Osheaga 2026 – Jour 3 | Sous la pluie, le périple musical d’une Gen X et d’une Gen Z
Inspirée par la chronique de notre rédacteur en chef sur la survie au Festif! de Baie-Saint-Paul avec deux jeunes enfants, je me suis demandée si une maman Gen X et une ado Gen Z pouvaient avoir du fun ensemble à Osheaga.
Spoiler : oui.
La veille nous en avait déjà donné la preuve. Je lui ai fait découvrir les mosh pits avec Ecca Vandal et nous avons eu une discussion spontanée sur les guitares, pédales et loops d’Angine de Poitrine. Elle m’a entraînée chez Sombr, qui m’a été révélé comme l’un des showmen pop les plus prometteurs de sa génération. Puis on a trippé notre vie à chanter et danser sur Empire of the Sun, ce qui a donné le coup de grâce à nos pieds meurtris.
Et dimanche? La pluie incessante et les retards sur l’horaire ont quasiment dilué et anéanti tout notre enthousiasme. Mais on l’a ressuscité à coup de gyros, de gaufres et d’échanges musicaux sous le parapluie. Voici notre récit, écrit à quatre mains.
BETWEEN FRIENDS – L’électro-pop qui nous a filé entre les doigts
Nous avions choisi de commencer la journée avec le duo californien BETWEEN FRIENDS. Retardées par les préparatifs imposés par la pluie, nous sommes arrivées juste à temps pour entendre leur plus grand succès, Affection. La Gen Z a d’ailleurs noté que la foule était étonnamment investie pour un « 15 h 30 sous la pluie », ce qui nous a laissé croire que nous avions raté un excellent concert d’électro-pop.
MICO – Le classique jeune artiste qui pourrait exploser
À peine leur prestation de BETWEEN FRIENDS terminée, le Torontois MICO, un choix de ma Gen Z, est monté sur la scène de la Vallée avec l’énergie de quelqu’un qui croit qu’il n’aura pas de deuxième chance. Son indie pop teintée de pop-punk contraste avec une voix R&B étonnamment maîtrisée, qui ont séduit une foule déjà bien investie avec des titres comme Senses, Homesick et Do It All Again. « Évidemment », selon ma consultante Gen Z, il représente bien sa génération : un mélange de mélancolie et d’énergie.
Si nous nous sommes entendues pour dire que sa musique demeure relativement générique, ma Gen Z a résumé la situation plus généreusement : c’est le classique jeune artiste qui pourrait exploser.
Mother Mother – Marquer plus d’une génération grâce aux réseaux sociaux
De retour à Osheaga après quinze ans d’absence, le groupe de rock indépendant théâtral originaire de Vancouver s’est produit devant ce que ses membres ont présenté comme la plus importante foule montréalaise de leurs vingt ans de carrière.
Peu de groupes illustrent aussi bien le pouvoir des réseaux sociaux à rapprocher les générations. Hayloft, paru en 2008, a connu une seconde vie en devenant la bande sonore de centaines de milliers de vidéos. Avec Hayloft II, Verbatim et Oh Ana, le groupe a attiré autant de têtes grisonnantes que de jeunes festivaliers qui en chantaient chaque parole.
Le groupe n’a rien perdu de ses harmonies vocales ni de l’énergie qui a fait sa réputation. Ma consultante Gen Z a résumé leur univers avec justesse : une esthétique sombre qui rappelle parfois Lana Del Rey, mais portée par une basse plus lourde et une énergie rock cathartique. De mon côté, ce fut tout simplement mon spectacle préféré de la journée.
Paris Paloma – Les bienfaits inattendus d’un horaire en retard
En revenant vers les scènes secondaires, nous avons profité d’un des rares avantages des retards qui s’accumulaient sur le site : attraper la fin de la prestation de Paris Paloma, une artiste dont l’art-pop sombre et théâtrale rappelle parfois Florence and the Machine. Vêtue d’une longue robe blanche aux allures de mariée gothique, l’autrice-compositrice britannique nous a immédiatement happées. À en juger par les quelques chansons entendues, c’est un concert que j’aurais aimé voir en entier.
Pour interpréter Labour, son plus grand succès, elle a invité Sofia Isella (qui se produisait plus tôt) sur scène. Ma consultante Gen Z m’explique qu’elle accompagne souvent des vidéos dénonçant la charge mentale et les multiples rôles encore imposés aux femmes. Ensemble, elles ont livré un duo puissant sur cette chanson devenue un véritable hymne féministe auprès de plusieurs jeunes femmes.
Au final, les retards d’horaire nous auront offert deux découvertes à surveiller.
Of Monsters and Men – Une formule qui fonctionne toujours
De retour à Osheaga pour une troisième fois depuis 2012, Of Monsters and Men était notre choix de consensus. Dès les premières chansons, on a retrouvé ce qui fait encore la force du groupe : la chimie intacte entre Nanna Bryndís Hilmarsdóttir et Ragnar Þórhallsson. Quinze ans plus tard, leurs voix continuent de se répondre avec une remarquable complémentarité, passant de l’intime aux envolées épiques.
