crédit photo: Pierre Langlois
Tatsuya Nakatani

Tatsuya Nakatani à La Toscadura | Sculpteur de son incomparable

Pour ceux et celles qui l’ignorent, la scène de la musique expérimentale à Montréal est l’une des plus riches et singulières en Amérique du Nord. Elle se distingue par un mélange d’espaces alternatifs, d’esthétiques hybrides et d’une culture profondément DIY. Montréal n’est pas seulement une ville de festivals : c’est un écosystème où l’expérimentation sonore se vit au quotidien, dans des sous-sols, des lofts, des petites salles et des lieux multidisciplinaires. Arts in the margin nous présentait une de ces soirées à La Toscadura. Retour sur cette soirée très réussie.

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Cosmic Diver

Lina Choi et Robin-Dimitrije Gosselin-Monasevic ne sont pas seulement des musiciens au sens traditionnel : ils évoluent plutôt dans le champ de l’art sonore, de la performance audiovisuelle et de l’installation. Ensemble, ils forment Cosmic Diver qui se distingue par une approche immersive et conceptuelle.

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Ils se sont exécutés sous une lumière tamisée et devant de vieux téléviseurs sur lesquels on pouvait voir des vidéos abstraites synchronisées avec les textures audios. Pendant une trentaine de minutes, nous avons eu droit à une improvisation intégrant des bruits transformés et d’autres plus concrets comme de l’eau versée dans un récipient. La gestuelle lente, répétitive et méthodique nous guidait vers une transe calme.

IARA108

La découverte est toujours intéressante et c’est ce que nous a présenté Arts in the margin en seconde partie. IARA108, nouveau trio expérimental montréalais, réunissant trois artistes issus de la scène avant-gardiste et improvisée, en était à sa première performance devant public et ce que l’on a entendu est une musique centrée sur l’exploration sonore, l’improvisation et les textures musicales atypiques.

Le trio est composé de Shota Nakamura (guitare & chant), Markus Floats (basse) et Kyle Hutchins (batterie). A suivre.

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Tatsuya Nakatani

C’est quand même particulier d’avoir le privilège d’entendre et de voir un artiste comme Tatsuya Nakatani performer dans une aussi petite salle que la Toscadura. Le musicien est l’une des figures majeures de la percussion expérimentale contemporaine, il est reconnu pour son approche radicalement personnelle du son, du rythme et de l’improvisation.

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Oui, entendre et voir car c’est impressionnant comment sa performance est physique et incarnée. Nakatani lui-même insiste sur le fait que les vibrations massives des gongs sont ressenties dans le corps, et que les enregistrements ne peuvent pas restituer cette dimension. Après avoir assisté à son concert, difficile de contester cette déclaration.

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C’est en solo qu’il s’exécutait, donc il était entouré d’un large gong, de Kobo Bows (archets qu’il sculpte lui-même et qui produisent des textures impossibles à obtenir avec des archets traditionnels) et de divers objets percussifs incluant des cymbales, tambours et bols chantants.

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Sa performance pourrait être qualifiée de dramaturgie sonore. D’abord un début lent sur le gong avec une attention extrême à la résonance, on passe du murmure au grondement puis, une montée dramatique menant vers des explosions imprévisibles. Le musicien nous sert une expérience sensorielle qui, selon un spectateur à la fin de la soirée, « aurait pu être appréciée par des gens n’ayant aucun intérêt pour la musique improvisée ».

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