Valérie Clio chante le blues

FrancoFolies 2015 – Jour 6 | Les nuits fauves avec Fauve, Grand Blanc et Feu! Chatteron

Pour une quatrième fois en deux ans, le groupe Fauve était de retour à Montréal. Cette fois, ils apportaient avec eux leur concept des « nuits fauves », avec invités Grand Blanc et Feu! Chatteron, dans le cadre des FrancoFolies de Montréal.

« Est-ce que quelqu’un peut nous dire ce que c’est, les nuits fauves?  Parce que nous, on sait pas, hein… »

Photo par Benoit Rousseau

Feu! Chatteron. Photo de courtoisie, par Benoit Rousseau.

Bon, alors si peu pour le concept. Puisque la définition nous appartient, disons que les nuits fauves c’est un concert de Fauve un peu plus tard qu’à l’habitude – à peine – et deux groupes invités par Fauve pour ouvrir la soirée. Des potes.

Dans le cas qui nous occupe, c’était Grand Blanc, habile troupe qui allie rock français et new wave avec la fureur caractéristique de la jeunesse, et Feu! Chatterton, un genre de formation de « rock littéraire » avec son dandy chanteur à la voix rauque qui étale des textes hallucinés sur une musique rock parfois musclée, souvent raffinée.  De quoi se mettre en appétit pour le repas principal.

 

Évolution éclair

On se rappelle bien de la première visite de Fauve à Montréal, en 2013. À l’époque (pas si lointaine), c’était l’intensité avant tout. Pas vraiment d’éclairages, que des projections mystérieuses, et ce signe ≠, genre de logo du groupe, qui s’incorporait aux scènes projetées. Les musiciens étaient plutôt figés, alors que le chanteur traversait frénétiquement la scène d’est en ouest, balançant au passage 800 mots à la minute, comme si l’angoisse qui le rongeait débordait en un débit de poésie prenante.

Ils n’avaient qu’un EP sur le marché. Mais tout un EP !  On y retrouvait des classiques à ce jour inégalés, comme Blizzard, Nuits fauves, Kané, Haut les coeurs, Cock Music Smart Music / Rag #1… Sans surprise, on les entend toujours en concert, ces morceaux marquants.

FAUVE ok©Frédérique Ménard-Aubin-2478

Deux ans et quelques centaines de prestations plus tard, Fauve semble déjà à maturité ; on y retrouve la même ardeur, mais mieux canalisée. Les musiciens sont désormais dans le coup côté énergie, et des faisceaux de lumière traversent la scène pour ajouter à l’impression de « dernier concert avant la fin du monde ».

On peut désormais les voir, les 6 frangins, juste assez pour connecter avec leurs bouilles expressives, pour se sentir parmi eux. Le mot « famille » est répété ad nauseam, et les incitations à faire participer la foule sont nombreuses. Celle-ci embarque à pieds joints. On dirait une secte dont le précepte principal serait de ne pas gaspiller une seule seconde de cette précieuse vie, parce que les moments beaux sont si rares.

FAUVE ok©Frédérique Ménard-Aubin-2492

Au sommet de leur art

C’est musicalement rock, inspiration post-rock, texturé, explosif.  Sur scène, c’est assez différent des disques, dans les tempos surtout. C’est parfois un peu trop rapide. Étonnant, puisqu’à la base, la musique de Fauve mise sur ce côté précipité qui inspire un sentiment d’urgence.

Le débit du chanteur – ils ne s’identifient toujours pas, au fait – demeure tout de même impressionnant, et on peut facilement capter les propos, qui résonnent souvent comme des coups de marteau sur la conscience. Surtout pour ceux, nombreux, qui s’identifient à cette jeunesse désabusée, angoissée, opprimée.

Les hymnes à la fraternité sont nombreuses dans le répertoire de Fauve, du EP aux deux volets de Vieux Frères. On préfère les classiques du EP, mais force est d’admettre que certains titres tout nouveaux résonnent fort, comme Sous les arcades (d’entrée de jeu, lors du concert), et Tallulah. Mais la pièce maîtresse de l’oeuvre, qui conclut les trois disques, et inévitablement le concert aussi, c’est Les Hautes Lumières, élégante élégie des temps modernes qui mouille les yeux.

Ils en ont fait du chemin en peu de temps, et la rumeur veut que le groupe considère déjà de mettre fin au projet bientôt, du moins sous la forme qu’on lui connaît. C’était possiblement la dernière fois qu’on pouvait les voir à Montréal, avant l’inévitable comeback dans quelques années.

On verra bien. Fauve ne serait pas le premier groupe à prédire une fin qui ne vient jamais. Mais si c’était le cas, Fauve aura été une étoile filante magnifique, et mardi soir, c’était l’occasion de les voir au sommet de leur forme.

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Grille de chansons

1. Sous les arcades
2. Nuits Fauves
3. Infirmière
4. T.R.W.
5. Voyou
6. 4000 îles
7. Tallulah
8. Haut les coeurs
9. Azulejos
10. Cock Music Smart Music / Rag #1
11. Paraffine
12. Blizzard

Rappel
13. De ceux
14. Kané
15. Les hautes lumières

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