais – panneau Canal Street, barrières et cône orange qui laisse penser qu’il doit se sentir aussi chez lui à Montréal -, il débarque dans un costume rayé, cravate lâche sur une chemise largement ouverte, en lunettes de soleil qu’il enlèvera vers la troisième chanson, dévoilant ses yeux maquillés de khôl noir.
Il ouvre avec la très efficace We Never Dated, un des singles de son album, I Barely Know Her. Il semble bien excité d’être sur scène, sa première fois à Montréal selon son propre aveu, et donne de lui-même : outre sa voix assez puissante, il n’hésite pas à se coller à ses musiciens qui sont aussi agréables pour les yeux que lui, il parle un peu en français (« je t’aime, Montréal »), il court dans la foule avec un drapeau « Sombr [cœur] Montréal », qu’il a lui-même taggué, et sa chemise finira ouverte jusqu’au nombril. L’enchaînement d’Homewrecker, sa dernière chanson, avec Undressed, qui l’a fait connaître, et Potential est particulièrement efficace. Il finira ce set survolté avec 12 to 12 en version (très) longue, laissant les festivalier.e.s électrifié.e.s et prêt.e.s pour Tate McRae.
Photos en vrac
Tate McRae (par Jesse di Meo)
sombr (par Jesse di Meo)
Little Simz (par Maëva Acolatsé)
- Artiste(s)
- Little Simz, Sombr, Tate Mcrae
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Parc Jean-Drapeau
- Catégorie(s)
- Indie Rock, Pop, Rap/Hip-hop,
Événements à venir
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