crédit photo: Cassandra Lacroix
M83

M83 au MTELUS | Tout simplement magistral !

De passage au MTELUS vendredi, M83 a présenté son neuvième album Fantasy en plus de jouer leurs plus grandes chansons. Dans une ambiance électronique menée par le synthétiseur, le groupe a transporté la salle dans des horizons lointains qui nous ont donné des frissons de béatitude.

C’est vers 21h que de grands éclairages turquoise et vert surplombent la scène du MTELUS. Dans l’ombre, on voit s’avancer des silhouettes sur le rythme de Water Deep, chanson tirée du nouvel album Fantasy. Le co-fondateur du groupe, Anthony Gonzales s’avance vers le micro. Il est accompagné de Kaela Sinclair aux chœurs et aux claviers, de Joe Berry au piano, synthétiseur, et saxophone, de Théophile Antolinos à la guitare, de Clément Libes à la basse et au violon et enfin de Julien Aoufi à la batterie.

Autant de voyages que de musiques

Lorsque la mise en place est terminée et que le public s’est calmé, Oceans Niagara retentit. M83 met les bouchées doubles et vous en met plein les oreilles. C’est autant un concert musical et sonore qu’une représentation artistique avec des jeux de lumière à n’en plus finir. Tout le groupe est déchaîné, surtout le batteur qui semble possédé dès le début.

« Bonsoir Montréal ! Ça fait du bien de parler français», déclare Anthony Gonzales qui ajoute être très excité de jouer au MTELUS ce soir. « Passons une bonne soirée ensemble », finit-il par conclure avant de jouer Amnesia sous des lumières rose orange bleu. La musique est aussi mystérieuse et hypnotisante qu’une galaxie.

M83 possède cette force de faire voyager son public dans toutes sortes d’endroits et de sentiments possibles. Qu’on soit triste, joyeux ou encore perdu, on peut choisir un sens personnel à cette musique qui nous laisse tout de même dans un sentiment de plénitude général.

Lors de la chanson Earth to Sea, nous voilà dans la mer avec du bleu et du vert qui nous envoient tout droit dans les abysses profonds de l’océan. Le public en profite pour frapper dans ses mains au rythme de la chanson, un moment plaisant à voir.

C’est avec Run Into Flowers, chanson issue de leur deuxième album Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts (2003) qu’on voit surtout la forte complicité des membres. Ils bougent ensemble et s’éclatent tout autant que le public.

On pourrait être sceptique en se disant que les chansons de M83 n’ont peu (voire pas) de paroles et qu’il peut être compliqué de semer une ambiance dans le public. Personnellement, je vous assure que ce soir, ça n’était pas un obstacle. Le groupe formé en 2001 nous émerveille encore avec ses musiques authentiques après tant d’années.

Même quand il n’y avait pas de paroles, il y avait toujours des cris, de la danse, des bras et des têtes qui se balançaient sur des rythmes endiablés de synth-pop.

Une de mes parties préférées reste sans doute Don’t Save Us From the Flames. Beaucoup de petites lumières clignotent dans le fond de la scène et illustrent des étoiles dans le ciel. Le MTELUS entier se met à vibrer et à frapper ses mains et lorsque la chanson se termine, la salle hurle de toute ses forces.

Noise, qui avant cette tournée n’avait pas été jouée en concert depuis 2005, assaille nos oreilles par le bruit. Anthony Gonzales termine à genoux devant le public et se déchaîne sur sa guitare. Le public adore et crie de nouveau, je n’ai jamais vu une salle aussi bruyante!

Ne jamais oublier les classiques

Le groupe a également joué (sans surprise) leurs plus grands classiques comme Wait qui vient de leur album à succès Hurry Up, We’re Dreaming (2011). La chanson est forte émotionnellement et c’est la seule à nous rendre un peu triste et sensible. Il y a eu également Solitude, une de leurs plus belles chansons où l’on a pu découvrir la voix douce de la claviériste Kaela Sinclair. Le violon de Clément Libes fait aussi son apparition pour accompagner la chanson, c’était magique.

My Tears Are Becoming a Sea a également été jouée. Puissante, elle commence sous un tonnerre d’applaudissements et conclut partiellement la soirée. Anthony Gonzales remercie la salle puis sort de la scène. La foule se met à crier et chanter « olé olé olé » et tout le monde revient sur scène pour les rappels.

Midgnight City, une de leurs plus grandes chansons, est interprétée. La salle saute alors qu’un saxophoniste arrive sur scène. Le leader s’assoie en face de la foule puis descend pour aller les saluer. Mirror ajoute encore plus d’énergie surtout lorsque Anthony Gonzales hurle « Montréal » à pleins poumons et à plusieurs reprises.

Enfin, le clou du spectacle ne s’invente pas : Outro pour terminer en beauté. Lors du « Now and forever, i’m your king», le public lève avec le co-fondateur le poing en l’air. Dans un pur moment magique, c’est Kaela Sinclair qui vient achever le spectacle en s’asseyant au piano et en terminant les dernières notes en decrescendo jusqu’à l’arrêt total de musique dans un MTELUS plongé dans le noir sous d’énièmes cris de la foule.

M83 illustre à nouveau parfaitement son nom inspiré de la galaxie spirale du même nom. Durant tout le concert, le groupe au travers de ses différents albums nous a envoyés vers un voyage infini dans un espace sonore et musical fantastique.

 

Grille des titres

Water Deep
Oceans Niagara
Amnesia
Earth to Sea
Us and the Rest
Run Into Flowers
Gone
Fantasy
Laura
Don’t Save Us From the Flames
Noise
Wait
Solitude
Sunny Boy
Sunny Boy Part 2
Dismemberment Bureau
Teen Angst
*
We Own the Sky
My Tears Are Becoming a Sea

Rappels:

Midnight City
Mirror
Outro

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