Ludovico Einaudi

Ludovico Einaudi à la Maison symphonique | Seul avec son piano

La France reçoit le pape Léon XIV. Le Québec, lui, accueille Ludovico Einaudi. Le 27 septembre, à la Maison symphonique, le pianiste et compositeur italien a offert un concert entièrement consacré au piano, dans une salle plongée dans l’obscurité, où seul son piano était éclairé.

Figure incontournable du néoclassique contemporain, Einaudi a construit au fil des ans un langage musical reconnaissable : des mélodies simples, des motifs répétés et des évolutions qui prennent forme par petites touches jusqu’à créer une impression d’ampleur. À la frontière du classique, du minimalisme et de la musique de film, son univers s’est fait connaître auprès d’un large public grâce à des œuvres comme Le Onde, Una Mattina et Nuvole Bianche, mais aussi grâce à ses compositions pour le cinéma, notamment Intouchables, Nomadland et The Father.

Pour cette tournée Solo Piano, Einaudi choisit de se produire seul sur scène, sans les musiciens qui l’accompagnent habituellement. Huit compositions se succèdent, certaines d’une vingtaine de minutes, d’autres d’à peine cinq minutes. Les notes aiguës et graves se répondent, parfois légères et lumineuses, parfois plus profondes. Les mélodies reviennent, se transforment progressivement et donnent aux morceaux une profondeur nouvelle. Une invitation à s’évader quelques instants et à se laisser porter, quelque part entre rêverie et mélancolie. Dans Experience ou Luminous, cette construction donne au morceau une dimension presque hypnotique. L’ensemble rappelle parfois Erik Satie, tout en conservant la touche cinématographique propre à Einaudi.

Le pianiste explique son choix de partir seul en tournée à travers une image simple. Jouer seul, c’est délaisser le grand pinceau pour le crayon. Le premier permet de couvrir davantage la toile, avec plus de matière et de couleurs. Le second demande un geste plus intime et précis, où chaque trait compte. Pour Einaudi, il ne s’agit pas seulement de retirer des instruments, mais de changer la manière d’écouter la musique.

Dans la pénombre de la Maison symphonique, tout semble suspendu. Pendant un peu plus d’une heure et demie, le piano occupe tout l’espace. La dernière note déclenche une standing ovation. Einaudi revient alors pour un rappel, avant que les lumières ne se rallument.

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