crédit photo: Pierre Langlois
Dry Cleaning

Dry Cleaning aux Foufounes Électriques | Florence Shaw a eu froid… et nous aussi!

Nick Buxton, batteur de Dry Cleaning, est le premier à entrer sur scène. Arborant fièrement un t-shirt des Canadiens de Montréal, il lève le poing tout en se dirigeant derrière son instrument et reçoit sans tarder des acclamations de la part du public. Nous sommes samedi, le lendemain d’une défaite crève-cœur à Montréal et la veille d’un petit miracle signé Jakub Dobeš. Ce soir, nous ne nous concentrerons pourtant pas sur le hockey. Place à la musique.

Dry Cleaning est l’un des formations les plus singulières et intéressantes provenant de la scène post-punk anglaise toute récente, aux côtés de groupes comme shame, IDLES, black midi (qui nous manque…) ou encore Black Country, New Road. Ses deux premiers albums (New Long Leg et Stumpword) sont excellents, et son troisième, Secret Love, est… bon, mais un peu moins que les deux premières galettes. Et on a senti que le public n’a pas encore complètement adopté ce troisième projet long signé Dry Cleaning.

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Le quatuor (accompagné d’un excellent musicien additionnel à la guitare acoustique et aux claviers) part le bal sur Sliced by a Fingernail, puis enchaîne sur Blood, tous les deux tirés de la plus récente galette. On sent pourtant le public prendre son envol seulement sur Gary Ashby, chanson du deuxième album de Dry Cleaning, ou encore sur Her Hippo, de New Long Leg. Le problème de ce Secret Love, c’est que, sans être mauvais, loin de là, la formule des deux premiers disques semblent un peu s’effriter : ce qui fonctionnait si bien avec Dry Cleaning, ce qui leur a permis de se faire adopter par les Montréalais en seulement deux passages très rapprochés, c’était ce contraste immense entre la nonchalance de Florence Shaw, la chanteuse-poète du groupe, et la sauvagerie qui animait Lewis Maynard (basse) et Tom Dowse (guitare) à leurs instruments respectifs. Pendant que ça servait riffs secs et headbangs contrôlés sur les deux côtés de la scène, au centre, l’indolence charmante s’impose (tellement que la dernière fois que Dry Cleaning était venu à Montréal, à La Tulipe, Florence Shaw arborait… des pyjamas!).

La loi de Murphy

Connaissez-vous la loi de Murphy (si vous écoutez du Angèle, probablement que oui). Cet adage pas très scientifique qui stipule que tout ce qui peut aller mal va aller mal. Dans les 30 premières minutes du spectacle, la loi de Murphy semble s’être donnée à cœur joie aux Foufounes Électriques. Déjà, un détail immanquable : il fait froid. Très froid. Très, très froid. Tellement qu’après trois chansons, Florence Shaw demande à l’équipe derrière la salle de faire quelque chose. « It’s too cold », hurle un membre du public à côté de moi, confirmant ce que l’on pense tous depuis le début du show. La température sera si dérangeante que Shaw s’emmêlera les pinceaux dans la récitation de ses textes pendant l’interprétation de Strong Feelings, jetant la faute sur « un vent froid qui n’arrête pas de souffler sur elle et qui la déconcentre ». Un membre du public à l’avant prêtera même son manteau à la chanteuse, sauf que, après avoir coupé cette climatisation monstre, il commence maintenant à faire… trop chaud, étouffant! « Il n’y a que les Sith qui traitent dans l’absolu », disait Obi-Wan Kenobi dans La Revanche des Sith. Apparemment, c’est la même chose pour les Foufs : impossible pour eux de trouver un équilibre dans la température de ce soir-là, et c’était franchement dérangeant. Dommage.

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Et la loi de Murphy refait des siennes : sur Anna Calls From the Arctic, la boîte à rythmes part, s’arrête, recommence, s’arrête à nouveau. Confusion totale sur la scène, et ce n’est évidemment pas de la faute du groupe. Dès que la boîte à rythmes est réglée… Lewis Maynard avoue que son retour ne fonctionne plus et qu’il n’entend plus la batterie Nick Buxton. Gros moment de flottement, mais Dry Cleaning nous livrera quand même une très belle version du morceau de Stumpwork, Maynard étant descendu jouer sa partition dans le parterre, entouré du public, car il était apparemment plus confortable en dessous de la scène que sur les planches avec les retours de son.

Dry Cleaning clôture son set avec Let Me Grow and You’ll See the Fruit, puis avec Conversation, tirée de leur premier EP, Sweet Princess, sorti en 2019. On se dit au revoir avec Hit My Head All Day, en rappel.

Dry Cleaning aura joué un peu plus d’1h40, ce qui est une performance plus qu’honorable, car des groupes comme Fontaines D.C. ou Wet Leg, du même milieu, avaient à peine dépassé les 1h15 lors de leurs dernières visites à Montréal. Dur de passer également sous silence ce geste de Tom Dowse que j’ai trouvé très beau et généreux : avant de débuter I Need You, le guitariste de Dry Cleaning a remercié toute son équipe technique, nommant individuellement les prénoms de leur manager, leurs roadies et même la personne qui s’occupait de vendre la merch, à quelques mètres de la scène. On sent un groupe encore très ancré, qui a les pieds sur Terre.

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En somme : un bon show, très agréable par moments, mais on espère que le groupe reviendra vers la hargne de ses deux premières galettes quand il sera de retour à Montréal pour présenter son quatrième opus.

Et maintenant qu’on a terminé de parler de musique… « Go Habs Go »!

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Photos en vrac

Dry Cleaning

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YHWH Nailgun (première partie)

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