C’est sous un ciel doux que Willow a foulé la scène TD du Festival International de Jazz de Montréal le 30 juin dernier, au lendemain d’un passage remarqué à Ottawa. Devant une foule généreuse mêlant fans de la première heure et curieux venus découvrir l’artiste jazz qu’elle est devenue, la musicienne, fille des acteurs Will Smith et Jada Pinkett Smith, qui s’est peu à peu émancipée de son image familiale pour s’imposer comme une artiste respectée dans les milieux du jazz expérimental, a offert un spectacle à l’image de son dernier album Petal rock black : ambitieux et en constante reconstruction. Le disque se construit comme un cycle de métamorphose, ouvert par une invocation du légendaire George Clinton et refermé par un écho de cette même phrase chantée par Willow elle-même, une figure de cocon qui traverse tout l’album. C’est peut-être ça, le vrai chantier de la soirée : non pas une pierre qu’on taille de l’extérieur, mais une transformation intérieure que l’artiste tente de rendre publique, avec les hésitations que cela suppose.