Sinatra symphonique x 123 Punk | Différentes nuances de nostalgie
Vendredi dernier, notre rédacteur Sami Rixhon vivait l’expérience de Sinatra symphonique pendant que sa belle-mère se faisait brasser dans le mosh pit de la tournée 123 Punk aux Foufs. Retour à quatre mains sur une soirée en deux temps.
Sami rêve des temps anciens
J’ai 22 ans, et j’aime la vieille musique. Pink Floyd, les Beatles, les Doors, Neil Young, les Beach Boys, et donc… Frank Sinatra également, «The Voice», le fameux crooner new-yorkais au beau chapeau. Pour lui rendre hommage, notre Marc Hervieux national lui dédie une tournée, accompagné de l’Orchestre FILMharmonique sous la direction de Francis Choinière.
Installé confortablement sur mon siège de la salle Wilfrid-Pelletier, entouré, logiquement, de personnes plus âgées qui ont davantage connu cette époque que moi, je vois le rideau se lever : l’Orchestre FILMharmonique ouvre les festivités avec une version pleinement instrumentale de Summertime, écrite par cet autre génie new-yorkais qu’est George Gershwin, avant qu’Hervieux ne se dévoile sur That’s Life.
Pendant la soirée, tous les classiques y passeront : Fly Me to the Moon, Cheek to Cheek, Come Fly with Me, New York, New York, Strangers in the Night, My Way, bien sûr… Des titres intemporels qui ont, pour certains, été écrits il y a près de 100 ans : j’aimerais constater avec du recul, plus je vieillirai, si les vedettes pop d’aujourd’hui pourront construire un tel héritage. J’en doute.
Bien sûr, la production est mielleuse, un peu ringarde : mais qu’est-ce qu’on s’en fiche. C’est exactement le genre de sentiment dont on a besoin par ces temps troublés, en 2026 : je ferme les yeux, et je m’imagine dans un film de Billy Wilder, de Fred Astaire ou de Gene Kelly. Cole Porter et Gerswhin valsent dans mes oreilles. Je pense à l’Amérique de tous les possibles, avant que la machine capitaliste et néo-fasciste ne prenne complètement le dessus.
Appelez-moi un jeune boomer, mais c’était mieux avant. Enfin, je crois.
Pendant le spectacle, Marc Hervieux invite de jeunes artistes à partager la scène avec lui, ou tout simplement à chanter seuls, leur offrant une belle vitrine par la même occasion. Sam Champagne, 27 ans, et Mia Tinayre, 17 (!!) ans, interpréteront des titres comme The Girl From Ipanema ou La belle vie, de Sacha Distel, s’éloignant du répertoire de Sinatra et offrant une belle surprise inattendue au public, sans pour autant trop s’éloigner de l’époque.
Le concert se termine. C’était doux, exactement comme je l’avais imaginé. Après m’être improvisé citoyen des temps anciens, je retombe en 2026, immonde IA et Trump à la clé. Ça a fait du bien de rêver, pourtant.
À quelques dizaines de mètres de Wilfrid-Pelletier, je finis ma soirée aux Foufounes Électriques, au bar du dessous. Je rencontre ma belle-mère Valérie, 44 ans, qui a elle vécu un concert bien différent du mien. Autour d’une bière, elle me raconte sa soirée.
Valérie se remémore ses plus beaux souvenirs
Les nostalgiques du punk des années 1990-2000 se sont donnés rendez-vous aux Foufounes Électriques pour la Tournée 123 Punk 2026. Lors de cette soirée, ce sont Jérôme 50, The Lookout, Colorsfade et Dead Alright qui ont partagé la scène à tour de rôle pour enflammer la petite salle au 2e étage de l’établissement. Le tout animé par nul autre que Rej Laplanche, notre icône du Québec en matière de punk-rock, lui-même très enthousiaste de la grande réponse à ce projet, lancé il y a à peine quelques semaines. Le plus beau dans tout ça? Tous des bands québécois qui nous font revivre nos meilleurs moments des shows punk de notre jeunesse, pour ceux et celles qui les ont vécus, et qui les font découvrir à ceux et celles qui n’ont pas eu la chance de vivre à cette époque.
* Photo par Chicks Rock Media et Ledzy’s Photographe.
Pour ma part, je ne connaissais malheureusement aucun des bands présents à part Jérôme 50, mais j’ai été agréablement surprise d’entendre les compositions originales des trois autres bands québécois présents ce soir-là. Rapidement, chacun a pu recréer l’ambiance de nos belles années : la soirée a commencé avec un cover de NOFX et j’ai même été charmée d’entendre un medley de chansons directement issues du répertoire des années 1990-2000, avec des chansons comme Resurection et I Got a Girl. Autre belle surprise, celle de voir qu’un des bands était mené par une femme! C’est toujours agréable de voir cela en tant que femme moi-même. J’ai aussi pu remarquer que la moyenne d’âge des gens dans la foule était quand assez disparate, malgré qu’elle se situait autour de la fin trentaine, début quarantaine environ. Mais quel plaisir de voir de jeunes adeptes de punk québécois lors de ces shows! C’est signe que c’est un style musical rassembleur qui vieillit très bien.
La foule était légèrement timide au début de la soirée, mais on voyait clairement que le party n’allait pas tarder à lever. Même sans connaître les chansons jouées, le rythme était si entraînant que je ne pouvais faire autrement que de suivre la foule. Comme plusieurs, j’ai été immédiatement conquise par la force musicale du style punk ce soir-là et par l’ambiance de camaraderie particulière qui règne lors de ces shows. Mosh pit et body surfing ont évidemment été au rendez-vous jusqu’à la toute fin de la soirée qui a été couronnée par Jérôme 50 et ses musiciens. C’est avec une joie festive que la foule s’est déchaînée sur les titres de son dernier album, Anarcolique.
* Photo par Chicks Rock Media et Ledzy’s Photographe.
La Tournée 123 Punk 2026 se poursuit encore pour cinq soirs pour le moment. Si elle passe par chez vous, je vous recommande fortement d’y assister pour découvrir la scène punk québécoise, ou pour vous rappeler comment c’était « dans le temps »!
- Artiste(s)
- La tournée 123 Punk, Marc Hervieux
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Foufounes Électriques, Salle Wilfrid-Pelletier
- Catégorie(s)
- Jazz, Punk, Reprises, Rock,
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