Bleed From Within

Bleed From Within au Théâtre Beanfield | Le métal écossais à son meilleur

Vendredi 3 avril, on savait que la soirée allait être spéciale avant même de mettre les pieds dans la salle. La file massive qui s’étirait sur la rue Notre-Dame bien avant l’ouverture des portes ne laissait aucun doute : Montréal avait faim de métal. Il faut dire que le spectacle affichait complet depuis déjà plusieurs mois, signe que l’attente était immense pour cette affiche d’exception. À l’intérieur, pas besoin d’attendre la tête d’affiche pour que l’ambiance lève : le parterre était déjà bien rempli dès les premières notes du premier groupe, un spectacle rare qui prouve le dévouement de la scène locale.

Life Cycles

La soirée a commencé solide avec Life Cycles. Le band arrive de San Antonio, au Texas et, pour être honnête, peu de gens semblaient les connaître dans la salle au début du set. Mais ça n’a pas duré longtemps. Dès les premières notes, ils ont réussi à se mettre Montréal dans la poche et à se bâtir une nouvelle fan base ici.

C’est lourd, lourd, lourd. On a affaire à un genre de thrash aux notes groovy avec de bons breakdowns qui fessent. Le chanteur a une excellente présence sur scène, il sait comment vendre ses chansons et faire monter l’énergie. Résultat ? Plusieurs circle pits se sont succédés dès le départ, ce qui est toujours le meilleur indicateur qu’un band fait bien son boulot. Ce n’était pas redondant, avec des mélodies variées, et ils ont même fini avec quelques notes de Pantera pour nous rappeler leurs racines. Un groupe qu’on va clairement vouloir revoir sur scène.

Great American Ghost

L’ambiance a atteint des sommets dès l’entrée sur scène de Great American Ghost. Le chanteur était littéralement en feu tout le long du show, c’était vraiment beau à voir. Même si leur répertoire est un peu moins connu de la foule, l’énergie incroyable du groupe compense largement et gagne tout le monde rapidement.

Côté musical, on était complètement dans une autre dimension. Le groupe propose des sonorités massives qui emplissent toute la salle, mais sans pour autant que le son ne devienne brouillon ou trop distordu. C’était puissant et super bien balancé. Ils nous ont servi une solide setlist, ouvrant avec Hymn of Decay et nous offrant des moments forts comme Altar of Snakes ou Kingmaker, avant de finir le tout avec Forsaken. Avec leur batteur québécois d’origine, ils se sont plu à dire qu’ils se sentaient « comme à la maison », et cette connexion avec le public a rendu leur performance encore plus intense.

Sylosis

Ça faisait treize ans que Sylosis n’avait pas mis les pieds à Montréal et, depuis ce temps-là, le groupe a pas mal changé. En fait, il ne reste que le chanteur et guitariste Josh Middleton comme membre fondateur, mais la version actuelle du band n’en manque pas moins de compétence. Musicalement, on n’y a vu que du feu : la présentation est restée impressionnante du début à la fin.

Il ne faut surtout pas passer sous silence l’effort de guerre du batteur Ali Richardson. Présent dans Sylosis depuis 2014, il est aussi le batteur de Bleed From Within depuis la fondation du groupe. Il était donc sur un « double shift » ce soir, et malgré ça, il a livré une performance sans aucune faille.

Le public les attendait de pied ferme et a répondu en force, scandant les vieux hymnes comme les nouvelles chansons. Le groupe a d’ailleurs gâté les fans montréalais en offrant pour la première fois sur scène Beneath the Surface et Mirror Mirror. Entre les classiques comme I Sever et la finale intense sur The New Flesh, on peut dire que l’attente en valait la peine. Cette énergie accumulée pendant treize ans a explosé sur scène : il manquait de place pour respirer et les murs commençaient carrément à suinter. Un retour triomphal !

Bleed From Within

C’était enfin le moment de Bleed From Within. On les a vus souvent à Montréal par le passé en tant que soutien, mais cette fois-ci, c’était leur premier « headline tour » en sol américain. Les gars attendaient ça avec impatience et ça paraissait : ils étaient prêts et ils ne voulaient pas décevoir.

Pendant 90 minutes, on a eu droit à une véritable décharge de métal. Le groupe roule sa bosse depuis longtemps et s’est bâti un catalogue de tubes qui passent super bien en show. Le chanteur Scott Kennedy, visiblement ému par l’amour que la foule lui renvoyait, a pris le temps de jaser longuement avec nous entre chaque chanson. Il a même lancé que si le groupe devait un jour filmer un DVD live, c’est à Montréal qu’ils viendraient le faire. On ne pouvait pas demander mieux comme compliment !

Côté visuel, ils n’ont pas fait les choses à moitié avec un décor sur scène qui rappelait la pochette de leur dernier album, Zenith. Environ la moitié de la setlist était d’ailleurs dédiée à ce nouvel opus. Malgré la nouveauté de ces titres, la foule connaissait déjà tous les refrains et a chanté haut et fort toute la soirée. De l’ouverture fracassante avec Violent Nature jusqu’à la finale sur In Place of Your Halo, en passant par les incontournables comme I Am Damnation et The End of All We Know, tout était parfaitement intégré.

Verdict : une soirée de métal pure et dure, sans fausse note. Bleed From Within a prouvé qu’ils ont non seulement le talent, mais aussi la maturité pour porter un show complet sur leurs épaules devant une salle comble. Si vous étiez là, vous savez de quoi je parle : c’était historique.

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