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Slayr au Théâtre Beanfield | Slayr Vs « The soundsystem »

Mardi soir, le rappeur originaire de Philadelphie Slayr foulait le sol montréalais pour la première fois de sa jeune carrière dans le cadre de sa tournée Half Blood Tour au Théâtre Beanfield. Marquée par quelques embûches, notamment en raison de problèmes avec le système de son, la jeune sensation ne s’est pas empêchée de livrer une performance absurde et explosive à son image.

Vers 20h15, Evan McDonald de son vrai nom, fait une entrée en matière plus qu’électrisante avec son morceau i got taste, mais interrompt aussitôt son spectacle en criant sur l’autotune, « Fix my mic bro ». Dix minutes plus tard, il remonte sur scène avec la même énergie, reprenant le spectacle là où il l’avait laissé, comme si rien ne s’était passé.

Pour ceux et celles qui ne sont pas familier avec le style de Slayr, on pourrait dire qu’il fait tout ce que les Playboi Carti, ken Carson et Osamason ont fait de mieux dans leur carrière. Notamment, des morceaux à la fois percutants et mélodieux. On ressent facilement l’influence du Carti des années 2020 dans certaines productions comme (Flashout Freestyle et Whipe Yo Nose) de Slayr, lui qui emprunte sans gêne les codes du rage rap et de l’Opium music que Carti a si bien redéfinis au fil de sa carrière.

Ce qui sort Slayr du lot, c’est sa capacité à enrichir sa base de rage rap en y intégrant du métal, de l’EDM et de l’hyperpop, avec des transitions d’une fluidité parfaite. i got taste, le morceau qu’il a utilisé en guise d’ouverture de soirée, en est un bon exemple puisqu’il passe d’un beat trap futuriste à de la guitare électrique, avant de se conclure sur une voix aiguë trafiquée par l’autotune.

Il n’est donc pas bête de s’imaginer un jeune Slayr à l’âge de 13 ans découvrir des albums des années 2020 qui auront influencé son style, par exemple, Whole Lotta Red (Playboi Carti), Fishmonger (Underscore) ou 333 du rappeur Bladee. D’ailleurs, le clin d’œil à la pochette d’album de ce dernier confirme clairement l’impact qu’a eu Bladee sur la vision artistique de Slayr.

Après quelques morceaux dont having anxiety is annoying issu de son tout dernier EP intitulé AVANT NOVA, il scanda « F**K this soundsystem », une réaction difficile à lui reprocher considérant les problèmes de son qui persistaient. À titre d’exemple, il était pratiquement impossible d’entendre et d’apprécier la mélodie de sa pièce Eyesight, pour ne nommer que celle-ci, faute d’un mixage mal dosé. On avait l’impression que sa voix était beaucoup trop forte pour le volume de ses productions.

Homme autonome

Parlant de productions, un autre aspect qui rend le travail de Slayr impressionnant, c’est qu’il produit entièrement sa musique et ne fait pas appel à des « producers » du même style comme Star Boy, 808 Mafia ou bien Wake Up F1lthy pour produire ses pièces. Tout vient de lui, à l’exception de certains échantillonnages réutilisés comme la voix de la chanteuse underscores tirée de sa pièce The Peace, qui sert cette fois de beat pour la chanson Promise de Slayr.

Sur le plan vocal, Slayr évoque une fois de plus la ressemblance à Playboi Carti et Ken Carson, que ce soit dans sa diction ou son choix de mots. Comme ses deux inspirations, il a tendance à répéter la même phrase ou le même son plusieurs fois d’affilée, créant un effet d’accroche qui reste en tête dès la première écoute. Sur Hard Knock par exemple, il répète le mot D-R-A-C-O huit fois de suite, un vers d’oreille instantané.

Par moments, sur d’autres pièces, on jurerait que c’est Carson qui rappe tellement le ton et le débit sont exacts On peut penser à son morceau Brain Fog, qu’il a d’ailleurs interprété.

L’aspect d’absurdité que j’évoquais dans la prémisse se remarquait surtout par sa dégaine nonchalante, il était en chaussettes toute la soirée, et par son humour spontané. À un moment dans la soirée, il demanda d’ouvrir toutes les lumières dans la salle comme si le spectacle tirait à sa fin, mais au lieu de conclure, il invita une quinzaine de personnes déguisées à monter sur scène, sans vraiment savoir lui-même ce qu’il faisait. Cette décision a donné lieu à un moment très cocasse où l’on pouvait voir des vaches, un Teletubbies, un Charlie de « Où est Charlie ? » ou encore un elfe, faire n’importe quoi sur scène, et ce, pendant trois chansons.

Slayr a conclu la soirée après une bonne heure, laissant humide à souhait au Théâtre Beanfield. La porte est grande ouverte pour ce jeune prodige de 19 ans dans les années à venir. Et ne faites pas l’erreur de le confondre avec le groupe de métal Slayer, vous seriez surpris, quoique son style ne soit pas si éloigné…

 

Grille de chansons

  1. i got taste
  2. having anxiety is annoying
  3. Holding
  4. Toxic
  5. Eyesight
  6. Love Blur
  7. promise
  8. Daytona
  9. Never Go down
  10. Wipe Yo Nose
  11. Died But Came Back
  12. Turn It Up
  13. Brain Fog
  14. keep me going (BIRDBRAIN)
  15. Sloppy Joe
  16. Phone
  17. The Sky
  18. Set In Stone

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