crédit photo: Damian Siqueiros
Angèle

Angèle au centre Bell | Jeunesse survoltée

Après deux concerts très réussis en juin dernier au Québec, Angèle était accueillie ce soir dans un Centre Bell plein et frémissant. La jeune artiste a su mélanger les ambiances pop, électro et intimiste pour un show rempli de surprises.

Début de concert maîtrisé

Alors que les lumières s’éteignent et que les fans hurlent déjà dans la fosse, ce n’est pas Angèle qui arrive mais six danseuses, qui présentent tout de suite une chorégraphie électrique. Deux grands yeux lumineux surplombent la scène. La chanteuse commence par La Thune, accompagnée par un batteur et un claviériste qui assureront la plupart du concert avec elle. Dans la salle, tout le monde crie. L’ambiance est assurée par de nombreuses jeunes fans qui connaissent toutes les paroles de la chanteuse par cœur. À côté, les parents accompagnateurs haussent les épaules et bougent vaguement la tête.

*Photo par Tim Snow (evenko).

Il faut dire que la pop douce d’Angèle nous embarque assez vite. Les chansons se succèdent rapidement, toujours avec le même accompagnement musical et des danseuses survoltées sur le devant de la scène. La chanteuse se joint à elles, loin d’offrir un spectacle statique et répétitif. Alors que les chansons sont plutôt lancinantes et répétitives, le contraste avec la scène est frappant! La fosse scande toutes les paroles, les mains se lèvent, dans les gradins tout le monde est debout aussi.

Cependant, il manque un petit quelque chose pour que la soirée démarre vraiment. Les chansons s’enchaînent tellement vite qu’on a l’impression d’écouter une playlist, Angèle ne communique quasiment pas avec le public. Elle s’est contentée d’un timide « Bonsoir Montréal » et lorsqu’elle s’approche de l’avant-scène pour chanter, elle recule très rapidement. Si la musique est au rendez-vous, l’ambiance elle, semble provenir du public bien plus que de la scène.

*Photo par Tim Snow (evenko).

Déroulé électrisant

C’est à la suite d’un petit incident que l’ambiance se détend enfin. Alors qu’Angèle termine un morceau, elle est soudain obligée d’appeler la sécurité pour évacuer une personne qui fait un malaise dans la fosse. Le concert s’arrête, il faut bien meubler. Angèle se tourne alors vers nous et s’excuse platement « Je ne suis vraiment pas à l’aise pour parler entre les morceaux… Mon cœur bat à mille à l’heure, ma voix part en couille, je suis super stressée… Mais merci, merci, merci d’être là Montréal ». Cette petite déclaration est saluée par une ovation et le concert reprend d’une autre manière. Au revoir les danseuses et les musiciens, la chanteuse s’installe au piano et entame la reprise d’On Brûlera, de Pomme. À la fin du premier refrain, elle est rejointe sur scène par les deux chanteuses, Pomme et Safia Nolin qui interprètent avec elle la suite de la chanson. Alors que le public déborde d’enthousiasme, Angèle semble enfin se détendre.

La suite du concert alterne entre musiques douces, interprétées au piano et à la voix, et quelques bombes électro qui font sauter tout le Centre Bell. Alors que la chanteuse entame tout doucement le premier couplet de la chanson féministe qui l’a fait connaître, Balance ton quoi (en hommage au mouvement #balancetonporc, équivalent français du mouvement #metoo), la scénographie change soudain : les petits chatons violets qui s’affichaient sur les grands yeux au-dessus de la scène sont remplacés par des doigts d’honneur, les danseuses et les musiciens reviennent et le public se déchaîne. Le Centre Bell au complet scande le refrain : « Laisse-moi te chanter / D’aller te faire en, hmm- / Ouais j’s’rai polie pour la télé / Mais va te faire en, hmm- » pendant que sur scène, les sept femmes magnifiques rendent les mots censurés beaucoup plus explicites.

*Photo par Tim Snow (evenko).

Le long concert d’Angèle sera survolté d’un bout à l’autre. En explorant de nombreux morceaux de sa discographie, la chanteuse nous offre plusieurs facettes, tantôt mélancoliques, tantôt puissantes, d’une jeune artiste tonique et vivifiante. La soirée se fait au rythme d’un empowerment féminin incroyable, mené par les danseuses et la chanteuse, et repris par le public du Centre Bell dont la majorité des membres est en pleine adolescence. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le style musical d’Angèle, on a pris un immense plaisir à voir des jeunes femmes et des jeunes hommes briser les codes des chansons d’amour quétaines pour chanter « Mais tu voudrais qu’elle soit ta reine ce soir / Même si deux reines c’est pas trop accepté / Mais tu voudrais qu’elle soit ta reine ce soir / Toi, les rois tu t’en fous c’est pas c’qui t’plaît » (Ta Reine).

Les Louanges en première partie

C’est le Québécois Les Louanges qui a assuré la première partie de la soirée. Vincent Roberge est arrivé sur scène avec ses musiciens et a présenté trente minutes d’une électropop lancinante et remarquable. L’ambiance était au rendez-vous, puisque de nombreuses personnes reprenaient en choeur les refrains des chansons, n’hésitant pas à allumer la lumière de son cellulaire pour rendre certains morceaux encore plus émouvants. Très heureux, Les Louanges a remercié le public d’un « Vous êtes fucking nice, merci » avant de rendre la scène à Angèle.

 

Liste de chansons :

  1. La Thune
  2. La loi de Murphy
  3. Tu me regardes
  4. Jalousie
  5. Les matins
  6. Victime des réseaux
  7. Insomnies
  8. Ta Reine
  9. On brûlera (de Pomme, avec Safia Nolin)
  10. Balance ton quoi
  11. Que du Love
  12. Perdus
  13. J’entends
  14. Tout oublier
  15. Flou
  16. Je veux tes yeux
  17. Oui ou non
  18. Flemme
  19. Silence (rappel) (de Damso)
  20. J’ai vu (rappel) (de Roméo Elvis x Le Motel)

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