Fink

Entrevue avec Fink | Les joies d’être de retour en sol canadien

Les chanteurs folk ne sont pas une espèce rare, mais ceux qui perdurent dans le temps, avec pertinence et intention, comme Fink, le sont plus. En marge de son concert au National à Montréal le 8 août, Sors-tu? s’est entretenu avec l’auteur-compositeur-interprète anglais à propos de sa tournée imminente, son dernier album, et son amour du public canadien.

À l’aube de quitter son Angleterre natale pour cinq semaines sur la route aux États-Unis et au Canada, Fink, de son vrai nom Fin Greenall, est fébrile, mais surtout « très excité ». Son affection pour le public nord-américain, et particulièrement pour les spectateurs canadiens, remonte à loin. Il vient au Canada depuis son adolescence, où il y a fait plusieurs voyages de backpacking, et, en tant qu’artiste en prestation, ce sera sa sixième présence à Montréal. Ses multiples concerts au pays lui ont permis de développer une belle relation avec le public canadien, qu’il compare d’ailleurs au public européen pour la sensation chaleureuse qu’il lui procure. « On s’y sent vraiment chez nous [au Canada]  en tant que groupe. Le Canada dégage une ambiance géniale pour nous. Chaque fois qu’on a joué à Montréal, à Toronto et à Vancouver – au moins à chaque cycle d’album –, on a établi une relation, on a le sentiment d’y être déjà allés. On s’y sent vraiment les bienvenus. C’est naturel d’y revenir », indique-t-il.

La relation de Fink avec la tournée, plus largement, a évolué au fil des ans. Lui qui voyait le fait de devoir se promener de ville en ville pour faire des spectacles pendants plusieurs semaines comme un « mal nécessaire », dit aimer ça énormément. « Maintenant, je considère que, sans vouloir tomber dans le cliché, c’est un véritable honneur qu’on nous le propose. C’est agréable d’être populaire. Quand on arrive sur place et qu’on monte sur scène, comme chaque concert est tellement différent pour nous, ça signifie que chaque jour nous offre une nouvelle occasion de créer une musique vraiment intéressante qui n’aurait jamais vu le jour si on n’avait pas fait l’effort de venir », explique le chanteur natif de St Ives en Angleterre.

Un spectacle sans pression

Pour ce qui du spectacle en tant que tel que Fink vient présenter de notre côté de l’Atlantique, ce sera « un 90 minutes de musique vraiment profonde, pleine de morceaux magnifiques, magnifiques, magnifiques », assure-t-il. Le chanteur sera accompagné d’un batteur et d’un bassiste, c’est tout. Il veut laisser la musique parler et laisser place à l’intimité du moment. « On veut proposer un spectacle un peu plus profond musicalement. […] Ce sera très libre et très ouvert. On va jouer les morceaux qu’on a envie de jouer, mais il y aura aussi plein de moments où on pourra profiter de la musicalité [de notre trio] sur scène », explique-t-il.

Une bonne partie des morceaux joués lors de la tournée seront tirés du plus récent album de Fink, The City Is Coming to Erase It All, paru en juin dernier, une oeuvre de laquelle le principal intéressé est très fier, et qu’il qualifie de « succès ». Il souhaitait y aborder plusieurs thèmes, principalement la nostalgie des lieux, la connexion à sa famille, l’idée de la vie qui nous rattrape constamment. « J’étais très ancré et très centré quand j’ai écrit cet album, et je voulais qu’il soit le reflet fidèle d’un homme qui se sent bien dans sa peau. Je continue à réfléchir aux mêmes choses, mais depuis un état d’esprit très serein et ancré, et non plus depuis un état d’insécurité et d’instabilité », confie-t-il.

Si son état mental et ses préoccupations ont changé avec les années, son processus d’écriture, lui, est resté le même. « Il s’agit de mettre à nu des moments, des pensées et des émotions, et de les refléter de la manière la plus poétique et la plus honnête possible, car ce sont ces chansons-là qui fonctionnent le mieux. J’ai vraiment compris ça », conclut-il.

 

Âgé de 53 ans, Fin Greenal cumule plus de vingt ans de carrière et a 11 albums derrière la cravate. En plus d’être auteur-compositeur-interprète, il est également guitariste. Il a écrit des chansons pour plusieurs artistes, dont John Legend et Banks, et a lancé son propre label, R’COUP’D Records, une filiale de Ninja Tune. Plusieurs l’ont découvert avec son succès, Looking Too Closely, sortie en 2014. Fink sera de passage au National le 8 août prochain. Pour des billets, c’est par ici.

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