Lucki

LUCKI au MTelus | Une très brève visite…

Après son passage à Toronto, le rappeur Lucki poursuivait sa courte tournée canadienne, cette fois-ci dans un MTelus rempli à sa pleine capacité. Le concert de Lucki à Montréal aura été très bref et très ordinaire malgré une bonne performance rap en tant que telle. Sa prestance et son assurance sur scène n’étaient pas au rendez-vous, et l’on a l’impression, en sortant de la salle, que les meilleurs moments de la soirée se retrouvaient dans le DJ set précédant sa performance.

Une heure avant l’arrivée de Lucki, les amateurs fidèles ont pu profiter d’un DJ set très divertissant. L’homme derrière les platines a débuté avec Rock N Roll de Ken Carson, sur laquelle les fans ont fait trembler le plancher. Il a ensuite poursuivi avec les morceaux inédits de Playboi Carti (H00DBYAIR et BACKR00MS), qui sont encore meilleurs avec de vrais haut-parleurs. C’est fou de constater l’effet de ces pièces sur le public qui ne sont disponibles que sur YouTube pour l’instant. Le set s’est terminé 50 minutes plus tard, sous l’acclamation des fanatiques de cloud rap et de « OPIUM MUSIC ».

 

LUCKI et le cloud rap

Lucki a commencé sa carrière dès l’âge de 16 ans avec une première pièce intitulée Untouchable Lucki, sortie en 2013, en même temps que le début de l’ère du « SoundCloud rap ». Lucki Camel Jr., de son vrai nom, est l’un des premiers à qui l’on attribue ce style. Il est un peu difficile de qualifier ce sous-genre de rap, mais en résumé, il est défini par des rythmes simplistes et répétitifs bercés par une voix trafiquée, très souvent par l’autotune. Lucki n’a par contre pas d’effets sur sa voix puisqu’elle est déjà unique. Cette dernière est un mélange de sonorités graves et de nonchalance, ce qui donne un résultat de « mumble rap » (on ne comprend pas les paroles). On la compare souvent à la voix de Kodak Black. Les rappeurs issus de ce genre sont souvent en marge de ce qui se fait dans l’industrie musicale rap de leur époque, ce qui leur donne un peu cet aspect de contre-culture. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on surnomme Lucki « the underground king ».

 

Le roi de l’underground

Le roi monte sur la scène à 21h avec un mix de morceaux, dont 4 The Betta, issue de son deuxième album studio, Days B4 III. Dès les premières chansons, on remarque son côté timide et nonchalant qui vient avec sa voix et sa démarche. Vêtu d’un capuchon, on ne voit presque pas son visage, ce qui limite le contact avec son public assoiffé. Il en profite tout de même pour signer le vinyle FLAWLESS LIKE ME (datant de 2022) d’un jeune homme fou de joie.

Pour revenir à son aspect de gêne, il a déjà mentionné dans une entrevue cela : « I used to think I wanted to be like Mos Def, like an underground legend. That’s because I was pretty shy, but now, I want to be like a superstar ». Je ne crois pas qu’il ait atteint le niveau de « superstar» en raison de son manque d’énergie et de puissance, mais on peut dire qu’il est en bonne posture pour s’améliorer durant le restant de sa carrière. Il peut remercier ses nombreux admirateurs qui lui sont très fidèles.

Depuis ses débuts, on a toujours eu droit à des albums de qualité semblable, sans vraiment avoir de gros « hits » comme le font d’autres rappeurs issus de ce genre comme Ken Carson, pour ne nommer que celui-ci. En d’autres mots, il n’y a pas de titres qui ressortent vraiment de sa discographie, exceptés quelques-uns comme 2021 Vibes, offert sur son dernier album S*x M*ney Dr*gs sorti en 2023. Il a d’ailleurs interprété cette pièce avec l’appui des gens présents dans la salle. Par la suite, son DJ a demandé à la foule de créer un énorme moshpit pour le morceau U.G.K, de son album Wake Up Lucki. Celui-ci fait référence à la marque de commerce du producteur F1lthy, qui est d’ailleurs le producteur derrière ce disque. Pour les curieux, sa marque, ou son producer tag, vient du son d’un vieux téléphone cellulaire ainsi qu’une voix féminine qui dit : « Wake up F1lthy ». Quelques pièces plus tard, le spectacle tire à sa fin, laissant les fans dans l’incompréhension et la déception, puisque sa performance n’aura duré que 30 petites minutes.

 

Photos en vrac

LUCKI

 

Première partie (DJ set)

Vos commentaires