La Grosse Lanterne
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La Grosse Lanterne 2016| Gagnant d’avance, malgré Dame Nature

La Grosse Lanterne, festival en forêt de l’étiquette de disques Bonsound, présentait sa troisième édition vendredi et samedi dernier. Organisé à Béthanie en Montérégie, avec des têtes d’affiches comme Dead Obies, Lisa Leblanc, Klô Pelgag, en plus d’arts visuels et installations lumineuses, sans oublier le camping le long de la rivière Noire et les barbecues, l’évènement était gagnant d’avance.

Même si la jolie température n’était pas du tout de notre côté, la bouette, les averses et les K-WAY ont créé une sélection naturelle de la foule : seulement les plus troopers, comme dirait Lisa Leblanc, étaient présents. Ça a donné lieu à une très belle ode à la musique locale sous la pluie avec des mélomanes motivés et tenaces  pour nous faire oublier qu’il pleuvait.


Festival en forêt

Là où la magie s’opère, c’est sur le lieu en tant que tel. Béthanie, c’est dans le bois, c’est le long d’une rivière et c’est l’endroit où même ton iPhone 7 a de la difficulté avec le réseau. C’est l’occasion de décrocher de la ville. La Grosse Lanterne offrait même un service de navettes à partir de Montréal pour les besoins d’exil.

C’est aussi là que s’organisent des Grandeur Nature (N.D.L.R.: les jeux de rôle Dongeon & Dragons, en version grandeur nature) ! Le festival proposait donc des performances intimes et exclusives, notamment dans une auberge/grange/repère pour les elfes. Les spectacles du vendredi, avec Félix Dyotte, Organ Mood, Brown et autres, s’y déroulaient, ainsi que quelques spectacles le lendemain.

L’auberge des elfes

Cette auberge a donné lieu à des belles exclusivités puisque la petite foule présente pouvait vraiment s’imprégner de la personnalité des artistes. Ce sont les belles voix du duo Saratoga qui ouvraient le bal le samedi. Leur humour, parfois cute, parfois cru, était idéal pour l’heure du dîner. Ils sortent un premier album en octobre qu’on a très hâte d’entendre.

C’est toutefois les Marinellis qui ont fait bouger la place avec leur rock de garage exotique. Les cascades du chanteur en ont motivé plus d’un à danser, même sur scène. Avec I.D.A.L.G par après, qui ont un son très lourd et percutant, c’était un segment rock psychédélique nécessaire à l’ambiance mélancolique qu’offrait l’auberge.

La Grosse Lanterne - IDALG - 13 aout 2016-13

Pour Safia Nolin, la salle s’est remplie en masse. Alors qu’elle fait ses tests de son devant nous, nous vivons tous le même malaise parfait. Lorsque le technicien de son lui annonce que le spectacle peut commencer, Safia s’exclame « Hein? Là, là? J’peux-tu enlever mon manteau? ». Elle se retourne et on fait comme si elle venait tout juste d’arriver sur scène.

Malgré la qualité du son très limitée de la salle, la voix de Safia nous fait croire qu’on se trouve au Centre Phi. Elle nous offre toutes les pièces de son album Limoilou aux côtés de Joseph Marchand, son guitariste et compagnon de scène, blagues douteuses incluses. En solo, elle interprète Work de sa reine Rihanna. Elle reprend également une chanson de Céline Dion, My Heart Will Go On, en version bilingue. Celle-ci était dédiée à son chat Bébé Baleine, décédé récemment. C’était le silence complet et on entendait même les minces gouttes de pluie au plafond. Nos sympathies pour Bébé Baleine.

La Grosse Lanterne - safia nolin - 13 aout 2016

La grosse scène

C’est Heartstreets, duo de pop alternatif, qui ouvraient sur la grosse scène. C’était suivi de Chocolat avec du rock, des jams psychédéliques, des arrangements garage et la voix de Jimmy Hunt. C’est tout ce que ça nous prenait pour nous préparer aux averses.

Pour Klô Pelgag et ses musiciens, c’était une grosse soirée. Ils ne s’étaient pas retrouvés sur scène depuis six mois. Ils étaient tous beaux avec leurs typiques costumes de fruits, un « éloge aux fruits », et ça sonnait beau aussi. Elle nous a joué quelques nouvelles chansons en terminant, et on peut dire que le prochain album s’annonce très bien.

La Grosse Lanterne - Klo Pelgag - 13 aout 2016-4

S’ensuit Groenland qui nous offrent un avant-goût de leur album A Wider Space, disponible dès le 16 septembre.

Lisa Leblanc, toujours aussi charmante avec son accent du Nouveau-Brunswick et son banjo, est acclamée par la foule à plusieurs reprises. Elle nous joue une nouvelle pièce qu’elle qualifie de post-Kraft Dinner, intitulée Dump The Guy ASAP. Malheureusement, son spectacle a dû être écourté, faute du tonnerre, et on n’a donc pas pu entendre sa classique Aujourd’hui, ma vie c’est de la marde.

 

Party de saucisses avec Dead Obies

C’est sur le coup de 23h que les Dead Obies ont pris d’assaut la grosse scène. Ils nous ont gâtés avec la majorité des chansons de leur petit dernier Gesamtkunstwerk et quelques inévitables de Montréal $ud, en plus d’une nouvelle chanson.

Même si Yes McCan a demandé à tout le monde d’aligner son énergie pour qu’il n’y ait pas de pluie, Dame Nature a décidé qu’un show de rap Queb dans le bois, ça méritait des averses à répétition.

La Grosse Lanterne - <a href='/artiste/dead-obies/' >Dead Obies</a> - 13 aout 2016-6

Étonnement, la météo a vraiment joué en leur faveur : la majorité des gens présents avaient déjà vu les gars sur scène récemment, puisqu’ils ont fait la tournée des festivals cet été, avec des performances à Osheaga, le Festival d’été de Québec, et le Festif!, pour n’en nommer que quelques-uns. C’était le même spectacle, mais encore plus intense. La pluie a rendu leur performance encore plus audacieuse et plus agressive, de même pour la réponse du public.

Ça paraissait que les membres du groupe avaient du plaisir à jouer sous les averses. Yes McCan est même descendu à plusieurs reprises vers la foule. C’était un spectacle unique, avec un petit quelque chose de spécial dont on va se rappeler longtemps.

Une fan est même passée par-dessus la clôture devant la scène pour venir offrir un sac de saucisses à Joe RCA. Les gars ont trouvé ça tellement parfait et absurde qu’ils se sont mis à les lancer dans la foule. À Yes McCan d’en rire : « C’est l’fun, vous allez pouvoir dire que vous êtes allés dans un show et que vous avez attrapé des saucisses ».

Beau temps, mauvais temps

Pour ceux qui ne pouvaient pas dormir, faute d’inondation de leur tente, où qui ne pouvaient pas quitter le site puisqu’il y avait véritablement un lac qui s’était créé au milieu du stationnement, La Grosse Lanterne avait prévu le coup avec quelques artistes de fin de soirée, dont Le Matos et Shash’U.

Si le soleil avait été au rendez-vous, ça aurait été une toute autre expérience. Cette année, il y a eu du très beau sur scène comme dans la foule, en juxtaposition au chaos de la météo, ce qui a donné un rendu encore plus unique à la soirée extérieure du samedi. C’est définitivement un de ces festivals où il fallait y être pour le croire. La Grosse Lanterne, on se retrouve l’année prochaine; beau temps, mauvais temps.

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