Ouellet

Ouellet présente «Dans l’temps qu’on riait» au Gesù | Remettre en question notre époque

Mardi soir, au Gesù, avait lieu la première médiatique du premier spectacle solo de l’humoriste Sébastien Ouellet, mieux connu sous son pseudo Ouellet. Facilement reconnaissable avec son crâne rasé et sa longue barbe, le Gaspésien d’origine a livré une solide performance en présence d’un auditoire particulièrement hétéroclite et réactif.

Dans l’temps qu’on riait représentait un défi de taille puisque quelques propos frôlaient parfois la ligne ; oser raconter des blagues d’il y a 40 ans sur scène en 2026, dans le but de nous conscientiser sur l’évolution de notre société (pas toujours parfaite), était un pari hautement risqué. Surtout qu’à certains moments, le public devait lui accorder le bénéfice du doute et lui faire confiance dans la démarche ; le prétexte de l’exercice créant une opportunité facile pour légitimer certaines blagues et se dédouaner de leur impact et de toute leur portée.

Près de 100 000 abonnés sur les réseaux sociaux

Interrogés par l’humoriste de 47 ans lors de son entrée sur scène sur une musique entraînante de Paul Piché, plusieurs spectateurs ont réagit positivement concernant ses activités sur les réseaux sociaux. Ses capsules sur Facebook du gars qui franchit une porte patio et qui partage ses réflexions en quelques secondes sur des tonnes de sujets semblaient très populaires.

Même s’il a débuté dans le monde de l’humour « sur le tard », vers 2008 (mais plus officiellement en 2023), et malgré un refus pour son admission à l’École Nationale de l’Humour (ENH), son parcours professionnel lui a entre autres permis de faire ses classes lors de l’ouverture des spectacles de la plus récente tournée de Jean-Michel Anctil, qui assure d’ailleurs sa direction artistique. En plus, il s’est associé comme auteur avec quelques humoristes, dont Philippe Laprise, pour participer à l’écriture de son prochain spectacle.

Tout y est passé

Ouellet s’est amusé toute la soirée avec des retours dans le passé et plusieurs de ses souvenirs d’enfance, à l’époque où, selon lui, on vivait de vrais traumas (se moquant au passage des générations suivantes). Et pour avoir vécu sur une ferme durant sa jeunesse, les traumas, il sait c’est quoi : quand il dit qu’un animal de la ferme sans nom n’est jamais en sécurité.

Il aborde de nombreux sujets qui touchent à notre époque, que ce soit la remise en question de la Fête des mères, la complexité des genres et les changements de sexe, les menus de fête des enfants de plus en plus exigeants à planifier et l’éducation avec toutes les mesures de protection pour les enfants d’aujourd’hui.

À travers toutes ces réflexions, il en a profité pour effleurer des sujets plus légers, comme la nouvelle folie des bidets. Ouellet s’est ouvert sur un plan plus personnel, la petite voix dans sa tête qui déborde de mauvaises idées. Ses trop nombreuses expériences sur les applications de rencontres avaient de quoi en décourager plusieurs à se lancer dans le projet. Sa proposition de modifier l’inventaire des pharmacies pour répondre aux besoins masculins était très originale et son scénario, vachement drôle. Bref, c’était une rentrée réussie et la suite de la tournée s’annonce prometteuse.

Sa tournée se poursuivra partout au Québec en 2026-2027, Pour les dates, consultez son site web.

LA RELÈVE EN PREMIÈRE PARTIE

On a eu droit à une belle découverte pour débuter la soirée : l’humoriste Anne-Sarah Charbonneau, issu-e de la cuvée 2021 des diplômés de l’École Nationale de l’Humour avec mention spéciale. Iel s’est présenté-e sur scène avec une forme de légèreté qui lui allait très bien. Même si son nom est moins connu du grand public, iel est très actif-ve sur la scène culturelle québécoise.

En plus d’avoir créé en 2022 le balado Pas peu fières (co-animé avec Florence Nadeau), l’artiste qui se définit comme lesbienne non-binaire, a déjà performé dans le cadre du Zoofest, le Dr. Mobilo Aquafest et récemment en Suisse, au Montreux Comedy Festival.  Iel a aussi assuré la première partie du dernier spectacle de Katherine Levac, L’homme de ma vie. Des collaborations avec d’autres humoristes sont à venir en 2026. Voilà pour son introduction.

On va maintenant survoler quelques thèmes qu’iel a choisi d’aborder : sa première expérience dans le cabinet de sa psychologue, les longues étapes qui ont l’ont conduit-e à son coming out, soutenues par des anecdotes savoureuses, ses peurs dans la vie, son désir de plaire constamment et son cheminement vers l’affirmation de soi. Évidemment, il était question de sujets universels explorés à de nombreuses reprises par des humoristes, rien de bien nouveau. Par contre, iel est parvenu-e à exploiter ces thèmes sous un angle assez comique pour bien « réchauffer la salle » et initier l’auditoire à son humour.

Anne-Sarah est en préparation pour son spectacle solo Testocyclogouine, prévu pour le 1er octobre prochain au National.

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