Entrevue avec Shamir | Fun et pop aiguë

Shamir Bailey, artiste émergent de pop américaine dansante, sera de passage au Théâtre Fairmount ce jeudi 19 novembre. Il a eu la gentillesse de téléphoner Sors-tu.ca en direct de New York pour une pré-jasette à peine audible, en raison de sa fameuse voix sur-humainement aiguë (qui, avouons-le, rend sa musique inimitable et addictive). On en retient principalement de multiples « cool… » et « fun… ».

Le fun des débuts

Shamir se remémore son dernier passage au Ritz PDB en juin dernier, qui l’avait d’ailleurs marqué puisque la salle était comblée de fans qui ne se pouvaient plus de danser, pas mal « fun ». Avec la parution de son premier album Ratchet en mai dernier, qui cumule les succès Darker et Call It Off, l’artiste de tout juste 21 ans commence sa carrière en force. L’album se mérite même une cote de 8.9 de la part de Pitchfork et une forte attention médiatique, ce qui l’identifie déjà comme une influence émergente de l’électro, R&B et house.

Il en est encore à l’étape où tout l’épate, et il apprécie toutes les opportunités qui s’offrent à lui. Ce qui le marque le plus dans sa carrière jusqu’à présent, c’est son spectacle au Rock en Seine, en France. C’était une des premières fois qu’il se retrouvait dans un festival, laissé à lui-même, seulement quatre mois après la parution de son premier album ! Cette année, c’est l’Australie et la Malaisie qui l’attendent.

Faire partie de la relève dans l’industrie musicale, c’est un couteau à double tranchant: « Des fois c’est tannant, il y a beaucoup de agists, des gens qui pensent que je suis naïf parce que je suis jeune. Au moins, ceux qui travaillent avec moi sont fun.«  

Le fun et la composition

Comme l’explique sa chanson On The Regular, Shamir voulait une guitare avant un vélo. C’est aux côtés de sa tante qu’il maîtrise l’instrument à neuf ans, et il n’arrête jamais depuis. On ne sait pas trop s’il a décidé d’en faire sa carrière ou si c’est venu naturellement: « C’est un peu des deux, c’est quelque chose que j’aimais et que je voulais faire à temps plein. »

C’est même lui qui compose ses chansons, en s’accompagnant au piano : « J’écris pour moi en premier, sur des choses que je vis, donc c’est souvent sur le passage à l’âge adulte. » C’est un sujet qui touche énormément les jeunes de sa génération, mais il soutient qu’il ne tente pas de les cibler : « La pop, c’est une musique qui rejoint les gens facilement, donc je peux parler de n’importe quoi aussi. Je n’essaye pas de rejoindre une grande masse, mais si les gens connectent avec ma musique et se sentent moins seuls, c’est fun« .

Le fun et l’inspiration

Le mélange intrigant de disco et de pop que l’on retrouve sur son album est expliqué par ses intérêts envers une multitude de genres musicaux. Il a même déjà fait partie d’un groupe punk. Quand ce groupe s’est dissous, il avait commencé la pop, qui n’était qu’un petit projet à temps perdu.

Parmi ses influences: Marina and the Diamonds, qui était au Métropolis tout récemment. Il avait d’ailleurs eu la chance d’assurer la première partie de quatre de ses spectacles en octobre pendant la tournée Neon Nature. « Really big fun. »

Son côté créatif dans la composition est abandonné dans la réalisation de ses vidéoclips. La responsabilité de l’art qui l’entoure est laissée entre les mains de son ami Anthony Sylvester: « Il sait exactement ce que j’aime. C’est épeurant à quel point il comprend comment mon cerveau fonctionne. »

 

Le fun et la scène

On lui découvre un côté très humoristique dans certaines entrevues vidéo. Selon son humeur, il essaye la même attitude sur scène: « connecter avec la foule, c’est ce qui fait un bon spectacle, et ça fonctionne des deux côtés. »

Pour l’instant, c’est aux côtés de HANA, une genre de « Lana Del Lorde » américaine, qu’on le retrouvera au Théâtre Fairmount ce jeudi. Selon lui, l’occasion risque d’être assez « cool/fun », et il ajouterait même « party ». Amateur de grande gastronomie, on s’attend à une photo de poutine au homard sur son compte Instagram ce jeudi.

Pour alléger l’attente, une performance récente au Late Show With Stephen Colbert:

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