Les veillées acoustiques de la Place des Arts | Tout doux, Velours Velours
C’est dans le cadre de la programmation Les Veillées acoustiques de la Place des Arts que se produisait jeudi soir l’auteur-compositeur-interprète Raphaël Pépin-Tanguay, mieux connu sous le nom de Velours Velours, à deux reprises (une fois à 20h, une autre à 22h). Le public présent dans la salle Claude-Léveillée ignorait toutefois à son arrivée qu’il allait partager un moment unique avec l’artiste : l’enregistrement de son second album. Pendant près de 90 minutes, le Gaspésien de 23 ans, seul sur scène avec ses différentes guitares, a interprété l’ensemble de son répertoire de façon chronologique. Ce concert était définitivement une idée de génie pour mettre en valeur toute sa poésie et ses accords. Ajoutons à tout ça une proximité d’exception et l’écoute respectueuse des 110 spectateurs qui lui ont offert le « safe place » idéal pour l’occasion.
VELOURS VELOURS, UN PORTRAIT
Quand ils se sont croisés à Petite-Vallée il y a quelques années, le musicien français Daran avait déjà cerné le style de musical de Raphaël Pépin-Tanguay, lui attribuant le surnom de « Velours ». C’est plus tard, alors qu’il se trouvait à l’Atomic Café dans le quartier Hochelaga, que Raphaël décida d’y aller d’un doublé : Velours Velours. Son arrivée sur la scène musicale québécoise est assez récente (2020), mais son ascension, rapide et méritée selon plusieurs. Gagnant du Prix de la Fondation Socan en 2022 et élu Artiste à surveiller par Radio-Canada l’année suivante, il s’est d’abord fait connaître avec son EP Fauve (2022), suivi de Quand je pleure, je suis content à la fin du mois de janvier 2025.
TOUT EN DOUCEUR
Il n’est pas rare qu’une performance solo accorde une place de choix à l’improvisation musicale (qui s’éternise parfois un peu trop), mais Velours Velours n’a pas du tout abusé de ce privilège, se limitant à de courtes introductions ici et là. Il arrivait même que ses guitares jouent un rôle quasi secondaire quand il était au micro, un équilibre parfait (et un travail remarquable de l’équipe du son). Cette soirée intime a donné la chance au public d’en apprendre davantage sur son parcours et la genèse de certains morceaux. Il a confié que son arrivée à Montréal en 2019 avait provoqué chez lui une urgence de vivre, une soif de liberté et l’occasion d’élargir son réseau social. Pendant cette période, il a aussi fait la rencontre des membres de son groupe. Un mélange parfait pour éveiller son inspiration.
SI ON S’ATTARDAIT À QUELQUES MORCEAUX
Le sympathique musicien a débuté la soirée avec Je t’aime, écrite à l’âge de 16 ans, suivie de Jeux d’enfants, une pièce entendue depuis longtemps sur certaines chaînes de radio. Les fauves, avec ses forts accents mélancoliques, nous a rappelé à quel point il est doué pour le choix des mots justes, qui savent comment nous transpercer l’âme ; définitivement notre coup de cœur de la soirée. C’est formidable de savoir que ses admirateurs auront bientôt accès à cette version. Puis, il y a eu Tournesol, inspirée de sa Gaspésie, une composition symbolisant le soleil, le matin d’un départ. Un peu plus tard, il s’est amusé en interprétant L’énorme chien très gentil, incluant quelques sonorités country, avant de revenir avec des thèmes plus sérieux dont Corde à linge, qui raconte l’histoire « d’un amour excessif ». Elle a été écrite spontanément alors qu’il était plongeur dans un restaurant dans Hochelaga, et il lui a réservé une jolie finale instrumentale. Il a d’ailleurs confié que depuis ses débuts, plusieurs pièces ont été composées presque instantanément, et qu’à présent, il fait face à un nouveau défi dans sa création : « Ça fait deux ans que j’ai pas écrit de tounes ». Tout en expliquant que c’est nouveau pour lui de devoir réfléchir pour écrire et qu’il a plutôt l’habitude « que ça lui tombe dessus ». En quête d’inspiration, il lui arrive de s’isoler au chalet de son ami Alex Burger (Bon Enfant). Ses musiciens l’accompagnent parfois, faisant place à des vibrations différentes ; la pièce Yeah en est le parfait exemple. Avant de se prêter à une séance de questions / réponses avec le public (écourtée en raison du second spectacle prévu pour 22h00), il nous a offert une nouvelle composition, sans titre pour le moment. On gardera le souvenir d’un concert tout près de l’artiste, dans tous les sens du mot… en attendant la parution de ce nouvel album.
L’équipe de la Place des Arts a créé Les Veillées acoustiques dans le but de promouvoir la scène francophone actuelle, et la sélection des artistes de cette édition était impressionnante. Nul doute que cette expérience est à renouveler, pour longtemps. Le prochain artiste à se produire sera Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque), le 30 avril prochain. Sans surprise, c’est déjà complet !
- Artiste(s)
- Velours Velours
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Salle Claude-Léveillée
- Catégorie(s)
- Acoustique, Chanson, Contemporaine, Folk, Folk pop, Francophone, Québécois,
Événements à venir
-
samedi
-
dimanche
Vos commentaires