Nora Kelly Band

Lancement du Nora Kelly Band à l’Esco | Des tounes avec du piquant

Nora Kelly Band lançait son troisième album, So Wrong For So Long, ce mercredi soir à l’Esco. Devant un public très féminin, Nora Kelly a fait preuve de toute la fougue et l’énergie dont elle est capable en interprétant de nouveaux titres, accompagnée d’un groupe particulièrement soudé et efficace. Et le clou de la soirée sera en fait une aiguille de tatouage!

J’avais découvert le Nora Kelly Band alors qu’ils ouvraient pour Johnny Pilgrim lors du Taverne Tour 2023, et ils m’avaient laissé une très bonne impression avec leur country alternatif aux influences pop et rock. J’étais ensuite tombé en amour avec leur deuxième album, Rodeo Clown, paru le 25 août 2023, et c’est avec beaucoup de regret que je n’avais pas pu être en mesure de couvrir ce lancement-là. Je me reprends ce soir avec le concert de lancement de cette troisième offrande, So Wrong For So Long, sortie en mai.

Comme on peut le deviner, le groupe est dirigé par Nora Kelly, une petite femme au tempérament de feu qui chante avec une assurance sans faille et un enthousiasme indéfectible des titres très bien écrits, tout en jouant de la guitare avec fougue. Elle est accompagnée d’un groupe qui sort très soudé d’une tournée.

Patrick Rendell est à la guitare, Dylan Keating à la guitare à pédales, Scott « Monty » Munro à la basse, Rachel Silverstein est aux claviers tandis que Ethan Soil est à la batterie. De plus, les voix de Rachel Silverstein et Munro se joignent régulièrement à celle de Kelly pour de belles harmonies. Et des harmonies vocales réussies, ça me touche à tout coup!

J’avoue avoir jugé le dernier album comme moyen un peu trop rapidement : je me suis rendu compte tout au long du concert que tous les titres de l’album sont finalement restés bien ancrés dans ma mémoire, avec même des bribes de paroles, ce qui est en fait un signe très positif. Après une nouvelle écoute et un peu de recul, il est vraiment très bien, cet album! Pour preuve, le titre Imposter Syndrome, qui est un véritable vers d’oreille pop, chaudement recommandé. Ça m’avait fait la même chose il y a un mois au concert de Whitehorse avec leur album All I Want Is All of It! Ça l’air que j’ai besoin de vacances pour me nettoyer la tête et les oreilles…

nora kelly band montréal 2026 01

Mais l’apogée de la soirée reste le titre Cryin’, qu’elle interprète allongée sur le ventre sur une table de tatouage, la tête prise dans le trou et tenant le micro par en dessous de la table alors qu’un tatoueur œuvre sur son bras droit. C’est vraisemblablement une première de chanter en concert de cette façon, et elle s’en est vraiment bien sortie malgré le contexte. Rejouer de la guitare pour terminer le concert a dû être douloureux, mais la chanteuse n’en a rien laisser paraître et est restée aussi professionnelle qu’énergique jusqu’à la fin.

C’est un plaisir de retrouver sur scène Nora Kelly où elle y règne tout en maîtrise et énergie avec une efficacité sans faille, avec des musiciens rodés par les concerts. Et elle a su me faire découvrir les finesses d’un album que j’avais mis de côté bien trop rapidement.

 

Common Holly

La soirée s’est ouverte avec Common Holly, le projet de Brigitte Naggar qui nous présente une sorte de pop introspective. Naggar est au chant et au clavier pour la première moitié de la prestation et termine avec une guitare à cordes nylon. Alex Rand est à la basse ou au violoncelle et on retrouve avec plaisir l’incontournable batteuse montréalaise Mili Hong.

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L’Esco n’est pas encore rempli lorsque la formation commence et le public accroche avec intérêt à la délicatesse de la proposition. Malgré le côté aride des arrangements en trio, il y a tout de même une richesse et une chaleur dans les titres qui donnent le goût d’en écouter davantage et de réécouter l’album Anything Glass, sorti en 2025.

Et bonne nouvelle, il y a EP, They Will Draw Halos Around Our Heads, sorti en début d’année, et qui avait échappé à mon attention.

 

Thanya Iyer

Ça fait quelques fois que j’ai pu apprécié Thanya Iyer en concert avec sa pop onirique aux accents expérimentaux qui nécessite une écoute attentive pour être apprécier à sa juste valeur. Malheureusement, pour cette deuxième partie, c’est un public bruyant et sans écoute qui couvre toute la finesse du groupe par ses conversations et beuglements.

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Thanya Iyer est au chant ainsi qu’au violon et au clavier, accompagné, comme d’habitude, par Pompey, mais ce soir, il a troqué sa basse au son soyeux pour une guitare acoustique amplifiée avec un son saturé souvent proche d’un Neil Young. Emilie Kahn est à la harpe et au chœur, et on retrouve à nouveau Mili Hong à la batterie.

On a pu tout de même avoir un aperçu de la finesse et du côté introspectif des compositions, mais l’expérience de ce soir avec le groupe aura finalement laissé un goût amer et triste.

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