Anat Cohen Quartet

Francouvertes 2020 | Aperçu du Soir 5 : Jeremy Lachance, Désarroi et La Fièvre préparent une soirée hétéroclite

Le soleil se pointe le bout du nez et la neige commence à fondre. C’est signe qu’on commence à être bien entré dans la routine des Francouvertes. Déjà, douze artistes ont tenté de se démarquer au Lion d’or, et il sera de plus en plus difficile de se tailler une place parmi les neuf positions de tête du palmarès. Lundi prochain, en dépit des nombreuses annulations de spectacles un peu partout au Québec, Les Francouvertes se poursuivront et ce sera au tour de Jérémy Lachance, Désarroi et La Fièvre de tenter leur chance. Deux projets folk et un trip de sorcières électroclash. On ne peut pas dire que les Francouvertes soient à une surprise près cette année.

Jeremy Lachance

Jeremy Lachance joue de la musique depuis un bout, mais a décidé de se présenter sous son propre nom depuis peu. À preuve, son profil Facebook n’a été créé qu’en décembre dernier. Sur Bandcamp, on peut trouver un EP enregistré en 2017 sous le nom d’artiste La Barrique. C’est un parcours atypique que le sien: plusieurs participants des Francouvertes ont fait paraître de la musique récemment, ou débarquent au Lion d’or après plusieurs spectacles. Cette année, Jessy Benjamin, La Faune et Dope.gng, entre autres, avaient fait paraître un album complet dans les mois précédant leur passage. Jeremy, lui, n’était pas sur beaucoup de radars lorsque son nom a été annoncé, et le public est peut-être moins familier avec son univers.

Cet univers qu’il nous présente, on peut dire qu’il baigne dans la guitare acoustique et la voix lumineuse. Ou en tout cas, c’est ce qui découle des quatre pièces de son EP, qui fêtera son troisième anniversaire bientôt. Comme on peut s’en douter, Jeremy offrira de nombreuses nouvelles chansons pour meubler sa demi-heure sur scène. Sa nouvelle page Facebook indique également qu’il travaille avec quatre musiciens, dont un seul avait participé à La Barrique. Jeremy ne peut donc que causer une surprise, comme une équipe de hockey qui va repêcher un joueur obscur du fin fond des ligues d’Europe. Est-ce que ce sera le prochain Henrik Zetterberg musical?

Désarroi

Contrairement à Jeremy, on peut avoir une bonne idée du matériel que présentera Marc-Antoine Gagnon, auteur-compositeur-interprète qui opère sous l’alias Désarroi. C’est qu’il a fait paraître un court EP pas plus tard qu’à la fin février. Deuxième essai : Le temps d’embellir mes cicatrices présente un son plus alternatif et un peu plus sombre que celui de Jeremy. Même s’il qualifie lui-même le projet d’embryonnaire, Désarroi a déjà bien absorbé ses influences, qui laissent voir un penchant pour le rock progressif et planant des années 1970.

Ce n’est pas le genre de musique qui donnera envie au public de se lever de sa chaise et danser comme la semaine dernière. Avec un nom comme Désarroi, on peut s’attendre à quelque chose de plus plaintif, de plus contemplatif, mais aussi de franchement bien ficelé. Un peu comme si Harmonium avait eu une passe emo. Reste à voir de quoi aura l’air le projet sur scène. Pour ceux qui ont manqué son passage au Quai des brumes il y a quelques semaines, ce sera l’occasion de voir ce qu’il en est de ce bonhomme.

La Fièvre

Après deux projets qui s’annoncent plus doux, l’intensité pourrait bien augmenter avec La Fièvre. Le duo est capable de créer des pièces aux ambiances glauques et oniriques. Mais deux chansons parues l’année dernière montrent que le groupe est capable de frapper fort. Les pièces Survivante et La marge sont bâties sur des rythmes électroniques et des claviers, avec un côté non sans rappeler la musique électroclash de Peaches. La marge en particulier fait partie de ces chansons synthétiques qui semblent traitées comme une chanson punk revendicatrice.

Si une chose est sûre, c’est que La Fièvre est profondément ancrée dans cette marge. Si bien qu’on se doutait déjà de leurs affinités avec la sorcellerie avant même d’avoir écouté la capsule de la série Les 21. Les Francouvertes semblent faire une belle place à la musique plus expérimentale et champ gauche cette année. On a pu le voir déjà avec Embo/phlébite et Narcisse. La Fièvre est un autre projet qui risque de dérouter certains, mais de séduire les mélomanes en soif de nouveautés.

La cinquième soirée des Francouvertes aura lieu ce lundi 16 mars au Lion d’Or dès 20h. C’est Émilie Proulx qui ouvrira la soirée avec la série J’aime mes ex. Finaliste du concours-vitrine en 2007, l’autrice-compositrice-interprète a fait paraître un mini-album il y a quelques mois. On avait également pu entre autres la voir accompagner Anaïs Constantin lors de sa participation au même concours-vitrine l’année dernière.

Il est encore possible de se procurer des billets pour la soirée. Il ne faudrait toutefois pas tarder à réserver sa place: tous les billets alloués à la billetterie électronique du Lion d’or ont été vendus rapidement lors de deux des quatre soirées jusqu’à maintenant. De plus, en raison des mesures restrictives imposées pour les rassemblements en raison de la crise du coronavirus, Les Francouvertes ont avisé que « les soirées de préliminaires ont toujours lieu, mais seront restreintes à un public de 249 personnes. »  Nous serons du nombre!


* Cet article a été produit en collaboration avec Les Francouvertes.

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