Les 100 ans de L’Olympia | La mythique institution célèbre son centenaire avec le sourire
Dimanche soir, Patrick Lévy, propriétaire de L’Olympia depuis 2005, accueillait le public pour célébrer les 100 ans de cette salle mythique. C’était un excellent prétexte pour réunir 13 humoristes talentueux, issus de différents milieux, à l’image de notre société en 2026. L’idée a fait en sorte que le public s’est amusé toute la soirée grâce à des numéros originaux et variés, sans trop tomber dans le piège de la répétition.
L’évènement réunissait des spectateurs de tous les âges (18 à 90 ans), qui ont eu l’opportunité de socialiser une heure avant le spectacle dans la section arrière de la salle. D’ailleurs, si vous souhaitez en apprendre davantage à propos de l’histoire de L’Olympia (et même de son fantôme !), on vous invite à consulter l’excellente entrevue réalisée quelques jours avant avec Patrick Lévy par l’équipe d’Atuvu.ca, de même que l’article lui étant aussi consacré dans nos pages.
Avant d’élaborer sur le contenu de la soirée, allons-y d’une mise en garde : on profitera du fait qu’il s’agissait d’un évènement unique pour dévoiler quelques punchs, mais avec parcimonie, étant conscient que plusieurs de ces thèmes font partie de spectacles actuellement en tournée au Québec ou en voie de l’être. Et selon notre expérience, aucun numéro n’a semblé avoir été créé sur mesure, exclusivement pour cette soirée ; les humoristes préférant proposer de courts numéros, déjà bien rodés.
L’OUVERTURE
M. Lévy a accueilli l’auditoire avec un très court discours de remerciements. Puis, on a présenté des extraits vidéo de quelques humoristes qui ne faisaient pas partie de la distribution, qui souhaitaient dire quelques mots pour souligner le moment. Un peu étrange d’avoir débuté cette séquence avec Gad Elmaleh, quand on pense à la polémique de plagiat il y a à peine quelques années. Néanmoins, nos humoristes Rachid Badouri, Sugar Sammy (161 spectacles à L’Olympia!) et Louis-José Houde, avec ses remarques sarcastiques à propos du grand confort pour les jambes des spectateurs et la « solidité » du balcon, ont bien fait rire les gens.
ANAS HASSOUNA À L’ANIMATION
Malgré un départ un peu lent et décousu du côté du crowd work (toujours moins évident que dans un comédie club intime), on peut dire mission accomplie. Anas Hassouna a osé s’aventurer parfois sur un fil de fer, en démontrant de l’agilité et suffisamment de nuances pour que certains propos, plus délicats en 2026, soient bien reçus. Sa réflexion concernant un critère de recherche précis des femmes sur les sites de rencontres était bien illustré : « Doit mesurer au moins 1,80 m… T’es une femme ou un manège ? ». Il est revenu sur scène à quelques reprises pendant la soirée, s’amusant à décrire et comparer les différences culturelles. Il s’est promené dans tous les sens ; les Arabes fâchés à Paris, l’intégration des deux seuls Blancs dans sa classe quand il habitait Montréal-Nord et la tête de mouton dans sa boîte à lunch à l’école.
SURVOL DES PERFORMANCES
Mibenson Sylvain a confié qu’avec son passage dans la trentaine, il commençait à ressentir une forme de décalage avec ses amis, certains étant devenus parents… alors que lui, préfère « chiller » avec leurs kids, sans trop assumer ses mauvais coups. Sa blague à propos de l’âge où l’on ne propose plus à ses amis d’aller lécher une crème glacée ensemble et du « kid » qui suce innocemment son « popsicle, comme une salope » ont provoqué des fous rires instantanés, et sa remise en question concernant sa participation au jeu de « tag» avec les enfants dans les parcs également.
Oussama Fares a abordé la cruauté de quitter quelqu’un pendant l’automne, les conseils des amis pour le « dating » sur les réseaux sociaux et les zones réservées au chuchotement dans les spas, où il chuchote avec trop de conviction en raison de ses origines.
Charles Brunet est venu partager des moments vécus en compagnie de son grand ami, son grand-père âgé de 95 ans, qu’il compare à une pile de téléphone à laquelle il reste seulement 1%. Son épisode à la banque était aussi tordant. Vers la fin du numéro, il a reçu la visite sur scène de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada; un clin d’oeil sympathique d’une histoire qui s’est développée sur les réseaux sociaux à propos de ses contraventions. Par contre, cette mise en scène semble avoir été reçu par le public comme une « mauvaise bonne idée », comme on le dit dans le monde de l’humour, parce que pas suffisamment drôle.
