Soirée historique au match des Étoiles de la LNI | L’immense Réal Bossé intronisé au Temple de la Renommée
Lundi, au MTelus, avait lieu la traditionnelle présentation du Match des Étoiles, opposant les Bleus aux Rouges. Malgré un match fort amusant du début à la fin, ce qui a principalement retenu l’attention était le couronnement de la carrière de Réal Bossé au sein de la Ligue Nationale d’Improvisation (1995-2023). La dernière consécration dans ce « sanctuaire » réunissant les plus grands, comme le disait si bien Anaïs Favron, datait de 2017. L’attente en valait la peine !
L’HOMMAGE À CE DIEU DE L’IMPRO
Le public a d’abord eu le bonheur de visionner un court montage d’extraits vidéo, rappelant ses passages sur la patinoire à travers les années, suivis d’un bilan de son formidable parcours à la LNI, dès son année recrue.
Pour la suite, on avait confié son introduction au Panthéon de la LNI à trois femmes qui le connaissent très bien : Sophie Caron, Sylvie Moreau et Salomé Corbo, la mère de leur garçon Léo. À tour de rôle, le sympathique trio a non seulement souligné avec humour ses innombrables prouesses professionnelles et anecdotes légendaires, mais il a aussi exprimé avec émotion toute la place que le géant, originaire de Rivière Bleue (Bas St-Laurent), occupe dans leurs cœurs. Il a vanté ses nombreuses qualités humaines, en soulignant aussi son respect et sa confiance dédiés à l’intelligence du public dans la création.
Pour conclure la célébration, François-Étienne Paré s’était réservé le plaisir d’immortaliser ce moment, en lui remettant un blouson officiel du Temple de la Renommée de la LNI. En le déposant sur ses épaules, le comédien de 63 ans avait fière allure : on a d’ailleurs remarqué qu’il semblait être en très grande forme physique. Respect pour tout l’héritage que vous laissez derrière vous, M. Bossé !
L’ALIGNEMENT DU MATCH
L’humoriste et excellente improvisatrice Anaïs Favron assurait l’animation de la 34e édition de cette classique. Elle a souligné la présence « des meilleurs parmi les meilleurs » et les deux périodes de jeu lui donneront raison. Avant le son de la sirène, les organisateurs avaient pris soin de réserver un moment à la mémoire de l’un des leurs, Benoît Rousseau, disparu en avril dernier à l’âge de 66 ans. L’arbitre rigoureux et souvent controversé Yvan Ponton jouait encore une fois le rôle de gardien des mots et du jeu, avec tout le dévouement qu’on lui connaît. L’hymne de la LNI, La feuille d’érable, a été joué et interprété avec énergie par la talentueuse Andy St-Louis.
L’équipe des Bleus, sous la gouverne de Christian Brisson-Dargis (un record de huit présences au Match des Étoiles), était formée de Fabiola Nyrva Aladin, Ève Landry, Lelouis Courchesne et Guy Jodoin, qui portait sa magnifique barbe, toute blanche.
Du côté des Rouges, on retrouvait Marie Ève Morency, Joelle Paré-Beaulieu, l’expérimenté Frédéric Barbusci et Pier-Luc Funk, qui en est à son dernier tour de piste cette année à la LNI. Les paris sont déjà ouverts pour la date de son retour. Ce type est réellement trop naturel et talentueux en impro pour demeurer loin de cette patinoire pendant trop longtemps. Il concentre actuellement ses énergies en préparation de son premier stand-up solo, prévu en début 2027. Ajoutons qu’il s’agissait de la toute première présence de Vincent Bolduc à la barre d’une équipe, dans le cadre de cette confrontation amicale annuelle.
THÈMES DU MATCH ET MOMENTS FORTS
C’est un réel défi de cerner les meilleurs moments de ces deux périodes, car ils étaient si nombreux. La complicité de Guy Jodoin, Frédéric Barbusci et Pier-Luc Funk, dès la première improvisation, a donné le tempo aux 12 suivantes. La performance vocale de Fabiola, envoyée sur la patinoire sur le thème chanté C’est la vie, Baby, nous a tous jetés en bas de notre chaise. C’est pour quand, la sortie d’un album ?
Et que dire des imitations d’animaux de Pier-Luc Funk et de son jeu physique si instinctif, tout au long du match. La clé du coffre, une improvisation mixte, catégorie libre, a sollicité la collaboration de deux membres de chacune des équipes ; principalement Morency et Jodoin, qui ont donné une direction surprenante au scénario, malgré la pénalité de Jodoin pour « Confusion », bien méritée, disons-le.
Après l’entracte, alors que les Bleus menaient 4-3, Fabiola et Pier-Luc se sont retrouvés autour d’une piscine municipale, et c’était hilarant. Une médaille d’or décernée aux éclairagistes pour leur contribution essentielle à ce numéro.
La neuvième improvisation, Sur une autre planète, une comparée de cinq minutes, a provoquée des rires fréquents, et on a même assisté à un moment d’anthologie : la performance de l’équipe entière des Rouges, qui gravitaient tous autour du cerveau de « Steve » (joué par Pier-Luc) et ses difficultés scolaires, a été si exceptionnelle, qu’elle a quand même réussi à l’emporter sur le nouvel équipage du Romano Fafard.
L’improvisation des Bleus a été guidée par le Capitaine Patenaude, soudainement rejoint par Flavien (Claude Legault), Brad (Stéphane Crête), Valence (Sylvie Moreau) et Serge 1,2,3 (Réal Bossé), sous un tonnerre d’applaudissements. Bref, les Rouges ont été très forts sur celle-là !
LE SCORE FINAL ET LES TROIS ÉTOILES
Les Rouges ont gagné le match sur un score de 8-6… Est-ce si important ? Alors que Joelle, omniprésente sur la patinoire lors de ce match, s’emparait du titre de L’Étoile Antidote, soulignant sa bonne utilisation de la langue, son coéquipier Pier-Luc Funk se méritait l’Étoile du match. Il était accompagné au tableau de Fabiola et Ève. Cette dernière nous a d’ailleurs beaucoup touchés par son humilité et son désir de contribuer aux improvisations en s’assurant constamment d’accorder « une place à l’autre ». Ce qui ne l’a pas empêchée de briller tout au long de ce match.
La grande finale de la Coupe Charade 2026 aura lieu lundi prochain au MTelus. Détails et billets par ici.




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