crédit photo: Photo tirée de la page Facebook du Festival en chanson de Petite-Vallée.

Festival en chanson de Petite-Vallée 2026 – Encore quelques magnifiques concerts avant notre départ

Notre séjour au Festival en Chanson de Petite-Vallée s’est poursuivi lundi en après-midi, au Théâtre de la Vieille Forge, avec le duo formé de Catherine Major et Jeff Moran. Puis, cette cinquième journée a pris fin avec le concert solo du talentueux Émile Proulx-Cloutier. Le lendemain était rempli de promesses, avec un marathon de spectacles réunissant plusieurs artistes d’origine gaspésienne. Ce fût d’abord le tour de la grande gagnante des Francouvertes 2026, Luan Larobina, au Camp Chanson, suivie en après-midi du concert contemplatif de Flore Laurentienne (Mathieu David Gagnon) qui nous a permis de fixer le temps, comme le dirait si bien Dumas. Notre soirée a débuté avec l’incroyable collectif de la seconde version de La Marée du Forgeron et Alphonse Bisaillon, un ex-chansonneur de la cohorte 2023, est ensuite venu enflammer la scène du Théâtre de la Vieille Forge (au sens figuré, heureusement cette fois !).

MAJOR-MORAN

Les éloges pleuvaient dans les corridors du Théâtre de la Vieille Forge à la suite du concert Major-Moran, présenté en après-midi; certaines personnes en parlaient encore le lendemain. Un homme dans la soixantaine disait qu’il s’agissait « des plus beaux textes qu’il avait entendus dans sa vie » alors qu’un autre me confiait avoir été très ému par leurs compositions et qu’ils étaient, sans aucune hésitation, son coup de cœur du festival. Il faut savoir que le couple de musiciens partage en grande partie le processus de création ; Catherine assure la musicalité, alors que Jeff se concentre principalement sur les textes. La voix de Catherine, jumelée au rythme de son piano, était d’une perfection sans faille. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la chaleur et la profondeur de la voix de Jeff sont de véritables cadeaux du ciel. Leur duo sur la pièce La Coda était formidable et leur complicité, si évidente. Notre verdict : ce serait un réel sacrilège de manquer ce spectacle diffusé dans quelques salles cet automne.

major moran petite vallee * Photo tirée de la page Facebook du Festival en chanson de Petite-Vallée.

ÉMILE, NOTRE PRÉCIEUX

Nous avons assisté en soirée à un spectacle créé à son image ; à la fois touchant, intelligent et sympathique. Tout ce qu’il touche lui semble d’une facilité déconcertante. Sa performance de la veille à la batterie, lors du spectacle Hommage à Marjo, avait pris tout le monde par surprise ; lui qui a d’abord appris vers l’âge de 6 ans, en jouant avec ses baguettes sur les coussins du salon. Il est rare de croiser des artistes québécois aussi doués et polyvalents, profitons-en ! Dans son concert, l’acteur n’est jamais très loin de l’auteur-compositeur-interprète, comme lorsqu’il nous fait visiter « sa tête mal faite ». En fin de concert, il a joué Le Grillon et la Luciole, en se remémorant son passage dans la cohorte des chansonneurs-ses en 2011. Ses textes, puissants et engagés, tel que Force Océane, sont la preuve que sa prise de parole dans l’espace public est non seulement pertinente, mais indispensable, « à une époque où les robots nous parlent en humain et que les humains nous parlent en robot », comme il le dit si bien.

DISCRÈTE ET CHARMANTE LUAN

Mardi, au fil de ses chansons, nous avons accompagnée la jeune autrice-compositrice-interprète dans plusieurs de ses souvenirs et la formule matinale proposée par le Camp Chanson était idéale pour l’accueillir. Forte de son excellent microalbum CASA (2025), suivi du simple Voz de mi vida paru en mai 2026, pour son premier concert complet de l’été, la Percéenne a livré une performance teintée de douceur et de sincérité, jumelant le français et l’espagnol. Dans un beau geste de générosité, elle a cédé le micro à son frère Edaï, musicien également, le temps d’une chanson. On entendra possiblement parler de lui…

luan larobina petite vallee * Photo tirée de la page Facebook du Festival en chanson de Petite-Vallée.

