The Tallest Man On Earth
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Festival de Jazz de Montréal 2016 – Jour 9 | The Tallest Man on Earth et Basia Bulat au Métropolis

C’est deux soirées en une qu’offrait le Festival de jazz à son public, ce jeudi. D’abord Basia Bulat, ensuite Kristian Matsson. On aura appris deux choses, en cette soirée de programme double. D’un, Basia Bulat, ça se prononce Baja Boulatte. De deux, The Tallest Man on Earth est effectivement un des grands.


Pas tant physiquement, bien sûr, mais la grandeur de son répertoire, de sa plume, de son talent, dépasse d’une tête la plupart des auteurs-compositeurs folk des dernières années.

Peu nombreux sont les artistes qui réussiraient à faire lever un Métropolis bondé en étant seul sur scène, armé uniquement d’une guitare.

Et pourtant, pour notre ami suédois, ça se fait les deux doigts dans le pet.

Même que ces moments où il était seul sur scène furent probablement les moments les plus électriques de la soirée (le reste du temps, il était accompagné de son nouvellement formé groupe).

Peut-être ces bouts étaient-ils si enlevants à cause de la nostalgie de voir le Tallest revenir à ces racines épurées. Guitare, voix, deux-trois tapes de pieds par terre, that’s it that’s all.

Peut-être.

Mais on argumentera qu’il y avait plus.

Par exemple, il y avait la surprise de voir cet homme timide et réservé, qui regarde ses pieds dans la plupart de ses entrevues, qui enregistre presque tout lui-même en hermite, se transformer en bête de scène le temps de quelques ritournelles.

Et il y a la réalisation que, bon ‘yeu que ces chansons-là sont bien écrites. Les paroles, la mélodie, le finger-picking impossible, tout est là, mais en spectacle ça prend une autre vie. C’est là qu’on se rend compte que CHAQUE toune est un hit qui fait chanter tout le monde.

Love Is All. The Gardener. I Won’t Be Found. Jusqu’aux plus récentes 1904 et Sagres (qu’il a dédiée au Portugal. On en déduit qu’il ne prendra pas pour la France à la finale de l’Euro cette année).

Même la encore plus récente Time of Blue.

L’entièreté de son catalogue semble digne de faire partie du setlist.

Les puristes diront que depuis qu’il joue avec une formation complète, les compositions sont moins personnelles, moins touchantes et tout et tout.

Mais fuck eux.

Je t’aime Kristian.

 

BASIA BULAT

Basia-Bulat-Metropolis-2016-2

C’est la très souriante Polono-Canadienne Basia Bulat qui ouvrait la soirée avec une bonne heure et demie de chants à la frontière de l’indie et du folk.

Un spectacle un peu moins haut en émotions que celui de l’homme le plus grand du monde, mais un spectacle plein de bonne humeur et d’énergie.

Un spectacle très éducatif, aussi.

V’là les quelques leçons tirées de la performance :

  • Cet instrument-là, ça s’appelle un Autoharp. Et non un grattoir, ou une harpe électrique, comme le suggéreraient certains membres de l’audience mystifiés.
  • Cet instrument-là, par contre, on a aucune idée de comment ça s’appelle.
  • Du propre aveu de la chanteuse, jouer du Autoharp en portant une cape, c’est pas optimal.
  • Basia Bulat a une ÉNORME voix. Douce, mais puissante, mais délicate, mais forte, mais lisse comme une perle, mais raide comme un fil de pêche qui essaie de ramener un tarpon, mais suave et chaleureuse, mais en tout cas vous comprenez, là.
  • C’est possible d’avoir des frissons même quand il fait ultra chaud. En tout cas on en a eu pendant l’interprétation de Five, Four.

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