Saint Levant

Festival International de Jazz de Montréal 2026 – Jour 8 | Saint Levant propose un show politique et joyeux sous le ciel orageux

Saint Levant était de retour à Montréal jeudi soir sur la grosse scène de la Place des festivals à l’occasion du Festival de Jazz. Après un concert complet au MTelus en décembre 2024, l’artiste palestinien (et son public) a affronté le ciel orageux pour proposer un spectacle festif et politique. Le jeune homme de 25 ans avait vraiment les dieux de l’été de son côté, puisque le ciel s’est dégagé très opportunément au moment de son passage, même si celui a été retardé d’une demi-heure par précaution.

En arrivant sur la place des festivals, on est tout de suite accueilli par un drapeau palestinien. Le ton est donné, comme d’habitude avec Saint Levant : la musique sera bonne, l’ambiance sera joyeuse, mais les souffrances du peuple palestinien ne seront pas pour autant occultées. La foule s’étend du bord de la scène jusqu’à la rue Sainte Catherine, certains sont venus danser en famille, et l’orage violent d’une heure plus tôt n’a pas douché l’enthousiasme des fans ou des curieux.

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Marwan Abdelhamid, de son vrai nom, est en costume noir chic et sexy que l’on suppose venir de chez Prada, étant ambassadeur de la marque de luxe. Une esthétique crooner qu’il n’avait pas à son dernier concert montréalais mais qui lui va très bien : son sourire est enjôleur, et de ce qu’on voit sur les écrans géants les premières rangées sont très féminines et très réceptives au(x) charme(s) du chanteur – personne ne pourra les blâmer…

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Il enchaîne Very Few Friends, le titre qui l’a fait connaître et où il chante dans trois langues, arabe anglais et français, avec un solo de saxophone qui fait hurler le public (une phrase qu’on n’aurait jamais cru écrire, honnêtement) et Exile, sortie l’an passé. Cette dernière parle spécifiquement du fait de ne pas pouvoir retourner en Palestine, et lui permet de faire une transition avec un rappel de la situation dramatique dans laquelle se trouve le pays.

On m’a parfois déconseillé de ne pas autant parler de politique ou de ne pas porter tel ou tel symbole pour ne pas perdre des contrats, mais pour les Palestiniens là-bas ce n’est pas des contrats qu’ils risquent de perdre, c’est la vie.

Une simple phrase qui témoigne de son intégrité et d’à quel point il n’envisage pas de faire carrière dans la musique sans cet engagement politique chevillé au corps. La foule de la Place des festivals se met à scander « Free, Free Palestine » et l’on ne peut s’empêcher de frissonner.

L’esprit de communion créé par le passage de Saint Levant à Montréal en ce jeudi soir caniculaire et orageux était joyeux malgré tout, dansant et porteur d’espoir d’un avenir meilleur. Il a ensuite poursuivi la soirée avec un DJ set au MTelus, complétant ce beau coup du Festival du Jazz édition 2026, et un passage dans notre ville dont on se souviendra, sans aucun doute.

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