Le romantisme selon Chopin et Brahms par l’Orchestre symphonique de Montréal | Déclarations d’amour
Deux compositeurs du 19e siècle – Frédéric Chopin (1810-1849) et Johannes Brahms (1833-1897) – pour glorifier le plus intense sentiment humain qui soit, avec éclat et fulgurances. L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) a littéralement sublimé cette force de vie sous la houlette de la cheffe d’orchestre australienne Simone Young, printanièrement vêtue, vive et enjouée de la tête aux pieds. Une performance magnifiée par la pianiste émérite Yulianna Avdeeva, dont le répertoire de Chopin est le diadème.
Un programme en deux temps, s’ouvrant de la plus belle manière avec le Concerto pour piano et orchestre no 1, op. 11 de Chopin (1830). Œuvre de la jeunesse du Polonais, écrite à l’âge de 20 ans, elle se décline en trois moments circonscrits, trois souffles intenses, laissant place au piano allegro, larghetto, et rondo. Une terminologie musicale se traduisant par l’exécution d’une pureté de gammes dans l’enceinte de la Maison symphonique de Montréal. La lauréate du Concours Chopin 2010 étincelait de ses paillettes et son jeu doux feutré, et emporté. La magie dont fait montre Avdeeva est perceptible à chaque fois qu’elle s’abandonne aux touches. Levant la tête au ciel, puis communiant avec les accords oniriques de ces trois mouvements de désir, la pianiste flotte en apesanteur sur l’œuvre fortement lyrique. On assiste ici à toutes les latitudes de l’amour, selon les idéaux du jeune Chopin : l’expressif, le calme et la mélancolique, la rêverie et la finale effervescente.
En seconde partie, le Quatuor pour piano et cordes no 1, op. 25 (1861) de l’Allemand Brahms apportait une autre signification romantique. Également œuvre de jeunesse, elle exprime une part de drame et d’exaltation. L’orchestration proposée est celle d’Arnold Schoenberg (1874-1951) et dépasse le cadre originel, avec l’intégration d’instruments vigoureux comme les cuivres et les percussions. Une force symphonique qui résonne de façon contemporaine avec l’apport de clarinettes chantantes. Les titillements du xylophone malgré sa discrétion apportent une légèreté aux quatre mouvements qui nourrissent un état constant d’élévation poétique.
Le choix de ces œuvres sous le signe du romantisme a pleinement conquis le public montréalais de tout âge qui était au rendez-vous. Une révélation d’amour sous toutes les intensités, du songe à l’embrasement du désir. Une autre façon de connaître Chopin par son autre visage moins triste et nostalgique auquel il ne faut le résumer. Le concert a agi tel un livre ouvert sur sa brève existence, de sa Pologne natale à la France, et le génie de son âme sensible, dans un siècle aussi bouleversé qu’exaltant. Et l’Allemagne de Brahms bouillonnante, invitant à redécouvrir son répertoire de musique de chambre. Merveilleuse performance de l’Orchestre symphonique de Montréal, consacrée en final par la cheffe Avdeeva, section par section, qui confirme une solide maîtrise de la poésie romantique en puissance.
- Artiste(s)
- Orchestre Symphonique de Montréal
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Maison Symphonique
- Catégorie(s)
- Classique, Instrumental,
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