Mariachi Herencia de México

Mariachi Herencia de México au Théâtre Maisonneuve | Éclats à la vie, à la mort !

Avant de rejoindre Baton Rouge et la Louisiane dans quelques jours, le fier méga groupe mexicain de 12 artistes faisait arrêt à Montréal. Une salle pleine à craquer pour accueillir une sensation du genre en ce jour du 1er novembre où tout le Mexique chante et danse leurs « Muertos » dans leurs plus beaux atours. Performance éblouissante, touchante, menée par douze hommes incarnant la nouvelle génération Mariachi dont la maîtrise instrumentale et vocale est totale.

Il y a des siècles que le Mexique et sa tradition Mariachi ne font qu’un. De Mexico à Guadalajara, et dans les pueblos, cette musique célèbre la vie, l’amour et la mort avec un débordement d’émotions et de solennité. Pour Leo, le harpiste de l’orchestre, la transmission de la tradition est un réel devoir, une raison de se consacrer à cet art populaire qui coule dans son sang. « Nous sommes le visage de la nouvelle génération Mariachi, la jeunesse qui la transmet à nos familles et à travers le monde. » Depuis leur création en 2017, la renommée de Mariachi Herencia de México a atteint de hauts sommets, dont deux nominations aux Prix Latin Grammy.

Nul besoin d’être un connaisseur de musique Mariachi pour être happé par l’expérience. La première sensation lorsque le rideau se lève provoque un émoi intérieur. Comme un son « Wow ! » face à ces hommes nobles en osmose qui sont là pour perpétrer leur art sans aucune triche. Leurs tenues uniformes et ce large chapeau brodé d’or est gage de leur unité. L’élégance des gestes parfait l’expérience jusqu’à la finale. Au programme : des chansons connues de la diaspora mexicaine qui avait largement répondu présente, sur la vie et le trépas.

Le groupe se compose d’impressionnantes voix lyriques qui savent pousser la note dans les registres célestes. La déclamation de l’amour, de la perte et de la tristesse se répercute dans le trémolo de chacun. Chaque chanteur anime le public par des moments de récits chaleureux. Des anecdotes sur leur parcours, leur existence, leur admiration pour Montréal – une ville qui combine tant de culture que le groupe découvre pour la première fois.

Sur fonds de décors multimédia, chaque chanson vient avec son tableau expressif. La célébration de la joie s’accorde de couleurs vives et de guirlandes mexicaines rose et jaune canari pour amplifier l’immersion. Des oiseaux et des spirales de couleurs nous entraînent dans la ronde d’allégresse. Lorsque la pluie se met à tomber sur l’un des paysages, un chanteur emprunte la voix de la nostalgie et crée un espace intime, un refuge au cœur brisé. Car l’art Mariachi ne craint aucun extrême et s’abreuve à l’intensité du vécu.

À sa harpe, Leo aura ses minutes de gloire en solo, virtuose des notes aigües comme des basses au bout de ses doigts, qui volent littéralement. Le mot de la fin lui revient, en hommage aux disparus que la vie aspire : « N’oublions jamais que nous sommes une grande famille unie, souvenons-nous de ceux qui nous quittent dans la joie et l’effusion de la musique ! »

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