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Les Shériff

Les Sheriff à la salle Montaigne | 40 ans de punk et pas une ride (ou presque)

Le punk rock est-il une fontaine de jouvence ? Ceux qui ont mis les pieds à la salle Montaigne le 7 mai ne se posent plus la question. On aurait pu s’attendre à un dernier tour de piste nostalgique, un peu poussif, de la part d’un groupe qui roule sa bosse depuis 1984. On a plutôt été agressé — dans le meilleur sens du terme — par un band qui joue comme s’il avait toujours 20 ans. Retour sur une soirée où les décibels ont servi de cure de rajeunissement collective.

Après deux premières parties, les patrons sont arrivés. On a peine à croire que Les Sheriff roulent leur bosse depuis plus de 40 ans. Sur scène, l’énergie est tellement contagieuse qu’on jurerait avoir affaire à une gang de jeunes loups qui jouent leur vie. Bien sûr, le groupe s’accorde quelques courtes pauses toutes les trois ou quatre chansons pour reprendre son souffle, mais pour le reste, c’est une véritable charge héroïque.

La foule, encore un peu réservée après le set précédent, a fini par exploser. C’était magnifique de voir cette communion multigénérationnelle : des plus vieux aux plus jeunes, tout le monde hurlait les paroles en chœur. Le groupe a livré un set magistral de 28 chansons. Vingt-huit ! Forcément, tous les classiques y sont passés, de À coups de batte de baseball à À la chaleur des missiles. Et comme si ce n’était pas assez, ils ont enfoncé le clou avec un rappel mémorable sur l’incontournable Pile ou face. On sent que la scène est leur habitat naturel, et ils nous l’ont prouvé avec une générosité rare.

On est ressorti de la salle Montaigne avec les oreilles qui sifflent, le dos un peu en compote, mais surtout avec la certitude que le punk rock, quand il est joué avec autant de cœur et de sincérité, est l’antidote parfait à la grisaille. Les Sheriff ne font pas que « jouer » de la musique, ils l’exaltent. Si vous avez besoin d’une dose d’adrénaline pour vous rappeler que vous êtes vivants, c’est là que ça se passe. Montréal, c’est à ton tour de passer à table aux Foufs les 8 et 9 mai. Et on te conseille d’arriver tôt!

Le Réparateur & Crash ton rock ouvrent le bal

La salle n’avait pas encore atteint sa pleine capacité quand le duo français Le Réparateur a pris les commandes, et honnêtement, ceux qui flânaient encore à l’extérieur se mordront les doigts d’avoir manqué ça. Débarqués de l’autre côté de l’océan pour un maigre 30 minutes de set, les gars n’ont pas perdu une seconde.

On a toujours un doute quand on voit un duo s’installer : est-ce que ça va manquer de corps ? Pas ici. C’est minimaliste, certes, mais ça punch avec une efficacité redoutable. En plus d’envoyer un punk rock sans un gramme de gras, les gars sont drôles, dégagent une sympathie immédiate et ont réussi à transformer un début de soirée timide en véritable party. On en aurait pris 30 minutes de plus sans broncher. C’était court, c’était brut, et c’était exactement ce qu’il fallait pour mettre le feu aux poudres.

Le passage du minimalisme chirurgical de Le Réparateur au déploiement massif de Crash ton rock a provoqué un méchant choc visuel. Passer de deux à six musiciens sur scène, c’est un défi logistique, et on ne va pas se mentir : le début du set a été dur pour les tympans. Équilibrer six instruments au diapason dans une salle comme la Montaigne, c’est visiblement un sport extrême, et la console a mis du temps à trouver ses repères. Si le mix a fini par se placer vers le milieu du show, les acouphènes, eux, étaient déjà bien installés.

Pourtant, la bande de Saguenéens sait occuper l’espace. Le fait que tout le monde participe aux vocalises apporte une réelle épaisseur aux morceaux et installe une ambiance de « gang » assez efficace. On sent l’ADN québécois poindre à travers un punk qui n’hésite pas à flirter avec le trad, allant même jusqu’à sortir l’accordéon en fin de parcours pour enfoncer le clou. Au final, la performance n’était pas mauvaise, mais elle laissait un peu sur sa faim. On a eu l’impression qu’ils auraient été plus à leur place en ouverture de soirée. Le party était déjà bien entamé, et le groupe a dû ramer un peu plus que prévu pour maintenir le niveau d’énergie.

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