Patrick Watson
Critique Publié le

Patrick Watson au MTELUS | La gracieuse mélancolie de Watson

Ce qu’il est beau le nouvel album de Patrick Watson. La plus jolie façon d’aborder la perte, le deuil, l’abnégation face à la finalité des choses qu’on aime. Des gens qu’on aime. Et en spectacle, des chansons qu’on aime, aussi.


 

Passer à autre chose

Il y a une coupure évidente avec tout un pan du passé de Patrick Watson. Si Wave aborde le deuil de sa mère et la fin de son couple, c’était aussi le premier album du groupe sans le batteur Robbie Kuster, lui dont la cadence si singulière contribuait tant au « son » Patrick Watson.

Sur disque, ça fait changement. Sur scène, on a parfois l’impression qu’il manque quelque chose. Il faudra s’y habituer.

D’autant plus qu’avec un nouveau batteur — le très digne Evan Tighe, qui fait un peu partie de la même famille musicale, ayant joué avec les Basia Bulat, Elisapie et Leif Vollebekk de la scène montréalaise — on devine que les chansons neuves ont préséance sur les vieux succès qu’on aime tant de Patrick Watson.

Ainsi, le spectacle sera presque entièrement constitué des nouvelles chansons de Wave, et de quelques titres du précédent Love Songs For Robots. Pour toute l’heure et quart avant le rappel, exit tout l’excellent matériel des albums Close To Paradise (2006), Wooden Arms (2009) et Adventures in Your Own Backyard (2012).

Pas de souci. Wave regorge de bonnes chansons qui donnent de bons moments en spectacle : Melody NoirBroken, Look At You et Drive sont particulièrement réussies, même si la sonorisation galère tout au long de la soirée. Les effets de Larsen ont fait partie de la prestation tout au long de la soirée, au point où Watson lui-même a dû prendre un moment entre deux chansons pour aborder le sujet et donner la chance au sonorisateur d’ajuster le tir, sans grand succès. Soirée un peu difficile sur le plan sonore.

N’empêche que bon son, mauvais son, les musiciens du groupe Patrick Watson disposent de tous les outils pour donner lieu à une soirée mémorable, et ça fonctionne peu importe.

Pour les nostalgiques, il fallait attendre au rappel pour entendre quelques « bonnes vieilles tounes », dont l’incontournable The Big Bird in a Small Cage et The Great Escape, que Watson n’avait pas l’intention de jouer, mais qui a été demandée haut et fort par les fans jusqu’à ce que l’artiste obtempère.

Sans être agacé par cette fascination du public pour ses anciens titres, on sent que Patrick Watson souhaite passer à autre chose, éviter de faire du surplace. En ce sens, on laissera volontiers toute la liberté d’essayer de nous présenter un spectacle renouvelé comme celui présenté mardi soir, mais il y a fort à parier qu’après quelques représentations (le spectacle affiche sera repris ce soir et demain au MTELUS, ainsi que les 15 et 16 décembre à Québec), la troupe apportera les ajustements pour rééquilibrer son spectacle et le rendre un peu plus efficace et affirmé.

En attendant, ce n’est quand même pas les bons moments qui manquent. Et le nouvel album est si beau.

Grille de chansons

  1. Dream For Dreaming
  2. The Wave
  3. Strange Rain
  4. Melody Noir
  5. Grace
  6. Broken
  7. Wild Flower
  8. Turn Out The Lights
  9. Hearts
  10. Look At You
  11. Drive
  12. Here Comes the River

 

Rappel

  1. Big Bird In A Small Cage
  2. Places You Will Go
  3. Je te laisserai des mots
  4. The Great Escape
  5. In Circles

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