crédit photo: Pierre Langlois
Geese

Osheaga 2026 – Jour 1 | Geese, de la trempe des grands

Trois ans que Geese n’était plus venu chatouiller nos oreilles montréalaises. La dernière fois que les New-Yorkais avaient foulé nos terres québécoises, c’était pour la tournée de l’album 3D Country, bien avant le « buzz » de Getting Killed. On méritait bien une nouvelle visite, non?

Geese a tout pour plaire. Ils sont jeunes, ils sont beaux, mais surtout : ils savent ce qu’est le rock, son essence la plus profonde. Ils respectent leurs aînés, mais s’en éloignent assez pour ne pas sonner exactement comme eux. Geese ne représente pas la renaissance des Strokes ni de Radiohead. Geese, c’est Geese. Point barre.

Un phénomène

Il est 21h40, JID vient de se faire couper son micro, dépassant de quelques minutes le temps qui lui était alloué. La foule scande les prénoms des membres de Geese. Elle est prête.

On part les festivités avec Husbands, un titre plus calme, avant d’enflammer le parterre une première fois avec Getting Killed, le morceau, puis Crusades et I See Myself, tirées de leur troisième album, l’excellent 3D Country (un projet plutôt éclipsé aujourd’hui par Getting Killed, alors qu’il contient presque autant de pépites!). Geese assume en concert que son catalogue est profondément varié, que certaines chansons sont plus calmes, et d’autres sont plus survoltées. Alors qu’Emily Green, guitariste, s’assoit même sur la plateforme surélevée de Max Bassin sur Cobra, le groupe sait qu’il doit jouer correctement de son public. Ne pas l’épuiser en enchaînant les bombes sonores, comme ne pas le démanger de ne pas assez bouger en claquant plusieurs ballades à la suite. Il maîtrise son pacing parfaitement. Et sur les chansons intenses, ça y va. Beaucoup. Ceux qui étaient présents à l’avant du parterre sur Trinidad peuvent en témoigner.

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« Nous sommes Angine de Poitrine », dit Cameron Winter, qui mène d’ailleurs une carrière folk en solo brillante hors de Geese, dans un français cassé. Avant plusieurs morceaux, Winter s’essaiera d’ailleurs à reproduire les riffs micro-tonaux de Khn de Poitrine, sans grand succès (on te pardonne, Cam, ce n’est pas ton registre non plus!). Et ce n’est pas les seuls devoirs sur le Québec que s’est permis le groupe : pendant la géniale (et dur à suivre) 2122, Geese arrête le morceau au beau milieu pour y intégrer une reprise. Un geste classique, pour ceux qui connaissent bien l’historique du groupe! Si à Coachella, ils avaient fait Baby de Bieber, Geese nous livre cette fois-ci le Hallelujah de Cohen. Manquait plus que Winter dise que les bagels montréalais sont meilleurs que ceux de New York, et on ne l’aurait pas laissé repartir, complètement sous le charme du grand gaillard!

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Comme à chaque spectacle, Geese garde le meilleur pour la fin : Trinidad, qui donne envie d’exploser une voiture. Si on écrivait plus haut que Geese joue parfaitement de son public, cette ouverture de Getting Killed semble en être le meilleur exemple : le refrain donne lieu aux mosh pits les plus virulents de la soirée, alors que le groupe prend un malin plaisir à étirer, étirer et étirer encore les couplets plus tranquilles, faisant monter la tension physique au maximum. D’ailleurs, moment surréaliste : alors qu’un mosh pit s’ouvre dans le parterre, un petit malin a la brillante idée de s’asseoir et de reproduire le geste déjà iconique des supporteurs norvégiens à la dernière Coupe du Monde. Une bonne vingtaine de Geeseheads le suivent en ramant. « Ror! Ror! Ror! », crie-t-on, assis et communiés. Haaland, elle est pour toi, celle-là.

Pas de rappel malgré les quelques minutes restantes, mais Geese nous en a livré bien assez. Un spectacle en salle semble être une obligation maintenant, on espère les revoir rapidement.

