Entrevue avec Malaka | Une juteuse affaire de famille caribéenne
La formation française aux racines guadeloupéennes Malaka est de retour au Québec ces jours-ci pour une deuxième tournée en sol québécois. Tout au long de la semaine, le duo visitera la petite municipalité de Nouvelle en Gaspésie mercredi, ainsi que Péribonka vendredi et le Festival de la chanson de Tadoussac samedi. Le voyage culminera en beauté ce dimanche 14 juin 2026 avec un concert extérieur gratuit à 17h sur la scène Brasseurs de Montréal de l’Esplanade tranquille, lors des Francos de Montréal. Nous avons rencontré les deux sœurs, Laurina et Sacha, pour discuter de leur plus récent album «Mang», leurs inspirations, de racines identitaires et de cette tournée québécoise.
Né pendant le confinement, Malaka est bien plus qu’un groupe : c’est une histoire de famille, d’identité et d’acceptation de soi, où la grande sœur est manager, les tenues sont cousues par la mère, la communication orchestrée par le père et où la musique coule comme un fruit mûr aux saveurs de la Guadeloupe.
Cette identité caribéenne s’exprime à travers de nombreuses références aux fruits exotiques, comme la pomme malaka au goût doux et légèrement sucré à laquelle le groupe doit son nom. L’album Mang porte d’ailleurs cette identité en lui : contraction subtile de «mangues», fruits savoureux, et «mangrove», ces fortes racines qui protègent farouchement les côtes de la Guadeloupe. Une double image puissante qui dit tout du groupe : solidement ancré tout en offrant une musique organique, juteuse et pleine de fraîcheur.
On voulait dans cet album retrouver ce côté fruité qui donne envie aux gens de venir écouter notre album. On a fait un voyage toutes les trois, avec notre grande sœur, il n’y a pas longtemps et on a découvert les mangroves à ce moment-là, et ça nous a vraiment hyper inspiré et c’est un peu à partir de là qu’est né Mang, et du coup, on a mixé les deux.
La piste Woulé illustre parfaitement cet enracinement : rythmes traditionnels guadeloupéens, sons organiques et textes en français teinté de créole.
À travers six titres, dont Woulé, Run, Ulo en collaboration avec Flavia Coelho, Blacky Blood, Mangrove et Mercy, l’univers sonore de Malaka a beaucoup évolué depuis leurs débuts, notamment avec l’ajout du percussionniste Timothée Faure. Musicalement, on sent la chaleur du soul, mais aussi la modernité audacieuse tel Tyler, The Creator et Rosalía. Ces influences ne sont pas anodines. Comme la chanteuse catalane ou le génie d’Odd Future, Malaka refuse les cases stylistiques étroites.
On aime décrire notre son comme un soul franco-caribéenne. Dans l’album, la chanson Woulé, qui part d’un rythme traditionnel de la Guadeloupe et le son de Mangrove aussi, qui sont vraiment deux sons, avec des percussions plutôt organiques et en même temps hyper rythmé des textes français mélangés avec du créole. En vrai, c’est un peu l’identité vers laquelle on se dirige dans nos nouvelles créations.
Retour au Québec
Malaka porte un message profond : l’acceptation de soi et de ses racines. Elles évoquent leur propre parcours, celui de jeunes femmes d’origine caribéenne naviguant entre plusieurs cultures. « L’album parle beaucoup d’acceptation des racines et de l’identité », souligne-t-elle. Ces thèmes résonnent particulièrement auprès du public québécois. Lors de leur tournée en février, l’accueil chaleureux les a profondément marquées.
Au Québec, les gens sont très ouverts et enthousiastes, contrairement à une certaine réserve qu’on peut parfois rencontrer en France.
Malaka rêve de découvrir davantage les grands territoires naturels du Québec et de continuer à rencontrer cette population accueillante. Participer aux Francos de Montréal représente d’ailleurs un rêve devenu réalité. « Ce festival paraissait autrefois inatteignable pour nous. C’est une belle porte d’entrée », disent-elles.

Pour leur tournée québécoise, Malaka s’éloigne des productions surchargées: beaucoup de danse, beaucoup de rythmes, deux voix distinctes, un jeu musical épuré et une invitation au public de ressentir pleinement:
En vrai notre set, c’est un peu les montagnes russes! On aime bien aller voir un concert et ressentir plein d’émotions, mais il y a des moments très intenses. On commence doucement et il y a du temps très énergique, donc c’est un mix de plein de choses. Il faut être prêt à bousculer ses émotions.
Elle continue avec le rire au lèvres:
Bah, c’est vrai, parce qu’on parle de pleurer, on parle de rigoler, on parle de danser, revendiquer, il y a plein de choses vraiment, il faut juste vouloir passer un bon moment.
Sacha et Laurina incarnent avec grâce cette nouvelle génération d’artistes qui réconcilient héritage et modernité sans jamais trahir leur essence. Entre les racines profondes des mangroves guadeloupéennes et la légèreté des fruits exotiques, le duo signe une musique ancrée, chaleureuse et familiale.
- Artiste(s)
- Malaka
- Ville(s)
- Montréal, Péribonka, Saint-Fabien, Tadoussac
- Salle(s)
- Auberge Île Du Repos, Esplanade Tranquille, Jardin Hydro-Québec du Festival de la chanson de Tadoussac, Pub Brasseur de Montréal, Vieux-Théâtre de Saint-Fabien
- Catégorie(s)
- Folk, Soul,
Événements à venir
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vendredi
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samedi
Festival de la chanson de Tadoussac
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dimanche
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