Festival international de Jazz de Montréal 2026 – Jour 4 | Kamasi Washington : Mettre le jazz dans Festival de jazz
La place des Festivals se remet à peine de l’ouragan Angine de Poitrine que déjà la foule (moins dense, tout de même) s’y regroupe une fois de plus afin d’accueillir les prochaines têtes d’affiche de la semaine, Kamasi Washington et son band.
D’excentriques personnages à leur façon, malgré que leur tête respective soit faite en humain et non en papier mâché, qui auront la lourde tâche de suivre l’évènement historique qui a, pour le meilleur et pour le moins meilleur, marqué l’histoire du FIJM la veille.
« Connais pas », me répondais les amis avec qui j’étais juste avant le spectacle quand je leur annonçais que je devais les quitter pour aller voir le saxophoniste américain. « Oh shit, oui, je connais! », sa ravisaient-ils tous quand je les exposais au LinkedIn du gars.
L’album triple, en 2015, The Epic, qui avait charmé la critique (dont moi).
To Pimp a Butterfly, de Kendrick.
La plupart des projets de Thundercat.
Herbie Hancock, NAS, Robert Glasper, Terrance Martin, Flying Lotus, Snoop Dogg, Run the Jewels, Childish Gambino.
Kamasi a contribué à tout ça.
C’est donc avec des attentes à juste titre gonflées qu’on attendait le nouveau prince du jazz en ce dernier concert de la journée, dimanche.
Il n’aura pas perdu de temps pour les rencontrer, ces attentes, le chum Washington.
Ça fait trois minutes que le concert est commencé, et déjà, on a eu droit à un solo de clavier de 15 minutes. Ou en tout cas, à l’équivalent de 15 minutes de notes jouées en trois minutes.
S’ensuivra un solo de chacun des musiciens présents sur scène.
Solo de sax de la part du principal intéressé. Puis solo de drum. Puis transcendant solo de contrebasse qui deviendra ultra rock quand le contrebassiste délaissera le finger picking pour l’archet. Solo de voix de la chanteuse du groupe. Solo de whatever-the-fuck est l’instrument dont joue le musicien entièrement drapé de rose fluo à la droite de Kamasi.
*C’est un Nyle Steiner Midi EVI, après recherche. Un instrument dont l’excentricité n’a d’égale que celle du gars qui en joue.
Ça fait du solo au pied carré pareil, hein.
Ce qui a tout à fait à sa place dans un festival de jazz, certes, mais qui peut à la longue devenir un peu lassant. Parce que le public n’a, pendant toutes ces minutes, que peu d’éléments auxquels se raccrocher.
Pas tant de tempo défini, aucun riff qui dure assez longtemps pour s’y attacher, pas de gamme de notes claire ou de mélodie principale. Juste de la virtuosité. Ce qui est génial, entendons-nous, mais qui fait son temps dans un contexte de festival où le monde aimerait peut-être ça hocher de la tête pendant plus longtemps que 2 mesures et 1/8.
Mais juste au moment on on commence à sentir un décrochage du part du public, Washington fait ce qu’il fait de mieux. C’est-à-dire réussir l’exploit d’être complètement jazz, sans compromis, tout en donnant un tout petit nananne juste assez alléchant pour ramener la foule dans la discussion.
« Hey, c’est-tu… »
Murmurais-je en clignant des oreilles comme pour faire le focus.
« C’est-tu du NAS??? »
Personne ne répondra à ma question parce que je suis venu seul à ce spectacle, les amis dont je parlais tout à l’heure étant tous trop mi-trentenaires pour concevoir faire quoi que ce soit passé 19h un dimanche. Mais pas besoin, j’y répondrai moi-même, oui, c’était le riff principal de N.Y. State of Mind.
À la sauce jazz par contre. Donc remplacez les rimes de Nasir Jones par devinez quoi?
Des solos.
Kamasi Washington
- Artiste(s)
- Kamasi Washington
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Place des Festivals
- Catégorie(s)
- Funk, Hip-hop, Jazz,












Vos commentaires