crédit photo: Antoine Saito
Orchestre Symphonique de Montréal

L’OSM et la deuxième symphonie de Mahler en concert d’ouverture | Payare exalté à en perdre sa baguette!

C’est sur un programme double ambitieux que s’ouvre la 89 ième saison de l’OSM sous la baguette du Maestro Payare. L’énergique chef de l’OSM affiche ses couleurs dans une direction très incarnée et affichant une compréhension profonde de l’oeuvre de Mahler. Ça promet pour cette saison durant laquelle sa 3ième et sa 5ième symphonies sont aussi au programme.

La séance a débuté avec une œuvre contemporaine, la nouvelle pièce pour orchestre, Time du compositeur d’origine autrichienne Thomas Larcher. Présent lors de la représentation de ce vendredi soir, Payare l’a invité à venir saluer la foule après cette incursion brève dans son imaginaire musicale.

En effet, on peut dire qu’il s’agit d’une mise en bouche audacieuse comme cette pièce débute en nous donnant l’impression d’être au milieu de l’action. Explorant le rapport au temps,  cet univers inquiétant dans lequel Payare nous a guidé a su captiver une large majorité de l’auditoire. Le premier mouvement laissant une place immense aux percussions surprenait un peu. L’image du temps qui s’écoule étant très musicalement présente, d’emblée les spectateurs étaient sur le qui-vive.

Le deuxième mouvement débutant par un heureux solo de violoncelle , la table était mise pour des couleurs plus harmonieuses et rassurantes. L’oeuvre Time s’imprégnant comme une fable dont la morale serait de nous questionner sur notre rapport au temps, les secondes se bousculaient pour nous amener au 3ieme mouvement. Celui-là féérique si j’ose dire a su nous amener vers la suite du programme.

Ce choix en début de course a eu un effet d’entrainement pour la suite. De façon surprenante, elle finit en nous laissant sur le bout de notre siège pour la suite. 

 

Le plat principal: La Symphonie numéro 2 en do mineur de Gustav Mahler

Il vaut la peine de souligner de prime abord l’intensité du chef et sa compréhension de l’oeuvre de Mahler. La symphonie dite de la Résurrection est une oeuvre colossale que le chef a su aborder disons le, courageusement, dans le moindre détail.

Le premier mouvement  Allegro maestoso débute comme une marche funèbre dont on reconnait le rythme assez répétifi. Cuivres et cordes nous amènent un thème magnifique et l’exécution remarquable de l’orchestre qui suit son chef comme si leur vie en dépendait sait rendre justice à la gravité de l’oeuvre.

Le deuxième mouvement Andante moderato nous embarque davantage dans la romance. Plus harmonieux et disons le, tranquille, les spectateurs ont pu se laisser bercer par les magnifiques cordes de l’ensemble. La maison symphonique et la disposition de l’orchestre permettait d’entendre le travail précis et détaillé de Payare pour laquelle cette partition n’a aucun secret. Magnifique moment d’enchantement pour tous.

* Photo de courtoisie par Antoine Saito.

Le scherzo au 3ième mouvement encore une fois très bien exécuté, les moments triomphants le furent tellement que notre Maestro en a perdu sa baguette de chef (littéralement). On a eu droit à un bel attrapé par un spectateur suivi d’une passe par le premier violon. Serais-je entrain de d’écrire un match sportif? J’aurais tendance à dire : presque!  Comme les deux derniers mouvements font Urlicht et Im Tempo des Scherzos s’enchaînent en nous laissant à peine le temps de prendre notre souffle. On peut dire qu’il s’agit bel et bien d’une oeuvre sportive!

En rafale dans les points saillants de ces mouvements, mentionnons la justesse, la douceur et la délicatesse d’interprétation de la mezzo-soprano Karen Cargill. Sa voix qui s’entremêlait aux instruments, celle-ci étant placée dans les rangs de l’orchestre, a subjugué l’auditoire. Dans le dernier mouvement Dorothea Röschmann ne donne pas sa place mais on peut dire que le choeur de l’OSM a de quoi éblouir. Mené par le chef de choeur Andrew Megill, les voix d’hommes et de femmes se donnent la réplique en fin de parcours dans des solos parfaitement exécutés.

* Photo de courtoisie par Antoine Saito.

L’apparition des cuivres en haut de la scène encadrant l’organiste qui vient ajouter sa touche à la finale triomphale faisant frissonner la maison symphonique au complet fut comme on peut dire, le moment le plus lumineux et éclatant. Je peux vous le garantir: personne ne dormait!

Je le prédis, portant bien mon nom de famille, cette saison pendant laquelle la baguette de Payare nous conduit dans les symphonies de Mahler sera des plus inoubliables.

* Photo de courtoisie par Antoine Saito.

 

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