David Castello-Lopes

David Castello-Lopes à l’Impérial Bell | Humour intello, sans rancune

David Castello-Lopes a fait beaucoup de vagues lors de sa chronique « Faut-il aller au Québec? » à la radio France Inter, où il a décrit le Québec avec beaucoup de clichés en 2025. Une chance que les spectateurs québécois ne sont pas rancuniers! Pour preuve, l’Impérial Bell était rempli d’un public conquis, prêt à rire aux blagues intellos de l’humoriste franco-portugais.

Pour rappel, bien que sa chronique faisait écho à un récent passage à Montréal, tout laissait croire que David Castello-Lopes n’était pas aller au-delà des quartiers touristiques. Il résumait le Québec au froid et au sirop d’érable, tout en concluant que ce n’était pas « ze place to be en matière de rayonnement culturel ». Outch! L’artiste brise la glace dès le début du spectacle en revenant sur cette controverse, qui lui a valu le record de commentaires haineux, dont un « va te mettre la Tour Eiffel dans le c** » que David Castello-Lopes a trouvé « un peu exagéré ».

En abordant l’éléphant de la pièce, il attire la sympathie du public. Bien joué.

Qu’on le connaisse comme chroniqueur à la radio ou à l’animation du balado Small Talk où il réalise des entrevues pas comme les autres, David Castello-Lopes est un phénomène dans la francophonie.

Faire rire avec la culture générale

À commencer par la description de ce spectacle Délicieux qu’il écrit au « je » : « En une heure et quart, je vais tenter de démêler la complexité de ce qui provoque le plaisir chez les êtres humains. »

On pourrait donc s’attendre à des plaisirs banals et communs, comme les plaisirs sensuels. Mais David Castello-Lopes a le don de surprendre, notamment avec des projections multimédias qui contribuent grandement au comique du spectacle. Formé comme journaliste, le Franco-Portugais détonne dans le milieu de l’humour avec ses anecdotes issues de la culture générale qui en font sa signature. Très éducatives, elles servent rarement au quotidien… sauf pour impressionner le monde. Il le dit lui-même! Ce n’est donc pas un hasard si on retrouve les plaisirs intellectuels dans la longue liste.

Le défi d’un humoriste qui vient de l’étranger, c’est de savoir si ses blagues auront de la résonnance en dehors de son pays d’origine. Bien que David Castello-Lopes fasse parfois l’effort de se renseigner pour connaître l’équivalence d’une référence au Québec, c’est parfois loupé pour certaines qu’il omet d’expliquer. Les exemples sont, en général, très français évidemment. Le public québécois est capable de suivre, mais on passe parfois à côté de quelques subtilités très drôles.

Heureusement, la majorité des plaisirs sont universels : les plaisirs d’enfance, le plaisir de savoir et, plus étonnant… les plaisirs de vengeance, l’un des meilleurs moments du spectacle. Au début, il est facile de pointer du doigt l’humoriste en se disant qu’il est beaucoup trop sadique. Puis, petit à petit, on finit par se reconnaître dans certaines situations. Qui n’a jamais ressenti de la jalousie pour son meilleur ami.e qui a toujours eu du succès ou l’ex de son conjoint.e? Jusqu’où êtes-vous allés pour vous venger? Terrifiant, mais tellement humain!

Une passion pour le passé, loin d’être anodine

C’est ainsi qu’on apprend que Clément Beaune, ancien conseiller spécial du président français Emmanuel Macron, était le meilleur ami d’enfance de David Castello-Lopes… et qu’il a beaucoup d’autodérision pour lui laisser faire sortir des archives mémorables.

Encore une fois, la projection de vidéos, tournées en amont du spectacle, et les éclairages sont toujours d’excellentes surprises pour ponctuer les sketches d’instants encore plus comiques.

En parlant d’archives, on n’est pas surpris que l’humoriste s’en passionne autant quand on découvre que ses parents étaient des pros en la matière. Le numéro des Full orphelins (personne ayant ses deux parents décédés) est aussi l’un des moments forts et les plus touchants du spectacle. À travers le récit de qui étaient ses parents et en particulier sa mère, Danièle, on comprend l’obsession de David Castello-Lopes pour le temps, les souvenirs et l’origine des choses.

Sans dévoiler l’extraordinaire finale du spectacle, c’est comme si on saisissait la mission de vie de l’humoriste dans tout ce qu’il entreprend… On l’espère toujours au-delà des clichés.

Une chose est sûre : David Castello-Lopes avait bien envie de reconnecter avec le public québécois. Il a non seulement donné adresse courriel (oui, un vrai Gmail) et annoncé un retour en 2027. Cerise sur le sundae, il rencontrait aussi le public après le spectacle dans le hall de l’Impérial Bell pour des dédicaces de son livre Les origines et des photos… Sans rancune!

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