L’ÉLOGE DE LA LENTEUR PAR FLORE LAURENTIENNE

Le musicien originaire de Sainte-Anne-des-Monts était accompagné d’instruments à corde et de percussions sur la scène du Théâtre de la Vieille Forge pour offrir sa proposition instrumentale, qui semblait méconnue par plusieurs. Après trois pièces, Mathieu David Gagnon, sur un ton toujours très calme et posé, s’est même amusé à dire « Habituellement, c’est maintenant que les gens partent ». On mentirait si on écrivait que ce concert de 90 minutes s’adressait à un vaste public de non-initiés, malgré des compositions bouleversantes et des musiciens d’exception, en parfaite maîtrise de leurs instruments. Sa façon de diriger ses musiciens était fascinante et graduellement, le public s’est toutefois laissé conquérir par la beauté de la lenteur. Bref, on a adoré. Seul bémol : au lieu de projeter des faisceaux de lumières abstraites dans la partie supérieure de la scène, le compositeur aurait grand avantage à exploiter des projections d’images du fleuve et de la nature qui l’ont inspiré.

LA MARÉE DU FORGERON II

Puisque la première édition avait remporté beaucoup de succès (avec Michel Rivard), pourquoi ne pas répéter l’expérience, cette fois-ci avec Pierre Flynn, digne représentant des vétérans de ce groupe, composé de plusieurs générations de musiciens québécois bien connus, de la relève et aussi des locaux. Plus tôt cette année, le groupe, sous la direction artistique d’Alan Côté et de son cousin Louis-Jean Cormier, a bénéficié de l’accueil du Théâtre Alphonse-Desjardins de Repentigny pour faire une résidence de création, en prévision de ce spectacle très divertissant, axé sur la joie d’être ensemble. Parmi les autres artistes principaux, notons la participation de Marie-Pierre Arthur, Daniel Boucher, Patrice Michaud et Klô Pelgag. Parlant de Klô, c’est définitivement sa fille de 6 ans, qui a volé la vedette en accompagnant sa mère et plus tard, Daniel Boucher, avec de jolies chorégraphies, exécutées tout en retenue. Au programme de la soirée, le public a entre autre eu droit aux succès des artistes, parfois interprétés par d’autres membres du collectif. Une bien belle idée !

maree du forgeron petite vallee* Photo tirée de la page Facebook du Festival en chanson de Petite-Vallée.

ALPHONSE BISAILLON

Plusieurs gens du milieu le perçoivent déjà comme étant «LE prochain» s’il poursuit dans cette direction artistique éclatée et qu’il continue à travailler aussi fort pour offrir au public « autre chose qu’un chanteur qui vient juste jouer ses tounes », m’a confié un musicien expérimenté, croisé à Petite-Vallée. Alors que certains autres craignent une ascension trop rapide ; l’avenir nous le dira bien assez vite. Difficile d’être neutre et impartial à propos de ses performances sur scène, lui qui se retrouve dans notre top 5 cette année. Son concert était définitivement un incontournable du festival, principalement pour la jeune génération ; par son extravagance et son côté théâtral, sa musique diversifiée et des textes brillants, livrés avec conviction et énergie. On s’avance même à dire du bout des lèvres, si l’on écarte l’aspect excentrique, qu’il pourrait éventuellement représenter le Jean Leloup de la Gen Z.

alphonse bisaillon petite vallee* Photo tirée de la page Facebook du Festival en chanson de Petite-Vallée.

Merci pour tout Petite-Vallée ! On retourne en ville, le cœur rempli de merveilleux souvenirs…

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