Le vétéran Neev, fidèle à lui-même, a offert une performance à la hauteur de sa réputation. Il avait choisi de donner dans la nostalgie. Ses espoirs de voir ses enfants s’amuser avec les jouets Fisher-Price de son enfance ont rapidement pris fin, disons…. Il y avait aussi ses souvenirs de ses expériences dans les parcs, les bonbons et les risques du tétanos avec les boîtes métalliques de Quick… Bref, il a certainement rappelé de belles images à plusieurs.
Ce fut ensuite au tour de l’humoriste Sinem Kara, gagnante de la 5e saison de Big Brother célébrités. Elle a entre autres exploité les thèmes de la famille et de la culture (Turque et Musulmane), en précisant qu’elle est mariée… « pis je l’connais! ». Toujours cette belle énergie en spectacle.
Et puis, un certain Will Murphy est monté sur scène, et il a cassé la baraque! Son écriture était précise au quart de tour et son pitch, d’un naturel désarmant. En consultant son profil plus tard (actif depuis 2004), on a vite réalisé que sa performance n’est pas le fruit du hasard. Un 10 / 10 pour son conseil à son amie à propos des piscines et aussi sa grande (ou petite) « ouverture » concernant ses expériences intimes. Ce type risque de bousculer la scène de l’humour. Sans aucun doute, un candidat sérieux pour le prochain gala des Olivier.
Laurent Paquin, le plus expérimenté du groupe, a conclu la première partie avec brio en s’attaquant aux proverbes et aux pensées positives. C’était de l’humour propre, intelligent, efficace et brillant. Le seul petit reproche qu’on pourrait lui faire est d’être demeuré dans sa zone de confort. Son slam sur le temps était particulièrement impressionnant.
Après l’entracte et un court numéro de l’animateur, Erickson Alisme a proposé au public un exercice d’autodérision assez comique, se faufilant à travers certains stéréotypes associés à sa race (noire), sa grandeur… et son début de calvitie (bien malgré lui, suite à la réponse d’un spectateur).
Jessica Chartrand a enchaîné avec des épisodes de son historique familial et les préjugés bien ancrés dans la société quand il est question des lesbiennes. Selon les messages qu’elle reçoit, on ne peut que les remercier ; « c’est quand même grâce aux lesbiennes qu’on a maintenant des roues fixées aux bacs de poubelles ».
Après s’être un peu moqué « de son ami d’gars, Mariana Mazza », Dave Morgan a exploité le thème des prénoms prédestinés « à rouler à motocross à Rawdon, pas d’casque » et à ne pas terminer leur secondaire.
Alexandre Forest est ensuite venu remettre en question les standards de la masculinité, « les gars-gars ». Ayant grandi sur une ferme, il nous a soudainement surpris en suggérant l’image de sa cousine et lui, sur un tracteur de ferme. On vous laisse imaginer. Son imitation de la personnalité de son propre pénis nous a donné des crampes au ventre.
Rachelle Élie, seule anglophone de la distribution, a pris un malin plaisir à nommer, commenter et traduire des expressions québécoises qu’elle a apprises au fil du temps, à travers ses expériences de vie. Les images étaient parfois fortes, disons…
Christine Morency est venue conclure cette soirée avec énormément d’énergie, et l’on doit absolument souligner ce tour de force. Le numéro final, présenté vers 22h10, un dimanche soir, représentait un défi de taille. On sentait la fatigue tout autour, mais l’humoriste de 39 ans a su démontrer qu’elle faisait partie des meilleurs de sa génération, tous sexes confondus ; même si sa vulgarité peut parfois en chatouiller plus d’un. Son histoire qui racontait le développement un peu trop rapide d’une seconde rencontre avec un Belge était tout simplement délicieuse… dépendant du point de vue !
PARCE QUE TOUTE BONNE CHOSE A UNE FIN
La fête s’est terminée avec la réunion des humoristes sur scène, accompagnés de Patrick Lévy, ses associés et d’Yves Desgagnés, possiblement en charge de la mise en scène de ce centième. Une plaque commémorative a été remise à tous les participants. Avant de quitter, M. Desgagné s’est adressé à la foule en rappelant l’importance d’encourager la culture. L’intention était louable. Par contre, la sélection musicale pour créer l’ambiance juste avant l’entrée sur scène des artistes, ne reflétait pas ses propos ; Pitbull, Kesha et Pink… Et pour conclure, on a quitté la salle sur la musique de Kool and the Gang… Tous, des artistes bien de chez nous ?
Longue vie à L’Olympia !
- Artiste(s)
- Alexandre Forest, Anas Hassouna, Charles Brunet, Christine Morency, Dave Morgan, Erickson Alisme, Jessica Chartrand, Laurent Paquin, Mibenson Sylvain, NEEV, Oussama Fares, Rachelle Elie, Sinem Kara, Will Murphy
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- L'Olympia
- Catégorie(s)
- Francophone, Humour,
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