Sun Kil Moon
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POP Montréal 2014 – Jour 1 | Sun Kil Moon à la Fédération Ukrainienne : On craignait le pire…

On craignait le pire, mais finalement tout s’est passé dans la joie, la mélancolie et la beauté mercredi soir à la Fédération Ukrainienne dans le cadre du spectacle de Sun Kil Moon à Pop Montréal.

Chansonnier reconnu pour ses commentaires parfois rustres, Mark Kozelek était particulièrement de bon poil hier soir, à mille lieues de sa sortie controversée contre The War on Drugs au Folk Fest d’Ottawa il y a quelques jours.

Rapidement, il a complimenté la foule montréalaise, tout en prenant soin de la mettre en garde pour la suite des choses. «You’re very nice, sweet, relax. Wow ! I’m in a good mood tonight…but don’t piss me off !» a-t-il dit, avec un humour satirique bien à lui, avant d’enchaîner Black Kite, touchante pièce qui met en relief sa voix à fleur de peau.

 

Pitchfork et le lavage de cerveau

C’est d’ailleurs ce contraste entre interventions irrévérencieuses et chansons émouvantes qui donne toute la singularité aux spectacles de Kozelek. Avant de livrer la très personnelle Dogs, le chanteur ohioain de 47 ans a commenté son récent succès d’estime, majoritairement obtenu grâce à une critique dithyrambique du site américain Pitchfork (qui a donné 9.2/10 à son récent album Benji). «Pitchfork just brainwashed people about my album», a-t-il dit, enchainant avec l’anecdote cocasse d’une fille de 23 ans venue le féliciter lors du Pitchfork festival. «She said : ‘’Mark you’ve finally written a masterpiece’’…. I’ve been writing masterpieces since you were fuckin’ one year old bitch !»

La longue et enivrante I Watched The Film The Song Remains The Same a suivi. Appuyé par ses trois musiciens, Kozelek semblait imperturbable. L’intensité et l’émotion du texte de Richard Ramirez Died Today Of Natural Causes, récit de la mort d’un tueur en séries, a donc été ressenti dans l’ensemble de la Fédération Ukrainienne, complètement silencieuse.


Nymphomane torontoise

Puis, le chanteur s’est levé de sa chaise pour interpréter quelques pièces : He Always Felt Like Dancing, I Can’t Live Without My Mother’s Love et, surtout, Micheline. Après un bloc d’émotions vives, il a jugé bon nous raconter la vraie histoire derrière sa première (non-)présence à Montréal en 2004. «Three days before, I met a girl in Toronto. She was what you call a nymphomaniac. She kept me up for three days… I just lost my voice», a-t-il divulgué, sourire en coin, soulevant les rires prononcés de la foule.

Après la rythmée By The Time That I Awoke, Kozelek s’est mis debout sur sa chaise pour interpréter Ceiling Gazing. Les spectateurs ont gardé leurs yeux rivés sur lui pendant plus de huit minutes. Il n’y avait plus rien de tangible, simplement une communion.

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