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Cameron Winter est un génie comme il semble n’y en avoir qu’un par génération. En décembre dernier, quand il se payait un Carnegie Hall sold-out devant l’aristocratie new-yorkaise, tous avaient le même discours : « c’est le Bob Dylan de sa génération ». Et franchement, ça y ressemble. S’il devait s’arrêter aujourd’hui, on considérait encore Geese comme un groupe légendaire dans 40 ans, au même titre qu’un Television, encore regardé en 2026 malgré une courte carrière discographique.

J’ai 23 ans. Je n’ai jamais été vraiment excité pas un groupe de rock récent. J’en ai déjà beaucoup aimé, mais jamais au point de me dire : « ça y est, le rock est de retour! » Depuis l’adolescence, je suis biberonné aux Beatles, à Pink Floyd et à Led Zep. « Le rock a fait ses belles années, laissons-le se reposer », me disais-je. Et puis, Geese est arrivé.

Le meilleur groupe du monde actuellement, n’ayons pas peur d’appeler un chat un chat.

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J.I.D, trop fort (littéralement)

Ai-je vécu un tremblement de terre de magnitude 8 sur l’échelle de Richter. Non, seulement un concert de J.I.D.

Rappeurs américains, répétez après moi : un maximum de basses n’égale pas un bon concert. Trop, c’est comme pas assez : on n’entend rien. Le collègue Joshua Lessard en avait dédié une chronique lui aussi, quand M. Scott, La Flame pour les intimes, avait crevé les tympans du Centre Bell avec sa tournée Astroworld.

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J.I.D aurait pu jouer une version trap d’Une petite musique de nuit de Mozart, je ne l’aurais même pas remarqué. On. N’entend. Rien.

J’ai l’impression que les basses me déplacent la colonne vertébrale, et j’aperçois plusieurs personnes à côté de moi se boucher les oreilles.

Même si le mixage est catastrophique et nous fait passer un moment tout simplement désagréable, ce manquement technique ne devrait pas nous faire oublier que J.I.D est l’un des rappeurs les plus talentueux de sa génération, et que The Forever Story est un chef d’œuvre dans son genre. Mais ce soir, on a envie de faire comme nos amis autour : se boucher les oreilles.

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Yoasobi, la J-Pop a le vent en poupe

Avant JID et Geese se produisait le duo de J-Pop Yoasobi, en formule full band. Formé d’Ayase et de Lilas Ikuta, dite Ikura, le groupe révèle en plein milieu de set qu’il entre ce soir dans l’histoire du festival : Yoasobi est le premier projet de J-Pop à se produire à Osheaga. On entend beaucoup parler de l’industrie de la K-Pop ces dernières années, mais leurs voisins japonais sont eux aussi en train d’exploser!

Ikura remercie le public d’être au rendez-vous, car c’est sûrement « la première fois, pour la plupart, qu’il les voit sur scène ». La chanteuse originaire de Tokyo dit cela, car Yoasobi n’était jamais venu à Montréal auparavant, ni même au Québec, ni même… au Canada! Des amateurs patients, autour de nous, qui connaissent particulièrement les paroles, les chantent et agitent leurs penlights, ces bâtons lumineux très associés au monde de la J-Pop.

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Avec mes connaissances très, très maigres du monde de la pop japonaise, une pensée facile me vient en tête : « tiens, ça ressemble des génériques d’animes ». Réflexion pas folle du tout, puisque leur morceau Idol a été utilisé en guise d’ouverture de l’anime Oshi no Ko, interprété ce soir bien sûr.

Yoasobi livre d’autres morceaux populaires de leur répertoire, comme Yoru ni Kakeru, leur premier single jamais publié, Gunjou ou encore Shukufuku (aussi un générique de série japonaise).

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Pas notre tasse de thé, mais une communion pareille entre un artiste et son public, après tout ce temps, ça ne peut que faire chaud au cœur.

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Yoasobi

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