Dave à la Place Bell | Une réfléxion sur nous-mêmes
Quatre ans après avoir charmé le MTELUS, Dave est de retour en changeant d’échelle, cette fois à la Place Bell. Ce samedi, le rappeur du « South West London » livre une confession traversée de doutes et de questionnements, à l’image de son troisième album, The Boy Who Played the Harp, dont il défend actuellement la tournée.
Le public a eu droit à un Dave sincère et touchant, qui ne s’est pas retenu sur les remerciements : « Laval, Montreal, Quebec, Canada » (dans cet ordre) ont reçu les louanges à coups de « You’re the best, I love you ». À noter que la veille, le rappeur était au Coca-Cola Coliseum, à Toronto, dont il a explosé le record de ventes de billets pour un concert live, avec 8 000 personnes, selon ce qu’a rapporté la salle sur ses réseaux sociaux.
Comme son proche collaborateur et ami Central Cee, récemment passé lui aussi dans la région, Dave doit composer avec un répertoire largement construit autour de featurings, ce qui peut casser parfois le rythme du concert. Un défi qu’il relève néanmoins haut la main, porté par son aura rassembleuse et une scénographie qui vient constamment soutenir la dynamique du show. En arrière plan, de grands écrans diffusaient des vidéos pour chaque chanson, certaines plus travaillées que d’autres, ce qui a contribué à donner une identité propre à chaque morceau. Pendant les featurings, l’artiste en collaboration apparaissait pour chanter sa partie.
D’ailleurs, la setlist était particulièrement réussie. Dave alterne entre des morceaux introspectifs de son nouvel album, des plus anciens qui l’ont construit, et des pics d’énergie sur Location, Raindance ou encore Meridian, repris en chœur par le public. Le parfait équilibre pour mettre en valeur la palette variée de Dave.
Car au fond, c’est bien là que réside sa force : une maîtrise du rap sans artifice, des punchlines en uppercuts, où presque chaque ligne pourrait servir de caption Instagram, finalement.
Le rappeur ne s’est d’ailleurs pas contenté de nous livrer ses textes, et même s’il n’a pas sorti sa harpe, il a offert plusieurs moments de musique live.
Au piano, il s’intègre pleinement au groupe live, jusqu’à se fondre dans un ensemble porté par batterie, guitare et basse, lors d’un passage entièrement instrumental. Sur Selfish, tiré de son dernier album et en featuring avec James Blake, il surprend même avec un solo de guitare, preuve d’une volonté claire de surpasser le cadre du rap.
C’est d’ailleurs cette hybridation qui donne au concert sa couleur particulière. Entre rap frontal et moments plus organiques, l’ensemble flirte parfois avec une atmosphère semi-acoustique, maintenant une forme d’intimité malgré la froideur inhérente à la salle.
Avant l’arrivée de Dave, la DJ montréalaise Taima a mis l’ambiance avec un set hip-hop énergique et maîtrisé, qui donnait envie de se rendre directement à l’after party au Pandora Supper Club.
Dave s’en va maintenant conquérir le public australien avant de clôturer la tournée de son album.
- Artiste(s)
- Dave
- Ville(s)
- Laval
- Salle(s)
- Place Bell
- Catégorie(s)
- Hip-hop, Rap, Rap/Hip-hop,




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