Osheaga 2026 – Jour 1 | Parcours britannique avec The XX, Wet Leg, Wolf Alice, Blood Orange et plus
La pluie a peut-être menacé les festivaliers par moments pour cette première journée d’Osheaga, mais c’est surtout un vent venu de l’autre côté de l’Atlantique qui a soufflé sur le parc Jean-Drapeau pour lancer l’édition 2026 du festival. De la pop atmosphérique de The xx au post-punk mordant de Wet Leg, en passant par le rock flamboyant de Wolf Alice, les explorations soul de Blood Orange et l’énergie brute de Wunderhorse, les artistes britanniques ont largement dicté le ton de cette première journée de festival.
[plusieurs photos à venir sous peu… consultez cet article à nouveau dans quelques heures]
Le collègue Sami Rixhon vous parlera amplement du show très attendu de Geese sur la Scène de la vallée en toute fin de soirée, pendant que les Américains de Twenty-One Pilots assuraient la tête d’affiche sur la scène principale de l’autre côté du site.
Mais pour le restant de la journée et du début de soirée, les adeptes des diverses scènes musicales britanniques étaient servis. Sans voler toute la vedette aux autres noms de la programmation, ils ont néanmoins offert une véritable démonstration de la richesse de la scène musicale du Royaume-Uni, chacun dans un registre bien à lui. Une ouverture de festival où l’élégance, les guitares et les émotions ont souvent pris le dessus sur les artifices.
The xx : le grand retour tant attendu
Il fallait remonter plusieurs années en arrière pour retrouver The xx sur une scène montréalaise. Neuf ans pour être précis. Le hasard veut que ce soit justement au Parc Jean-Drapeau que ça avait eu lieu, mais pas dans le cadre d’Osheaga! C’était un spectacle mémorable, mais on redoutait ce qui allait arriver : une pause du projet principal pour que ses membres puissent explorer chacun leur filon individuel.
L’attente était immense, et le trio n’a jamais semblé vouloir la satisfaire par des effets de manche. Fidèle à son esthétique minimaliste, le groupe a plutôt choisi la retenue, laissant ses chansons parler d’elles-mêmes.
Dès les premières notes, le silence qui s’est installé devant la Scène de la montagne témoignait de l’attention presque religieuse du public. Les lignes de guitare cristallines de Romy Madley Croft, les interventions précises d’Oliver Sim et les textures électroniques de Jamie xx se sont imbriquées avec une précision chirurgicale, créant cette atmosphère hypnotique qui a fait la réputation du groupe.
Les grands classiques se sont succédé avec naturel, suscitant de fortes réactions d’une foule qui connaissait manifestement chaque parole. Sans chercher à transformer son spectacle en immense fête collective, The xx a plutôt créé un moment d’intimité étonnant pour un aussi grand rassemblement. L’espace d’un peu plus d’une heure, Osheaga s’est transformé en gigantesque salle de spectacle où chaque nuance semblait trouver son écho.
Visuellement sobre mais impeccablement maîtrisé – avec une structure de lumières en forme de X qui descendait parfois à l’horizontale pour créer des zones de lumières fort intéressantes – le spectacle rappelait que l’une des plus grandes forces de The xx réside dans sa capacité à faire énormément avec très peu. Peu de mots, peu de mouvements, mais une intensité constante.
Un segment vers les deux tiers du spectacle a permis de constater à quel point les projets solo de chacun leur avait permis de s’émanciper et de faire des trois entités des personnalités plus fortes et assumées. Loud Places du projet solo Jamie xx a lancé le bal, avant qu’une Romy tout sourire et dansante vienne enchaîner avec la symbolique Enjoy Your Life, suivie de Wanna de Jamie xx, et finalement du titre GMT, d’Oliver Sim, interprétée à même la foule. Une enfilade idéale pour mettre la table en vue de la finale : On Hold, I Dare You et Intro coup sur coup.
La preuve est faite : The xx a très bien vieilli, comme un bon vin!
Wolf Alice confirme son statut
Si The xx incarnait la retenue, Wolf Alice représentait son parfait contrepoids. Le groupe londonien a offert une performance électrique, naviguant avec aisance entre les passages délicats et les explosions sonores qui font sa réputation.
Ellie Rowsell s’est imposée comme une véritable force de la nature, alternant les moments de vulnérabilité et les montées de puissance avec une aisance désarmante. Derrière elle, le groupe faisait preuve d’une cohésion exemplaire, passant du rock alternatif au shoegaze puis à des envolées presque grunge sans jamais perdre le fil.