Leur folk-pop, portée par les puissants toms du batteur Arnar Rósenkranz Hilmarsson, conserve cette énergie tribale qui a largement contribué à leur succès. La recette fonctionne toujours : lorsque résonnent Little Talks, Mountain Sound ou Dirty Paws, l’énergie monte instantanément de plusieurs crans.
Le groupe islandais est rassembleur. Rares sont les formations capables de créer un aussi large consensus entre les générations.
Subtronics – Un rush de sucre
Nous avons assisté à la prestation de la chanteuse de The Marías, qui présentait son projet solo Not for Radio. Ce n’est pas que la proposition manque d’intérêt, mais sa dream pop atmosphérique, lente et contemplative a mis notre endurance de festivalières à rude épreuve. Après des heures passées sous la pluie, ce n’était tout simplement pas ce qu’il nous fallait à ce moment de la journée.
L’enchaînement avec Subtronics fut aussi brutal qu’inattendu. D’abord séduites par cette décharge d’énergie bienvenue, nous avons rapidement compris que le spectacle fonctionnait comme un carré de sucre : effet immédiat, mais de courte durée.
Au menu : basses démesurées, pyrotechnie, lasers et une avalanche de sons viraux. Les extraits, souvent limités à une ou deux secondes, étaient trop courts pour être réellement savourés et espacées de sons psychotroniques qu’on a trouvé agressants.
Nous avons donc détourné notre attention vers une partie improvisée de Hister. Ma Gen Z a notamment reconnu Titanium, Set Fire to the Rain et Cupid’s Chokehold, tandis que la Gen X s’est défendue avec Heads Will Roll, Jump Around et Livin’ on a Prayer. Égalité sur My Humps et My Way, mais victoire facile de la Gen Z grâce à sa maîtrise d’une foule d’autres sons viraux, allant des jeux vidéo aux notifications de téléphone. Au final, ce petit concours improvisé s’est avéré une belle occasion d’échanges musicaux intergénérationnels.
Mes oreilles ont souffert. Cela dit, ce fût un spectacle réussi car les milliers de festivaliers présents semblaient plus que comblés. Montréal serait même, selon Subtronics, sa deuxième maison.
Major Lazer – Plus de morceaux, moins de bruit
Après Subtronics, Major Lazer nous est apparu comme une version plus accessible de la formule. Fondé par le producteur américain Diplo et complété par Walshy Fire et Ape Drums, le collectif privilégie les chansons aux simples extraits viraux, ce qui rend l’ensemble beaucoup plus cohérent, aux dires de la Gen Z.
Nous avons particulièrement apprécié l’ajout de la chanteuse britanno-jamaïcaine America Foster, qui accompagne désormais le projet. Cette performance collective, portée par des danseuses, des écrans géants, des jeux de lumière, des nuages de fumée et des visuels colorés, était parfaitement taillée pour un spectacle de fin de soirée.
Nous avons également reconnu plusieurs des titres utilisés plus tôt par Subtronics, dont le classique de House of Pain. D’ailleurs, je me suis demandé ce que feraient les DJ si Jump Around n’avait jamais vu le jour. Mais, comme l’a fait remarquer ma consultante Gen Z, Major Lazer laisse davantage respirer ses morceaux, ce qui permet réellement de les apprécier et de les danser plutôt que de simplement les reconnaître.
Au final, Major Lazer n’était pas notre tasse de thé, et nous nous sommes demandé pourquoi nous avions programmé autant d’électro dans la même soirée. Cela dit, sortir ce genre musical festif et populaire de son habituelle scène de l’Île s’est révélé une excellente décision. Des milliers de spectateurs ont bravé la pluie pour s’éclater sur cette succession de succès dansants.
Plus largement, cette édition d’Osheaga nous a rappelé à quel point une programmation bien équilibrée peut rassembler. Entre artistes découverts par la Gen Z sur les réseaux sociaux et groupes qui accompagnent la Gen X depuis plus d’une décennie, les occasions de vibrer ensemble n’ont pas manqué.
Nous sommes rentrées fatiguées, trempées, mais tout de même heureuses de cette journée de compromis, de découvertes et de discussions musicales. Pourtant, c’est la veille qui nous est restée en tête : en quittant le parc, nous chantions encore à tue-tête « Alive » d’Empire of the Sun, notre consensus final et, sans l’ombre d’un doute, notre spectacle d’Osheaga 2026.
Photos en vrac
BETWEEN FRIENDS (par Manon Duval)
MICO (par Manon Duval)
Mother Mother (par Marie-Claire Denis)
Paris Paloma (par Manon Duval)
Of Monsters and Men (par Marie-Claire Denis)
Major Lazer (par Marie-Claire Denis)
- Artiste(s)
- Between Friends, Major Lazer, MICO, Mother Mother, Of Monsters And Men, Paris Paloma, Sofia Isella, Subtronics
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Parc Jean-Drapeau
- Catégorie(s)
- Art rock, DJ set, Dream pop, Electro, Folk, Indie Rock, Pop,
Événements à venir
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vendredi
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vendredi


























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