crédit photo: Alexya Crôteau-Grégoire
Velours Velours

Entrevue avec Velours Velours | Dépouiller le répertoire, et regarder de l’avant

Vendredi dernier paraissait Seul à la Salle Claude-Léveillée de Velours Velours, une première offrande live abordée par la même occasion comme un travail d’archive, de rétrospective de sa jeune carrière. Nous en avons discuté avec Raphaël Pépin-Tanguay, visage derrière le projet, au 180g, café-disquaire qui tenait une séance d’écoute de l’album la veille de sa sortie.

Dans le cadre de la série de spectacles Les veillées, invitant un artiste à livrer son répertoire en formule minimaliste, Velours Velours enregistrait son nouvel album en avril dernier, à la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, donc. Notre fidèle collaborateur Denis Bergeron rapportait à la plume la première des deux soirées enregistrées et gravées sur microsillon.

Dans l’intimité

Quelques lignes de guitare qui transpercent le silence. « Non », entend-on à répétition. « Je sais que t’aimes pas ça », poursuit Velours Velours au micro, jouissant d’une écoute attentive du public. Le concert débute, l’album débute : Je t’aime est la première chanson, et ce n’est pas un hasard.

« J’ai joué les chansons [de Seul à la Salle Claude-Léveillée] en ordre chronologique de composition. Je t’aime, j’ai écrit ça quand j’avais 16 ans, nous partage Raphaël Pépin-Tanguay. Puis c’était comme une façon pour moi de replonger dans les tounes d’une façon différente, de regarder en arrière et me réapproprier tout ça pour mieux aller de l’avant, et évoluer, poursuit-il. Et une fois que ça c’est fait, ben là, la page est tournée. Il y a plein de chansons qu’on ne va pas arrêter de jouer en spectacle, c’est sûr, mais il y a un moment où il y en a qui vont sauter de la setlist. Il y a certaines de ces tounes-là, c’est un peu un dernier au revoir. »

S’ensuit Jeux d’enfants, une autre plus vieille chanson de son catalogue, puis des morceaux comme Corde à linge, Parc des compagnons ou Yeah, provenant de son pour l’instant unique album, Quand je pleure, je suis content (2025). Puis lors d’une intervention parlée, Velours Velours annonce que la prochaine chanson, dernière du spectacle, sera une « neuve, neuve ». Pas de titre, elle n’est pas encore terminée et il y a de bonnes chances qu’elle soit complètement « différente la prochaine fois [qu’on l’entendra] ».

Il l’appelle La nouvelle, pour l’instant.

« Ça faisait moins d’un mois que j’avais composé cette chanson-là, je pense, quand je l’ai jouée et qu’on l’a enregistrée, dit l’artiste de 23 ans, originaire de Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie. J’aime ça, l’idée d’avoir gardé une archive de cette chanson-là à ce moment-là, au début de sa composition, de sa première étincelle. De terminer l’album avec ce qui va s’en venir dans le futur, je trouvais que c’était une belle manière de clore ce truc-là de rétrospective. »

Accepter l’imparfait

Après chaque chanson de Seul à la Salle Claude-Léveillée est écrit la même chose. « Take 1. » Ou « Take 2 ». Renvoyant évidemment au premier ou au deuxième concert donné par Velours Velours lors de ce soir frais d’avril (par souvenir, on avait eu un printemps plutôt mauvais). Deux choix pour chaque morceau, qui donnent lieu à des concessions.

« Des fois, il y a des takes où je me plante un petit peu, mais ce n’est pas du vrai plantage! Une petite erreur par-ci par-là, c’est évident que ça va arriver sur un album live. » Aucun overdub pour corriger ces coquilles musicales? « Ah non, rien du tout! C’est vraiment très raw. Il y a des takes où j’ai assumé qu’il y avait une petite erreur dedans, parce que la vibe était plus là, parce que mon interprétation était plus sentie. Ou bien, on entend le public un peu, il y a une petite rumeur. Ça prend de l’ambiance aussi », appuie Velours Velours.

Si tu veux faire un album live, faut que ça se sente, qu’il y ait de la vérité là-dedans. C’est important que le spectacle, puis l’art vivant, ça ne [ressemble] pas à de quoi d’ultra réfléchi en studio.

Seul à la Salle Claude-Léveillée est sorti le 18 septembre, soit le même jour que… la Journée de l’album québécois! Si chère à notre grand manitou, Marc-André Mongrain, puisqu’il en est l’instigateur, avec ses amis et collègues Louis-Philippe Labrèche (Le Canal Auditif) et Nadine Mathurin. Un bel hasard pas forcément calculé, mais Velours Velours s’en réjouit, lui qui est un grand amateur de notre culture d’ici.

* Velours Velours au Petit Campus, en 2023. Photo par Pierre Langlois.

« Mes influences sont surtout québécoises. Mes parents ont toujours été très mélomanes, puis c’était surtout de la musique kéb qu’on écoutait quand j’étais jeune. Autant des 70s, les Harmonium, Beau Dommage, tout ça, que du très récent. Mais j’essaye de découvrir plus d’affaires d’ailleurs, de plus en plus, juste pour un peu sortir de ma bulle, de ma chambre d’écho, de découvrir d’autres choses. Ça reste qu’il y a tellement de choses qui se font ici, c’est tellement pertinent et diversifié, que j’aurais pas besoin tant que ça d’aller chercher ailleurs… », suggère-t-il.

Dans la lignée de sa nouvelle parution live, Velours Velours donnera trois spectacles au Verre Bouteille en mars dans une configuration seul sur scène. Un tour de piste, un au revoir avant de partir bûcher sérieusement dans les prochains mois sur son deuxième album studio, qui paraîtra soit en 2027, si « tout va très vite », soit dans le courant de 2028.

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veloursvelours lanoce 2026 02* Velours Velours à La Noce, en 2026. Photo par Pierre Montminy.

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