Le public a répondu avec enthousiasme, particulièrement lors des morceaux les plus incisifs où les premiers rangs se sont transformés en immense vague de corps en mouvement. On a d’ailleurs particulièrement apprécié l’enchaînement de l’explosive Play the Greatest Hits et de sa consoeur bruyante Bros. Quelques chansons plus posées, en cours de route, ont un peu ralenti la cadence, mais rien de bien grave.
* Photo par Yagub Allahverdiyev.
Wet Leg prouve que le phénomène est bien réel
Il y a quelques années encore, Wet Leg était considéré comme le nouveau groupe à surveiller. On se rappelle de les avoir vues à Osheaga, justement, en 2022. Aujourd’hui, le duo n’a plus rien à prouver.
Avec son humour pince-sans-rire, son sens du refrain contagieux et son attitude volontairement détachée, le groupe a rapidement conquis les festivaliers. Les chansons, toujours aussi efficaces, ont trouvé un écho immédiat auprès d’une foule qui chantait presque aussi fort que les musiciennes.
Entre deux échanges complices, Wet Leg a livré un concert qui misait moins sur les prouesses techniques que sur une personnalité débordante. Pour ceux et celles qui n’ont pas trop suivi, Rhian Teasdale est devenue une véritable bête de scène, alternant entre exploitation de sa féminité et démonstration de férocité, tout en n’oubliant jamais d’équilibrer cette étrange tension avec un sens du party manifeste.
* Photo par Yagub Allahverdiyev.
Loin d’être une simple curiosité indie, Wet Leg est désormais vraiment à considérer comme un groupe pleinement installé, capable de porter une scène entière grâce à son charisme collectif et le charme de son répertoire de chansons marquantes comme Mangetout, Chaise Longue, Catch These Fists, ou encore CPR.
Blood Orange mise sur les nuances
À l’opposé de cette énergie frontale, Blood Orange proposait une expérience beaucoup plus contemplative.
Dev Hynes a construit un spectacle où les arrangements sophistiqués occupaient une place aussi importante que les chansons elles-mêmes. Les influences R&B, soul, funk, électronique et pop alternative se croisaient constamment, créant une ambiance enveloppante qui invitait davantage à se laisser porter qu’à exploser d’énergie.
On a particulièrement apprécié sa réinterprétation d’All Is Full of Love de Björk, et sa grande polyvalence au niveau des instruments interprétés, ce qui donnait lieu à une palette de textures sonores variée.
Wunderhorse continue son ascension
Plus tôt dans la journée, Wunderhorse démontrait pourquoi son nom revient de plus en plus souvent lorsqu’il est question de la nouvelle génération du rock britannique.
Le groupe n’a pas besoin d’effets visuels imposants pour retenir l’attention. Son approche directe, portée par des guitares abrasives, des mélodies solides et une intensité constante, a rapidement trouvé son public.
Les influences du rock alternatif des années 1990 se faisaient sentir, sans jamais tomber dans la simple nostalgie. Même si on admet qu’on pouvait parfois superposer des chansons de Bush sur les musiques de Wunderhorse, et que ça fittait étrangement bien… Il n’en demeure pas moins que le groupe possède déjà une identité bien à lui, et plusieurs chansons marquantes, capables de séduire autant les amateurs de rock classique que les adeptes des nouvelles formations indépendantes.
Ce sera fort différent pour la deuxième journée, avec la Canadienne Tate McRae en tête d’affiche, un enchaînement post-punk fort intéressant avec Viagra Boys, Franz Ferdinand et Turnstile coup sur coup, ainsi que la présence des artistes d’ici Wolf Parade et… visiblement, Angine de poitrine, comme on l’avait suggéré!
Photos en vrac
(plusieurs autres à venir sous peu)
The xx
Wet Leg
Wolf Alice
- Artiste(s)
- Blood Orange, Osheaga (festival), The xx, Wet Leg, Wolf Alice, Wunderhorse
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Parc Jean-Drapeau
Événements à venir
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samedi
Jour 2 | Tate Mcrae, SOMBR, Turnstile, Franz Ferdinand, Little Simz, Viagra Boys
Lieu : Parc Jean Drapeau -
samedi
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dimanche
Jour 3 | Lorde, Gunna, Major Lazer, Clipse, Subtronics
Lieu : Parc Jean Drapeau -
dimanche
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mercredi
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jeudi
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mardi


























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