Gabriella Olivo lance «Reflexiones» au Ministère | Le chaînon manquant à la scène musicale québécoise
Mardi soir, une foule fébrile s’entassait dans la salle intime du boulevard Saint-Laurent pour assister à la troisième soirée de lancement du premier album complet de l’autrice-compositrice-interprète d’origine québéco-mexicaine Gabriella Olivo. Pour célébrer l’événement, elle s’était d’abord produite fin octobre au Centre national des Arts d’Ottawa, puis au Pantoum, à Québec. Nommée parmi les six Révélations Radio-Canada de 2025-2026, la jeune musicienne à l’approche de la trentaine a brillamment répondu à l’appel avec cet opus poétique et engagé, laissant vibrer l’écho de ses racines hispanophones dans la majorité de ses compositions, où s’invitent aussi la langue de Molière et celle de Shakespeare.
On avait fait la rencontre d’une Gabriella discrète et réservée au Festival de la chanson de Tadoussac en juin dernier. Elle partageait alors la scène avec VALOIS, Liliane Pellerin, Alex LeBlanc et Mélissa Labbé (direction musicale), au sein de la troisième cohorte des Flambettes. Créé par le ROSEQ (Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est du Québec), la vocation principale de ce projet est de rassembler et de faire découvrir de nouveaux talents au public, dans le cadre d’une tournée en régions. C’est d’ailleurs avec grand plaisir qu’on a assisté au concert de Gabriella, entourée de Liliane, Alex et Mélissa. Il y avait aussi un certain Thierry Larose pas très loin.
Ce fut un tout autre scénario hier soir. Formé en majeure partie de fans de la même tranche d’âge que la chanteuse, l’auditoire a été témoin d’un véritable épanouissement artistique : une parfaite maîtrise et affirmation de la voix, de longues confidences, ainsi que des regards sincères partagés avec la foule. Des élans musicaux planants et une charmante légèreté nous ont donné la chance de découvrir une artiste sensible et loin d’être aussi timide que l’on croyait – des indices prometteurs pour la suite de cette tournée.
DU STUDIO À LA SCÈNE
Disponible sur les plateformes de streaming depuis un mois, Reflexiones déborde de petits joyaux, aussi enveloppants dans l’intimité d’un casque d’écoute que dans une salle de spectacle. Secondée par de talentueux musiciens sur scène («oui, tous des hommes !» a-t-elle précisé en riant), l’artiste peut se vanter d’avoir composé des ambiances musicales qui séduisent, tant par leur douceur que par leurs rythmes dansants. Bien que l’on conserve cet amour inconditionnel pour Amorcito Corazón (2022), sa reprise d’une pièce des années 40 que chantait sa mère, quelques heures d’écoute de l’album nous portent à croire que certaines créations originales se creuseront une place au cœur de bien des gens. On pense à la courte Interludio, qui nous rappelle à sa façon la magie de Santa Catalina de Geoffroy, les méga entraînantes Cazadores, Cruise Control et Somehow (si no estás aqui), qui mériteraient définitivement de se tailler une place sur les pistes de danse – on croirait percevoir en introduction l’inspiration des claviers de Klô Pelgag sur cette dernière. Certains extraits de l’album, Todas mis amigas et Vale la pena, nous permettent toutefois de ralentir et de contempler la vie, simplement.
Gabriella Olivo semble déterminée à conquérir tous les coeurs… une note à la fois.
Aucune date de spectacle n’est annoncée sur son site web, mais nos recherches nous ont conduits vers une date à La Petite boîte noire à Sherbrooke, le 15 janvier prochain. Elle sera accompagnée de Sandrine Marin.
- Artiste(s)
- Gabriella Olivo
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Le Ministère
- Catégorie(s)
- Acoustique, Canadien, Chanson, Electro, Electropop, Folk pop, Francophone, Indie, Indie Pop, Latino, Musique du monde, Pop, Québécois,
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