The Human Rights et Okapi au Ministère | Moments reggae de qualité
Toute la magie des jams reggae et du sound system réside dans la création de liens et le rapprochement humain. Hier, au Ministère, c’est exactement ce qui réunissait la formation d’ici Okapi et le supergroupe torontois The Human Rights. Aucun artifice, juste du bon reggae qui donne le sourire et revigore de nos semaines folles de dur labeur, pour ceux et celles qui préféraient se nourrir de vibes positives plutôt que de poireauter devant un match des séries.
Okapi a lancé les premiers assauts grooves avec sa formule sympathico-humoristique bien dub. Leur #Reggaekeb de Qualité. Ils ne font rien comme les autres, et le rappellent avec espièglerie : « nous, on fait du reggae par passion », lance le désinvolte Morzion. Leur premier hit K.LI.T et Hot Sauce Piquante ont allumé les sens du premier segment du spectacle, qui a aussi pris des tournures de party de famille des Fêtes avec leur dernier titre inspiré de la tradition dinde et atoca que les gars n’avaient joué qu’au Réveillon passé. Et la cerise sur le sundae : deux reprises reggae originales du répertoire de Marjo (Illégal) et de Gerry Boulet (Toujours vivant). Franchement bien ficelé, du bonheur dans les oreilles.
Il est toujours un peu dommage que les soirées reggae dub de Montréal se passent la plupart du temps dans des salles si étroites. Lorsque les membres du groupe The Human Rights sont montés sur scène, eux qui ont essaimé des festivals à grand volume d’assistance, cette impression se ressentait. Mais cela n’a en rien empêché cette force de frappe existant depuis 2007 de se donner entièrement et de nous combler. L’arsenal est lourd : duo de saxophones, claviériste, bassiste, batteur, guitariste. Et deux chanteurs en première ligne, aussi charismatiques qu’amicaux : Friendlyness et Tréson.
Tiré de leur album Reggae Strong sorti en 2021, Workin a été introduite comme un hymne au courage de se lever chaque matin pour travailler dur et être digne, tout en sachant se détendre par le reggae. Mention spéciale à un pilier roots disparu en janvier dernier, Sly Dunbar, du duo jamaïcain Sly et Robbie avec une reprise puissamment solennelle de leur classique Revolution, bombe de l’album Club Play – Taxi High Power de 1986. De tout évidence : The Human Rights ont le cœur à la bonne place et une connaissance des pères fondateurs des racines reggae, eux qui ont assuré la première partie de Gregory Isaacs, Beres Hammond et The Wailers.
Le plus naturellement du monde, les Okapi ont rejoint leurs frères de combat dans un joyeux mélange d’humour et de décomplexion. On aurait dit des gamins tellement la jeunesse leur va bien, et c’est ce que l’on gardera d’une soirée sans distinction de culture ni de langue. L’expression du One Love encore possible grâce à la souche reggae universelle qui ne se rompra jamais.
- Artiste(s)
- Okapi, The Human Rights
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Le Ministère
- Catégorie(s)
- Reggae,
Vos commentaires