Dear Criminals
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MEG 2015 – Jour 1 | Dear Criminals et Secret Secret Girl

C’est à la Sala Rossa que se donnait le coup d’envoi du MEG, un festival recueillant une palette d’artistes performant dans la très large sphère de la musique électronique. Ambiance chaleureuse et sombre, accompagnée d’une musique des plus introspective… Comme première soirée, ce fût un franc succès!

 

Dear Criminals

C’est le trio montréalais qui assurait la première performance de la soirée. Deux des membres de Random Recipe font partie de cette formation, dont l’excellente Frannie Holder et sa voix profonde et chaleureuse.

Leur musique a un petit côté  »chambre à coucher » sur disque, suivant la veine des courants minimalistes mariant électronique, hip-hop et voix mélancolique. En concert, c’est la même énergie qui se dégage, mais avec une telle prestance de la part des membres de la formation qu’on a littéralement l’impression d’être dans leur délire musical. Les musiciens présents sur scène semblaient tant plongés dans leur sentiment et leur énergie que la foule était hypnotisée. Au niveau des interprétations et de la dynamique du concert, c’était impeccable.

La chanteuse jouait quelques notes sur son synthétiseur en plus de nous offrir cette voix feutrée et oscillante entre haute et basse. En plus d’assurer quelques refrains et couplets, on a également eu droit à une Fannie Holder qui groovait en interprétant un texte plus rappé que chanté. Les deux autres musiciens alternaient entre synthétiseurs et guitares en échangeant leurs instruments ici et là, entre les morceaux.

La foule, quoiqu’un petit peu gêné au début de la performance, ne s’est pas fait prier pour se laisser emporter dans la musique du trio. Après quelques morceaux, on pouvait déjà voir quelques tête bouger au rythmes des percussions lentes et syncopées qui apportait cette petite touche plus festive à leur performance.

 

Secret Secret Girl 

Secret Secret Girl suivait et nous a offert une performance haute en émotion et sans pudeur. Le corpulent chanteur de la formation se trémoussait en sous-vêtements sur scène, avec un drap recouvrant son corps, qu’il laissait flotter au rythme de ses mouvements.

Chantant et criant de façon viscérale dans un micro branché à un arsenal de machines à effets, le chanteur exploite sa voix comme un instrument se mariant aux rythmiques de l’autre musicien présent à ses côtés.

Dos au public, avec un masque à l’arrière de la tête, ce dernier maniait l’ambiance. Par moment, on pouvait apprécier son talent de guitariste, ce qui venait ajouter une touche de mélodies réconfortantes à leurs arrangements très sombres.

Pour donner l’envie de danser à la foule qui était déjà bien réchauffée, nous avons eu droit à des mesures plus house très constantes et de quelques cymbales et de la grosse claire déconstruites afin de rendre le tout moins monotone. Pour ralentir la cadence, le producteur présent sur scène nous proposait un amalgame entre hip-hop et tempos moins rapides. La foule s’en est donné à coeur joie pour se laisser aller dans cette péripétie artistique.

Comptant pour seul éclairage un projecteur diffusant des images et des textures lo-fi peu colorés, le groupe a permis à la foule de s’imbiber de leur musique comme il se doit. Secret Secret Girl fait dans une musique fortement teintée d’influences telles qu’Animal Collective, When Saints Go Machine, PVT, Jam City… Des sons vieillots, des textures musicales granuleuses et désaccordées, le tout sur des rythmes tantôt house, tantôt hip-hop, mais se construisant toujours en subtilités question de créer l’effet de surprise.

 

 

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