Le Prospero est un lieu de création et de diffusion situé sur la rue Ontario à Montréal. Sa mission est de promouvoir la création théâtrale issue d’œuvres contemporaines ou de textes appartenant au répertoire mondial et favoriser sa diffusion. Produire des spectacles, accueillir des compagnies, soutenir la scène émergente.
Le lieu abrite deux salles de spectacles : la Scène principale d’une capacité de 170 sièges et la Salle intime pouvant accueillir jusqu’à 45 spectateurs. Un café-bar situé au deuxième étage, est ouvert une heure avant et après les représentations.
On a invité la troupe australienne Back to Back Theatre, dont la pièce The Shadow Whose Prey The Hunter Becomes a déjà été à l’affiche à New York et au Royaume-Uni, à venir charmer le public du FTA au théâtre Prospéro. La mission de cette troupe, fondée en 1987 dans le but de fournir un emploi aux personnes présentant un handicap, est de renouveler le discours sur divers sujets, dont la condition humaine, l’appropriation culturelle ou l’intimidation.
4.48 Psychose de Sarah Kane brûlera les planches du Théâtre Prospero jusqu’au 22 mai, après avoir carbonisé celles de La Chapelle en 2016 et du théâtre Paris-Villette en 2018. Les mots « In Yer Face » de l’autrice, le jeu puissant de Sophie Cadieux et la vision pop du metteur en scène Florent Siaud s’y rejoignent dans une œuvre transcendante.
L’âge du consentement, présentée au Théâtre Prospero, explore les déboires de la société et l’impact qu’ils ont sur les enfants. Tirée d’un évènement historique d’Angleterre des années 1990 où deux jeunes enfants ont kidnappé, torturé puis tué un enfant de deux ans, The age of consent de Peter Morris est traduite pour la première fois en français par Pierre Mandeville. Regard sur une mise ne scène par Philippe Gauthier d’une pièce ayant suscité la controverse et même l’appel au boycott lors de ses premières représentations en 2001, en Grande-Bretagne.
Dès le 7 février, les théâtres et salles de danse de la métropole pourront accueillir à nouveau leur public, à 50% de leur capacité (et pour un maximum de 500 personnes par représentation). Du côté des scènes musicales, très peu de nouvelles: beaucoup ont reporté leur programmation au printemps. Mais du côté du théâtre, ça se passe! Survol de la reprise des activités culturelles montréalaises.
Court théâtre poétique autant que long poème théâtral, La maladie de la mort est d’abord un bref roman de Marguerite Duras que la metteure en scène Martine Beaulne a adapté pour deux voix : le personnage de l’homme, interprété par Paul Savoie, formant un couple fantasmé avec la femme que Sylvie Drapeau incarne à la hauteur d’actrice d’exception qui la précède. Le tandem, aussi maladroit en amour qu’il soit, livre une performance absolument éblouissante au Théâtre Prospero.
L’événement, qui en est à sa troisième édition, est devenu un incontournable pour quiconque s’intéresse aux écritures actuelles en théâtre et qui se donne la chance de faire des découvertes d’auteurs étrangers dont souvent le travail est encore en gestation. C’est le cas pour « Nous, l’Europe, banquet des peuples », de l’auteur français Laurent Gaudé, qui fera partie en juillet prochain du vénérable Festival d’Avignon.
Même mort à seulement 37 ans en 1982, Rainer Werner Fassbinder fascine toujours autant par le parfum de scandale entourant son œuvre. Malgré sa brève existence, il aura réalisé 26 films et écrit 22 pièces de théâtre formant un tout cohérent. Les larmes amères de Petra Von Kant a été créée en 1971, pour devenir l’année suivante un film dont le tournage s’était bouclé en 10 jours. Au Théâtre Prospero en ce moment, on ne pourrait espérer mieux qu’Anne-Marie Cadieux jouant Petra. La comédienne y est tout simplement prodigieuse.
Cette pièce qui contient les thèmes majeurs de l’œuvre de Tchekhov est un pari de mise en scène, à cause de sa longueur et de son écriture acrobatique. Angela Konrad a pu s’appuyer sur la traduction de François Morvan et André Markowicz pour relever le défi. Dans cette version de 2h sans entracte, elle resserre l’intrigue autour des personnages féminins, ayant pour but d’interroger l’expérience amoureuse moderne. Elle nous livre une adaptation définitivement contemporaine, marquée par la folie et le nihilisme, qui ne laissera aucun spectateur indifférent.
La prochaine saison sera la huitième de Carmen Jolin à la direction du Prospero, rue Ontario Est, qu’elle anime toujours avec la même hardiesse dans ses choix artistiques. Pas moins de 11 spectacles seront présentés dans les deux salles de ce théâtre si essentiel qui continue de défendre avec une admirable vigueur son rôle de défricheur de paroles contemporaines, souvent étrangères, donnant lieu à des découvertes déterminantes que Carmen Jolin appelle avec justesse « un théâtre différent ».
Martin Faucher, le directeur artistique du Festival TransAmériques depuis 2014, portait des chaussures neuves pour le dévoilement de la programmation complète du 12e FTA devant la presse et ses nombreux festivaliers boulimiques, d’une fidélité à toute épreuve. 25 spectacles en provenance de 10 pays envahiront avec frénésie 17 lieux culturels à Montréal du 23 mai au 7 juin.