Critiques Concerts et spectacles à Montréal et Québec
Clown(s) au Théâtre Maisonneuve | Quand l’opéra fait son cirque
L’excitation est palpable dans le Théâtre Maisonneuve en cette dernière soirée glaciale de janvier, où le public est venu chercher un peu de chaleur et d’évasion. Et c’est ce qu’il trouve dans ce spectacle lumineux, exubérant et émerveillant. Dès le début de cette « favola in musica » (fable musicale), on est immergé dans l’univers du cirque et des saltimbanques pendant la courte heure et quelques minutes que dure le spectacle, qui passe à une vitesse folle, comme un rêve. Tous les artistes sont sur scène; on ne sait pas distinguer les chanteurs des artistes circassiens et des musiciens, mais cela n’a pas d’importance parce qu’ils racontent tous la même histoire, celle du (ou des) clown(s).
Kiki et la colère au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui | Une tragicomédie punk
Dans sa première œuvre pour le théâtre, le poète et cinéaste Alexandre Dostie fesse fort avec Kiki et la colère, un récit trash qui décortique les mécanismes de la colère et ses racines dans un milieu pauvre et bercé par la violence. Dans une scénographie troublante de Maude Janvier, un frère et une sœur, incarnés par Francis La Haye et Noémie O’Farell, se démènent à trouver leur cockatiel Kiki, qui finira par apparaître sous forme humaine (Tommy Joubert). Incursion dans l’univers d’un méchant moineau.
Boîte noire à Duceppe | Dystopie? Non, chronique d’un effondrement annoncé
Peut-être faudrait-il commencer cette critique par un avertissement. Ce que vous allez voir avec Boîte noire est réalistement déprimant. Ce spectacle fait état d’une convergence de mauvaises décisions humaines… du même acabit que celles qui ont été prises dans le monde ces dernières années. De celles qui sont en train d’hypothéquer de manière certaine notre avenir. Est-ce que la boîte en question – qui doit nous permettre de faire de meilleurs choix – est en mesure de nous sauver, ou au contraire, d’exacerber la gangrène capitaliste qui nous guette? Boîte noire, c’est ça : une confrontation narrée qui résonne douloureusement avec notre présent; un dernier appel à la conscientisation avant qu’il ne soit vraiment trop tard…
Changer de vie à La Licorne | Le reflet d’une vie meilleure?
Cette proposition de Catherine Léger offre une écriture chirurgicale, où humour et absurdité flirt pour dénoncer des préoccupations profondes. Des interventions saccadées, des sketchs entrecoupés d’ellipses temporelles incarnent très bien la vitesse absurde à laquelle les humains croient devoir interagir pour trouver un sens à leurs émotions.
Use et abuse | Quand l’art pousse son cri contre l’économie qui l’étouffe
Il y a des soirs où une scène devient un champ de bataille invisible, un territoire où deux forces qu’on croyait compatibles cessent soudain de se tolérer. Au Périscope, Christian Lapointe et Alix Dufresne ont livré une performance qui n’en est pas vraiment une, un geste vivant qui se tord et se réinvente sous les yeux du public, pendant qu’en arrière plan, sur un écran géant, le philosophe Alain Deneault expose sans détour Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art. Deux langages, deux rythmes, deux réalités qui se chevauchent sans se toucher vraiment, rappelant combien on a mélangé deux choses qui ne devraient jamais cohabiter : l’art et le capitalisme.
Fanny à La Bordée | Quand les convictions heurtent les zones grises du coeur
Il y a des soirs où une salle de théâtre semble retenir son souffle pour donner naissance à une réflexion plus vaste que la scène elle-même. À La Bordée, Fanny, pièce étant le fruit d’une commande faite par Rébecca Déraspe en 2019, est mise en scène avec une assurance tranquille par Marie-Hélène Gendreau et Hubert Lemire. Elle explore la fragilité du couple, les définitions mouvantes du féminisme et ces lignes floues où les idéaux trébuchent sur la réalité. Présentée jusqu’au 6 décembre, l’œuvre entraîne le public au cœur du quotidien feutré de Fanny (Marie-Thérèse Fortin) et de Dorian (Jacques Laroche), un couple encore amoureux, encore soudé, encore certain de maîtriser les règles de son propre monde… jusqu’à ce qu’une étudiante de 22 ans s’y installe et fasse trembler leurs fondations.
Le Magasin à l’Espace Go | Une expérience immersive
La pièce de théâtre Le Magasin est présentée à l’Espace GO du 26 novembre au 6 décembre. Cette pièce peu conventionnelle plonge les spectateurs dans une expérience immersive de sons et de lumières pendant 55 minutes. Aucune parole n’est prononcée au cours de la performance : c’est au spectateur de faire ses propres interprétations face à ce qu’il se passe sur scène.
Best of du Projet Bocal | Rendez-vous avec l’absurde
La table est mise pour un enchaînement de scènes qui nous transportent non pas dans un univers, mais dans un trip d’amis très proches avec qui tout est permis. Tout est tellement différent d’un sketch à l’autre, sauf l’oeil allumé des trois complices, avares de taquinerie et de provocation de surprises.
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