crédit photo: Beyond the Pit

Soulthief et cie au Petit Campus | Alliance franco-ontarienne coup de poing

Tous les éléments étaient réunis pour faire d’une soirée hardcore un succès, le 26 juin dernier, au Petit Campus à Montréal : bands coups de poing, fans dévoués, présences scéniques assumées, « two step » et moshs intenses.

Ce deuxième événement organisé par Sam Leclerc, vocaliste de Hailbomb et à la tête de la boîte Killin’It Productions, a réuni des dizaines de fervents du style et curieux pour un show de petite envergure d’une rare qualité, où Hailbomb (Sherbrooke), Truth Be Cold (Laval), Drop Out Cold (Québec), Mouth Breaker (Toronto) et Soulthief (Ottawa) ont fait trembler la place et ont été d’une rare générosité.

HAILBOMB, TRUTH BE COLD ET DROP OUT COLD

Hailbomb a parti le bal avec I Still Stand et l’assurance d’un groupe de longue date bien rodé, le quatuor mettalic hardocre ayant pourtant sorti leurs deux premiers singles en 2025 et en étant à leur tout premier passage à Montréal. Les Built On Misery, Alone et la très réussie Lion Heart ont tôt fait de faire naître un petit pit animé, faisant dire à Sam Leclerc « Ouais, y’en a qui sont énervés icitte ! », ravivant la ferveur des fans, avant de conclure avec Decimate et de passer le flambeau à Truth Be Cold.

hailbomb petit campus i* Photo par Beyond the Pit.

Fortement encouragés et promus par les autres bands tout au long de la soirée, les cinq Lavallois ont aussi prouvé qu’une jeune formation n’équivaut pas nécessairement à moins de confiance et de présence. Le vocaliste Laurent « DT » a également su garder la petite crowd en haleine à coups de « Donnez-moi tout ce que vous avez dans le corps! », et a très bien fait avec les No Hill To Die On, Carve the New Path, We’re So Back et Magnify, notamment, au travers desquelles on pouvait entendre des riffs à la Tom Morello (Rage Against the Machine) et de courts passages rappés et des arrangements rappelant Limp Bizkit.

truth be cold petit campus* Photo par Beyond the Pit.

La formation Drop Out Cold, de Québec, a le vent dans les voiles et l’a bien démontré en alignant les The Only Way, Agony, Smash Your Enemies (une reprise de Hatebreed), avant de terminer avec Human Nature. Avant d’entamer la chanson bilingue Désespoir, portant sur le suicide, le vocaliste Guillaume Chayer a rappelé, comme plusieurs bands le font ces derniers temps, l’importance de se soucier des autres et de prendre le temps de vérifier si nos amis vont bien, précisant « vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait ». On retiendra entre autres de Drop Out Cold le jeu de batterie particulièrement puissant, la voix maîtrisée et la présence appréciée de la seule fille du line-up à la basse (on aurait aimé plus de diversité). Ils seront fiers représentants de leur ville d’origine, Québec, lors de la prochaine édition du festival Envol et Macadam, du 10 au 12 septembre prochains.

drop out cold petit campus* Photo par Beyond the Pit.

MOUTH BREAKER

Les Torontois Mouth Breaker, forts attendus, en étaient eux aussi à leur première présence à Montréal et leur deuxième en sol québécois, eux qui ont fait déferler leur hardcore mêlé de metal et rap au Murdoch, à Sherbrooke, en février dernier. Dès leur entrée sur scène, le ton de la soirée, qui était déjà bien haut, a monté d’un cran, grâce non seulement à des breakdowns mémorables, une batterie dont on se souviendra longtemps, une puissance vocale marquée et un accord parfait entre les différentes composantes du groupe (disons qu’ils portent très bien leur nom), ce qui aura aussi ressorti de la prestation de Soulthief.

mouth breaker petit campus* Photo par Beyond the Pit.

Mouth Breaker a coup sur coup invité les vocalistes de Truth Be Cold à deux reprises et du band hardcore de Drummondville Blank, Louis-Félix Béland, pour des duos. « Si vous ne connaissez pas ou ne suivez pas Truth Be Cold, vous êtes crissement perdus », a souligné le vocaliste de MB, Blake Weinzettl, précisant que Laurent « DT » allait leur dire « des choses en français », qui se sont plutôt avérées être des insultes et des propos salés que nous tairont ici. « Montréal, c’est ici que ça se passe pour le style metal et hardcore, on n’aime même pas Toronto, on veut être ici aujourd’hui. C’est d’ici que viennent tous les bons bands! », a lancé Weinzettl, déclenchant une vague de cris. On aurait aimé pouvoir profiter plus longtemps de leur force et de leur rage, eux qui n’auront performé que 25 minutes au total. Une rumeur veut toutefois qu’ils pourraient être de retour très bientôt dans la métropole. À noter!

hailbomb petit campus ii* Photo par Beyond the Pit.

SOULTHIEF

Jericho Spencer-Champagne et sa troupe d’Ottawa/Gatineau ont clos le bal avec brio, le vocaliste ayant fait montre d’une variété de styles vocaux les plus maîtrisés du lot, allant du squeal aux chants plus gutturaux, et d’une présence survoltée, ce dernier élément ayant été une constante chez les leaders tout au long de la soirée. « Nous autres, on fait du crossover, du hardcore, du metalcore, du deathcore même. On fait ce qu’on veut comme on veut! » a déclaré Spencer-Champagne, peu avant d’annoncer un cover de Céline Dion… qui n’aura bien sûr pas eu lieu.

soulthief petit campus ii* Photo par Beyond the Pit.

On aura plutôt eu droit aux excellentes All Gas No Brakes et You Could Be My Gwen Stacy qui ont continué à mettre le feu aux poudres, malgré une légère fatigue de la petite foule qui s’était bien donnée auparavant. Ici aussi, les breakdowns marqués, l’intensité de toute l’affaire et les moves signatures du bassiste Jessy Dwyer ont fait de ceux qui ne les avaient jamais vus de nouveaux fans qui ont déjà hâte à leur prochain passage à Montréal, ce qui ne devrait pas tarder.

Soulignons encore une fois la qualité de l’équipe technique du Petit Campus, dont le son et les éclairages étaient parfaits et qui a ajouté à tout ce que les cinq formations avaient déjà de très bon à nous offrir.

soulthief petit campus i* Photo par Beyond the Pit.

Cette alliance franco-ontarienne fort réussie à laquelle on a eu droit ce soir-là poursuivra sa route jusqu’au 12 août prochain, des dates estivales étant prévues au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

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