crédit photo: Sylvie-Ann Paré
V!TAL (Ismaël Mouaraki)

V!TAL à l’Agora de la danse | Le corps, la transe, la joie

Dans la signature chorégraphique d’Ismaël Mouaraki est ancrée l’exploration de la condition humaine. Il récidive avec son nouveau spectacle V!TAL, que présentera l’Agora de la Danse du 23 au 26 septembre prochain. Le spectacle porte sur la joie comme force de transformation sociale et sur « l’urgence de vivre sa vie pleinement à travers son corps ».

L’idée de V!TAL est venue à Ismaël de ses réflexions sur les répercussions de la pandémie de la COVID-19 et des conflits géopolitiques mondiaux. « On broie tous pratiquement du noir au niveau mondial. J’avais envie de remettre en avant la joie [à travers la danse] », explique celui qui a été récipiendaire du prix de la meilleure œuvre chorégraphique aux Prix de la Danse de Montréal en 2023.

Mais cela n’était que le point de départ. Entre-temps, Ismaël a vécu le décès de proches. « Partant de là, je me suis dit que ce n’était même plus qu’une histoire de joie, que c’était une histoire d’urgence de vivre, explique le chorégraphe. C’est comme [quand] on est malade. On sait que le temps est compté, on ne pense plus du tout de la même façon. »

vital agora

Le dépassement physique comme moteur créatif

Six danseurs aux spécialités variées – contemporain, breaking, hip-hop et krump « dénaturé » – foulent la scène: Yassine Khyar, Etienne Léonard-Benoit, Erismel Mejias, Laura Perron, Marie-Maxime Ross et Zack Van Gils. Comment les a-t-il choisis ? « Ce sont des gens qui profitent du moment présent pour se laisser guider et stimuler par ce qui les habite à travers la musique », répond Ismaël.

D’origine marocaine, Ismaël s’inspire des danses spirituelles traditionnelles de son pays d’origine, induisant des « transes ». Il prend en exemple la section de V!TAL appelée « meute humaine », où les danseurs s’unissent dans une seule gestuelle. « Ce n’est alors pas l’esthétique d’être parfaitement [synchronisés] qui ressort. C’est la capacité à aller ensemble, à travers la même gestuelle, dans des états de surpassement physique maximal, qui les amènent dans des états de transcendance [et] de lâcher prise ».

vital cr sylvie ann pare 1024x576 01* Photo par Sylvie-Ann Paré.

Rock et groove au rendez-vous

Deux musiciens sculptent l’énergie du plateau : Olivier Landry-Gagnon pour le synthé, la voix, la guitare et la basse ainsi qu’Olivier Cousineau à la batterie. Une musique à tendance « très rock » et remplie de « groove » attend le public, promet Ismaël.

La musique est un élément important parce qu’elle [déclenche] cette joie de vivre aussi, cette urgence de vivre à travers elle, s’exclame Ismaël. Le batteur, Olivier, quand il joue avec un danseur sur scène, il est limite dans une folie de vivre, tellement il se lâche derrière son instrument.

Bien que la pièce lui évoque son vécu « personnel », il pense que le public pourra se reconnaître aussi ce thème d’urgence de vivre, de « joie comme acte de résistance. Ça reste universel […] On vit, puis on va tous vers une forme de finitude », conclut Ismaël.

V!TAL sera également présenté à la Salle Edwin-Bélanger de Montmagny le 22 novembre et à la Salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec le 1er décembre 2026.

Détails et billets pour les 4 représentations à l’Agora de la danse par ici.


* Cet article a été produit en collaboration avec L’Agora de la danse.

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