Napalm Death

Napalm Death à la salle Montaigne | 17 ans d’attente récompensés par une performance magistrale

Le 29 mai marque un retour après 17 longues années avant revoir la déflagration Napalm Death sur une scène de la ville de Québec. Depuis leur dernier passage en 2009, l’attente n’a fait que croître, et c’est devant une salle comble et fébrile que les pionniers du grindcore ont enfin fait leur retour vendredi soir. Pour les amateurs de métal extrême, ce n’était pas seulement un concert, mais une véritable démonstration de force par un groupe qui, après quatre décennies, n’a absolument rien perdu de sa pertinence.

Un quatuor de légende au sommet de sa forme

Dès l’arrivée du groupe sur scène, le contraste est saisissant et délicieusement authentique. On voit apparaître un quatuor de vétérans qui ne s’embarrasse d’aucun artifice. Le chanteur, Barney Greenway, fidèle à lui-même, a surpris les néophytes en arborant son plus beau kit de bretelles ; un look loin des clichés du métal, mais qui s’efface instantanément dès que la musique démarre. Car une fois le premier riff lancé, c’est une véritable leçon de métal qui nous est donnée. Malgré les années qui passent, l’énergie n’a jamais faibli. Certes, le groupe prend parfois quelques secondes pour reprendre son souffle entre deux assauts, mais l’intensité globale reste à un niveau stratosphérique.

Barney s’est révélé être un porte-parole d’une grande générosité. Entre deux décharges sonores, il a pris le temps de discuter avec la foule, partageant de vieilles anecdotes et rappelant que leurs critiques sociales écrites il y a 40 ans sont, hélas, toujours d’une brûlante actualité. Le set de 60 minutes a défilé à une vitesse fulgurante. Si certains auraient pris quelques morceaux de plus, cet assaut brutal et concentré était sans doute le format idéal pour maintenir une telle tension sans jamais s’essouffler. En puisant dans un catalogue de grande qualité, Napalm Death a offert un voyage dans le temps mémorable, passant des hymnes fondateurs comme Scum et l’éclair You Suffer aux classiques incontournables, tels que Suffer the Children ou la reprise virulente de Nazi Punks Fuck Off. Les fans en ont eu pour leur argent, sortant de la salle avec le sentiment d’avoir vu un groupe qui prend encore un plaisir immense à performer et à occuper chaque pouce de la scène.

Des premières parties entre ombre et lumière

Pour ouvrir les hostilités, la soirée a débuté avec Primitive Man. Le doom metal du trio est une expérience particulière : c’est lourd, lent, et à la limite du déprimant. Bien que le style ne soit pas forcément la tasse de thé de tout le monde, l’offre visuelle était extraordinaire. Les projections distordues et saturées de statique qui envahissaient la scène collaient parfaitement à l’ambiance sombre du groupe. Toutefois, avec des pièces s’étirant sur 10 à 12 minutes, le rythme a laissé une partie de la foule sur sa faim. Les applaudissements étaient polis, mais on sentait que le public attendait une cadence plus rapide pour vraiment s’enflammer.

L’étincelle est venue de Pig Destroyer, qui a pris d’assaut la scène avec une assurance désarmante. Les fans étaient bien présents, certains arborant même des oreilles de cochon pour l’occasion, et le parterre s’est transformé en arène de gladiateurs dès les premières notes. C’était brutal, violent et exécuté par un groupe visiblement heureux d’être là. L’alchimie entre la hargne du chanteur J.R. Hayes et les échantillonnages d’Alex Cha a injecté une surdose d’adrénaline dans la salle, mettant le feu aux poudres de façon magistrale avant le clou de la soirée.

En somme, le passage de Napalm Death à la salle Montaigne restera gravé comme un moment de communion brute et sincère. Entre la puissance dévastatrice de leur discographie et l’humanité de leurs échanges, les Anglais ont prouvé qu’ils sont une institution nécessaire. Québec en est ressortie les oreilles sifflantes, mais le cœur battant. Pour les amateurs qui souhaiteraient revivre ce massacre sonore, le groupe sera à Montréal le 1er juin prochain au Théâtre Fairmount (il reste des billets par ici). Un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte.

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