crédit photo: François Morisset
Polo & Pan

Polo & Pan à L’Agora de Québec | Entre deux averses, les bonnes ondes

Bien que l’orage a été menaçant toute la soirée à l’Agora du Port de Québec, le public a pu danser avec le duo français électro Polo & Pan ce jeudi. Si l’on s’attendait peut-être à entendre majoritairement les succès de la formation, elle a plutôt misé sur un DJ set pour cette tournée « Americas 2026 ». N’en déplaise à certains, le party a tout de même pogné!

Polo & Pan est synonyme de rythmes festifs et tropicaux qui appellent l’été. Les populaires Canopée, Ani Kuni, Arc-en-ciel, Nana et Dorothy les ont révélés au monde entier pour cette raison. Les associer à la programmation de la SuperFrancoFête alors que leurs textes sont multilingues? Pourquoi pas! L’organisation se justifie en disant, par voie de communiqué : « Le spectacle de Polo & Pan s’inscrit ainsi dans une vision de la francophonie vivante, moderne et ouverte sur le monde, tout en proposant au public québécois une expérience musicale festive et rassembleuse. »

Après tout, leur chanson la plus écoutée sur les plateformes de streaming est Canopée, une pièce 100% en français. Rien que sur Spotify, c’est plus de 166 millions d’écoutes, à l’heure où nous écrivons ces lignes. C’est aussi cette fameuse French touch qui les fait tourner à travers la planète. Cet Americas 2026 parcourt les quatre coins des États-Unis et le Canada (seulement deux dates à Toronto et Québec) d’août à octobre 2026.

Le party à l’Agora

Le public de la Capitale-Nationale a dû être patient pour ce retour! Sept ans après son passage à l’Impérial Bell, Polo & Pan avait fait danser la foule lors de ce Caravelle World Tour avec un spectacle entièrement consacré à cet album.

Ce jeudi à l’Agora, c’était un tout autre contexte : d’abord, le cadre. L’Agora du Port de Québec est certainement l’une des plus belles scènes en plein air et en ville, ayant comme toile de fond le Château Frontenac et ce soir-là, une lune gibbeuse resplendissante. Certes, il y avait de la place en masse pour accueillir encore plus de spectateurs dans les gradins (rappelons que la capacité peut aller jusqu’à 5 000 personnes). Mais qui veut rester assis pour un spectacle électro dansant?

polopan photo* Photo par François Morisset.

Paul Armand-Delille et Alexandre Grynszpan s’installent aux platines et donnent le ton de la soirée avec des rythmes brésiliens étonnamment festifs quand on sait de quoi parle la chanson remixée : Mortal Loucoura, initialement interprétée par Jose Miguel Wisnik. Le texte traite de la vanité de l’existence et de la mort… et pourtant, on danse allègrement dessus. C’est ça la magie Polo & Pan : dénicher des pépites dans le répertoire musical international et leur donner une couleur tropicale pour ambiancer les spectateurs du monde entier.

On sentait que le public avait envie de danser, quel que soit l’âge… et la météo. La formation ne s’est d’ailleurs pas empêchée de faire un clin d’oeil taquin à la menace de la soirée (la pluie) avec un remix du classique Singin’ In The Rain, encore plus dansant que l’originale. On remarque aussi l’affection particulière du duo pour certains classiques de Disney : Le livre de la jungle (Être un homme comme vous, Aie confiance) ou encore La danse des balais de Fantasia, qui entraîne la foule dans une transe à la sauce Polo & Pan. Ça surprend, mais les spectateurs continuent de s’agiter sans gêne.

Sympathique hommage aussi à Sexy Boy, grand succès de Air, autre duo français popularisé dans les années 90. Cette pièce sortie en 1998 ne prend pas une ride et est toujours aussi enivrante.

« Merci pour votre énergie sous la pluie. À chaque fois qu’on vient ici, on passe une soirée exceptionnelle! », clame l’un des artistes lors d’une de ses quelques interventions. Il faut dire que l’enveloppe visuelle autant des éclairages que des projections inspirées des années 1970 ou autres images colorées d’enfance participe allègrement à la fête. Elles sont tout aussi hypnotiques que certains sons de la soirée.

polo pan photo02* Photo par François Morisset.

Plus de Polo & Pan, svp

La déception? Avoir « attendu » 35 minutes avant que Polo & Pan joue une chanson de son répertoire avec Arc-en-ciel pour un total de six pièces sur toute la soirée (Mexicali, Ani Kuni, Dorothy, une inédite « qui sort du four » et Canopée).  Pourtant, l’ambiance a encore plus levé à chaque fois qu’ils ont joué leurs pièces!

La question qui demeure : s’attendait-on à un DJ set ou à l’oeuvre de Polo & Pan comme lors de leur spectacle au Parc Jean-Drapeau à Montréal en 2025? Rien, dans les communications, n’indiquait que ça serait la première formule qui était retenue.

Dommage pour le si bel album 22:22, paru en 2025, qui aurait pourtant mérité de raisonner fort, lui aussi, à l’Agora. Même si le public ne semble pas être resté sur sa faim, il aurait gagné à savourer cet opus. 22:22 joue dans la continuité de Caravelle (2017), avec ses vers d’oreille tantôt dansants, tantôt langoureux, et ses mariages culturels toujours aussi réussis.

La piste de danse ne s’est pas essoufflée pour autant et dès le spectacle terminé, les averses ont fait leur retour! Un timing parfait.

 

Une première partie qui groove avec Midnight Generation

La belle surprise de la soirée, c’est le groupe mexicain Midnight Generation. Dans la lignée de Daft Punk ou de Chromeo, les cinq musiciens, vêtus de leur tenue de scène sportive et jouant d’une multitude d’instruments, à la fois percussifs et électroniques, ont offert la première partie rêvée.

Dansante (évidemment), allègre, jouissive dans la tradition du funk et du groove, la formation a tout compris pour réchauffer la foule. On s’étonne presque de les voir rester plutôt statiques (sauf le batteur et son cardio) face à des mélodies aussi entraînantes.

On en redemande et on espère bien les revoir, cette fois, en tête d’affiche à Québec.

midnight generation agora qc 2026* Photo par François Morisset.

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